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Absolute Resolve : le pire est fascinant - Par Dr Samir Belahsen
El conquistador a mobilisé plus 150 aéronefs, détruit les infrastructures militaires du pays, arrête le président Nicolas Maduro et sa femme pour narcoterrorisme. Puis il réaffirme l’insatiabilité de ses appétits sur Le Cuba, la Colombie, l’Iran, le Groenland, l’hémisphère occidental et l’appétit vient en mangeant.
À travers une lecture épicée de l’opération « Absolute Resolve », Dr Samir Belahsen rappelle la permanence des logiques impériales dans l’ordre international contemporain. En convoquant à la fois la littérature, l’histoire du capitalisme et les précédents géopolitiques du XXe siècle, ce texte analyse une intervention américaine au Venezuela présentée comme un tournant brutal, révélateur de la primauté persistante de la force sur le droit.

Samir Belahsen
Dans le roman la fascination du pire de Florian Zeller, on est intrigué par la manipulation, le mal et les aspects sombres de la psyché des humains. Une fascination paradoxale.
L’opération du Chérif de l’hémisphère occidental, sinon de l’univers, du samedi 03 Janvier 2026, appelée « Absolute Resolve » : C’est le pire qui fascine.
Lénine avait expliqué « L'impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s'est affirmée la domination des monopoles et du capital financier, où l'exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s'est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes. » C’était en 1917.
Un siècle plus tard, El conquistador mobilise plus 150 aéronefs, détruit les infrastructures militaires du pays, arrête le président Nicolas Maduro et sa femme pour narcoterrorisme. Puis il réaffirme l’insatiabilité de ses appétits sur Le Cuba, la Colombie, l’Iran, le Groenland, l’hémisphère occidental et l’appétit vient en mangeant.
Pour clarifier sa position impériale, et gourmande, El Conquistador nous informe que les États-Unis vont diriger le pays dans l'attente d'une transition sûre, appropriée et judicieuse. Il ajoute que les compagnies américaines prendront le contrôle du secteur pétrolier pour le redévelopper.
Hugo Chavez, après son élection en 1998 avait nationalisé les installations pétrolières. On parle de réserves de plus de 300 milliards de barils, les premières bien devant l'Arabie saoudite. On parle aussi d’importants gisements de gaz, d'or, de bauxite, de fer, de nickel et d’autres métaux rares.
Effets géopolitiques
La violation du droit international est avérée, la souveraineté du Venezuela ayant été érodée. Pour le Etats-Unis, rappelons-le, ce n’est pas une première. On peut citer : L’Iran en 1953 contre le premier ministre Mossaddek, le Guatemala en 1954 contre Jacobo Abenz, Le Congo 1960 contre Patrice Lumumba, le Brésil en 1964 contre Joao Goulart et Le Chili en 1973 contre le président Salvador Allende. En 1961, les Etats-Unis avaient tenté une invasion du Cuba, par la baie des cochons, pour renverser le président Fidel Castro. Sans oublier l’Irak en 1990 et 2003 par les Bush père ey fils, ou encore l’Afghanistan en 2001 par le fils.
« Absolute Resolve » annonce-t- elle des transformations dans l’ordre international ?
Quelles seraient les dynamiques de puissance, les enjeux de sécurité, les reconfigurations d’alliances et les stratégies de rééquilibrage régional ?
L’opération « Absolute Resolve » pourrait modifier les dynamiques de pouvoir d’abord dans la région à très court terme.
Des Etats seront amenés à recalibrer leurs stratégies pour assurer leur survie ou conserver leur influence.
On peut prédire que des alliances nouvelles se formeraient pour face aux menaces perçues. D’autres préfèreraient le dialogue.
La compétition s'intensifierait autour des ressources stratégiques, ce qui accentuerait la polarisation …
Certains Etats tenteraient, tant que faire se peut, de diversifier leurs partenariats pour éviter une confrontation ouverte dans l’espoir de jours meilleurs.
La complexité des rééquilibrages régionaux serait de plus en plus grande.
Les repositionnements stratégiques des alliances, nécessiteraient un ballet diplomatique qui ne sera pas forcément déclaré. Le recalibrage des alliances chercherait à assurer une cohésion face aux défis communs, en anticipant les dommages potentiels.
Les menaces communes, sont souvent sources de plus flexibilités. L’interdépendance stratégique peut créer des affinités insoupçonnées.
Par ailleurs, « Absolute Resolve » annonce des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales : plus d’incertitude et des augmentations de coûts.
L’instabilité, l’incertitude et les tensions géopolitiques inciteront de nombreux acteurs à revoir leurs stratégies dans le sens de la diversification des fournisseurs et parfois de relocalisation.
Avec la cyberattaque ayant accompagné l’opération militaire, la cybersécurité sera encore plus à l’ordre du jour.
La protection des infrastructures stratégiques des cyberattaques, des amis comme des ennemis, serait une priorité nationale.
Concernant la sécurité énergétique, les perturbations dans les infrastructures critiques entraîneront des fluctuations d'approvisionnement.
Certaines préoccupations environnementales, liées à l’exploitation des ressources seront ravivées.
Aux Etats-Unis, en interne, la polarisation devrait s’accroitre au sein de la société civile, à l’approche des élections de mi-mandat (3 Mars 2026 puis 3 Novembre 2026) avec un impact certain sur la cohésion nationale.
« Absolute Resolve » repose la question des normes internationales et de la force des roit face au droit de la force.
Les scénarios prédictibles montrent que l’agilité et l'anticipation seront essentielles pour sécuriser les intérêts nationaux dans un contexte mondial changeant.
La présidence Indienne du prochain sommet des BRICS aura certainement à revoir son ordre du jour.