chroniques
Les voyages de Feu Hassan II à bord du « Marrakech » - Par Abdelfattah BOUZOUBAA
Le Prince Héritier, futur Mohamed VI, des conseillers, des ministres et de hautes personnalités accompagnaient le Souverain dans ces voyages
Dans les années 1980, le car-ferry « Marrakech » n’était pas qu’un navire reliant Sète à Tanger : il s’est transformé, le temps de cinq voyages, en véritable palais flottant pour Feu Hassan II. Sommets arabes, rencontres internationales et commémorations ont vu le souverain marocain voguer sur les flots, entouré de ses conseillers, ministres et proches. Abdelfattah Bouzoubaa, ancien commandant de la marine marchande, revient sur ce symbole d’une diplomatie élégante et d’un savoir-faire national, le « Marrakech », qui incarne encore le souvenir raffiné d’une époque où la mer servait de prolongement au territoire royal.

Par Abdelfattah Bouzoubaa
Pariant sur l’attrait que pouvait exercer sur les Marocains résidents à l’étranger et les touristes la possibilité de venir au Maroc avec leurs voitures en évitant la traversée de l’Espagne, la Comanav avait créé en 1975 une ligne maritime reliant Sète (Sud-France) à Tanger en 36 heures. Cette ligne a été initialement desservie avec le navire car-ferry « Agadir » qui avait une capacité de 460 passagers et 150 voitures.

Le charisme de Feu Hassan II et l’élégance avec laquelle il portait ses tenues marocaines sobres au cours de ses promenades sur les ponts du navire créaient une ambiance de « tamghrabit » raffinée à bord
Le succès grandissant de cette ligne a encouragé la Comanav à commander la construction du car-ferry « Marrakech » aux Chantiers de l’Atlantique de Saint-Nazaire qui ont construit les paquebots « France » et « Queen Mary 2 ».
Le « Marrakech » d’une capacité de 634 passagers et 224 voitures a été mis en service en Mai 1986. La touche marocaine dans la décoration des salons et espaces publics a contribué à la renommée immédiate du navire.
Entre 1988 et 1991, Feu Hassan II a effectué 5 voyages à bord du « Marrakech » pour se rendre en Algérie, en Libye, en Tunisie et en France afin d’assister à des sommets (Ligue Arabe à Alger en 1988 et France-Afrique à La Baule en 1990…) et à des commémorations (Anniversaire de la révolution à Tripoli en 1989…).
Le Prince Héritier, futur Mohamed VI, des conseillers, des ministres et de hautes personnalités accompagnaient le Souverain dans ces voyages.
Avant d’entreprendre chaque voyage, le « Marrakech » était préparé en un temps record pour accueillir le souverain et sa suite. Cette préparation comprenait notamment l’installation du nec plus ultra en matière de télécommunications, de TV par satellite et d’équipements de sécurité.
L’intendance du palais, le Protocole et la Garde royale suivaient le Souverain à bord du « Marrakech » et se joignaient aux 160 hommes d’équipage du navire pour assurer le succès du voyage.
Pavillon chérifien flottant à sa poupe, le « Marrakech », portion du territoire national, devenait pour un temps un palais royal flottant où le Souverain travaillait, tenait des réunions avec ses collaborateurs et recevait ses invités dans les ports d’escale.
Le charisme de Feu Hassan II et l’élégance avec laquelle il portait ses tenues marocaines sobres au cours de ses promenades sur les ponts du navire créaient une ambiance de « tamghrabit » raffinée à bord.
Pendant les escales du « Marrakech » dans les ports visités, les personnalités qui avaient la chance d’être invitées à bord, ne tarissaient pas d’éloges sur l’hospitalité et la gastronomie marocaine portée à des sommets par les cuisiniers du palais.
Grâce au « Marrakech », Feu Hassan II était partout chez lui à l’étranger.