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Le Maroc entre temps politique et temps sportif : la consécration sur les deux terrains - Par Hatim Betioui
Capture d’écran- Le Prince héritier Moulay El Hassan recevant les Lionceaux de l’Atlas
Deux événements simultanés ont marqué la scène nationale : la victoire historique des Lionceaux de l’Atlas au Mondial U20 et la tenue, au Palais royal, d’un Conseil des ministres présidé par le Roi Mohammed VI pour tracer les orientations du Maroc de demain. Hatim Betioui revient sur ces deux moments, deux terrains, émanant d’un même souffle: celui d’un pays en pleine affirmation de maturité, où la rigueur institutionnelle rejoint l’élan de la jeunesse pour bâtir un avenir fondé sur la performance, la cohésion et la vision.

Hatim Betioui
Deux victoires, un même souffle national
Dans un moment chargé de symboles et de significations, le Maroc a écrit une double page d’histoire. Sur le terrain d’abord : la sélection nationale des moins de vingt ans a remporté la Coupe du monde de football, après une victoire éclatante contre l’Argentine (2-0) à Santiago du Chili. Une victoire sportive majeure, mais aussi le reflet d’un Maroc nouveau, où la performance dans les stades s’accorde avec la maturité de la décision politique au Palais royal.
Quelques heures avant cette consécration mondiale, le Roi Mohammed VI présidait au Palais royal de Rabat un Conseil des ministres consacré aux grandes orientations du projet de loi de finances 2026. À l’ordre du jour figuraient des projets de lois organiques touchant la Chambre des représentants, les partis politiques et la participation des jeunes à la vie publique.
Ce rapprochement temporel n’a rien du hasard : il illustre l’harmonie entre le temps politique et le temps social d’un Maroc en transformation continue.
Le triomphe des Lionceaux de l’Atlas, né d’une génération façonnée par une vision royale à long terme, s’inscrit dans la même logique que les réformes économiques et institutionnelles portées par l’État : celle d’un pays qui construit son avenir avec méthode, foi et ambition.
L’Académie Mohammed VI, matrice du rêve marocain
Le succès de cette équipe nationale n’est pas le fruit du hasard. Il s’enracine dans la vision royale lancée le 16 décembre 2008, avec la création de l’Académie Mohammed VI de football à Salé, un projet éducatif et sportif unique en son genre.
Lancée en 2009, l’académie a accueilli sa première promotion de jeunes footballeurs marocains formés selon des standards internationaux. Aujourd’hui, elle est devenue un véritable laboratoire du rêve marocain, ayant vu éclore des talents majeurs comme Youssef En-Nesyri, Nayef Aguerd ou Azzedine Ounahi.
Dans l’équipe sacrée championne du monde à Santiago, plusieurs joueurs sont issus de cette même académie, preuve éclatante de la pertinence de la vision royale et de la maturité de ses fruits. Ces jeunes, appartenant eux aussi à la Génération Z, incarnent à la fois la réussite sportive et la réussite sociale d’un Maroc qui mise sur ses nouvelles générations pour construire son destin.
Le temps politique : la maturité institutionnelle du Maroc
En parallèle, le Conseil des ministres présidé par le Souverain a exprimé une maturité institutionnelle remarquable. Le projet de loi de finances 2026 se présente comme une feuille de route articulée autour de quatre priorités majeures :
- Consolider les acquis économiques ;
- Lancer une nouvelle génération de programmes territoriaux de développement ;
- Poursuivre les grands chantiers de l’État social ;
- Approfondir les réformes structurelles.
Cette orientation traduit un équilibre entre justice sociale et développement territorial, tout en maintenant la discipline budgétaire et la stabilité macroéconomique. Le gouvernement prévoit ainsi un taux de croissance de 4,8 %, une maîtrise de l’inflation à 1,1 %, et une réduction du déficit budgétaire à 3,5 % du PIB — des chiffres qui témoignent d’une gouvernance fondée sur la responsabilité et la prévoyance.
Un Maroc en mouvement : entre ambition et continuité
Ainsi, le Maroc avance sur deux fronts convergents : le terrain politique, où se dessine une gouvernance de plus en plus stratégique et participative, et le terrain sportif, où s’affirme la réussite d’un modèle national d’excellence.
Ces deux victoires — celle du ballon et celle de la gouvernance — traduisent une même volonté : celle d’un pays qui ne sépare plus la performance collective du progrès national.
Entre le fracas des stades et la rigueur des institutions, le Maroc célèbre aujourd’hui la maturité d’un projet de civilisation : un État fort, une jeunesse confiante, et une nation en marche vers un avenir qu’elle construit à la fois sur le terrain et dans la vision.
Un équilibre économique et politique dans un monde incertain
Ce sont là des signes révélateurs d’un équilibre financier et politique rare, qui traduit la stabilité du modèle marocain au sein d’un monde marqué par l’incertitude et les crises successives.
Entre un Conseil royal qui trace les grandes lignes des politiques publiques et un stade chilien où une jeunesse triomphante brandit haut le drapeau national, se dessine l’image d’un Maroc nouveau, capable d’unir la rigueur de la planification étatique à la fougue du rêve collectif.
Au moment même où le pouvoir politique ouvre les chantiers du « Maroc ascendant », les jeunes joueurs démontrent, par leurs efforts et leur victoire, que l’ascension n’est pas un slogan, mais un chemin de persévérance, une conviction vécue et traduite sur le terrain.
Cette belle symétrie entre temps politique et temps sportif ne relève pas du hasard. Elle s’appuie sur une complémentarité organique : l’État conçoit, la jeunesse réalise.
Ainsi, alors que le pays débattait de son budget pour ancrer la justice sociale, renforcer le développement territorial et répondre aux aspirations de la Génération Z, souvent critique face à l’état de l’éducation et de la santé, cette même jeunesse faisait parler d’elle sur un autre front — celui de la gloire sportive à Santiago du Chili —, réconciliant ambition et réussite.
La jeunesse entre contestation et consécration
Il y a à peine deux semaines, cette Génération Z descendait dans les rues de plusieurs villes marocaines pour exprimer ses frustrations et son désir de changement.
Aujourd’hui, ce sont toutes les générations réunies, y compris celle qu’on surnomme désormais la « Génération Mondial de Santiago », qui envahissent ces mêmes rues, non plus pour protester, mais pour célébrer.
Le Maroc a, en un instant, inversé la symbolique de la rue : d’un espace de revendication, elle est redevenue un espace de communion nationale.
Le budget 2026 illustre cette volonté d’unir l’effort institutionnel et l’énergie citoyenne. Une enveloppe de 14 milliards de dollars est allouée aux secteurs de la santé et de l’éducation, deux piliers des attentes sociales. À cela s’ajoute la création de plus de 27 000 postes budgétaires destinés à renforcer ces domaines vitaux.
Ces chiffres témoignent d’une orientation claire : investir dans l’humain, dans la jeunesse, et dans la qualité de vie collective.
Un Maroc qui planifie et qui agit
Ainsi se fondent, dans une scène symbolique unique, deux forces complémentaires : le Conseil royal qui pense et dessine l’avenir, et la jeunesse sportive, qui le concrétise sur le terrain.
Entre le calcul politique et le souffle du jeu, le Maroc trouve sa propre harmonie : celle d’un pays qui avance à la fois par la raison et par la passion, par la gouvernance et par le rêve.