France : après le tremblement de terre provoqué par la victoire de l’extrême droite et le séisme de la dissolution, le temps des manœuvres 

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Le président français Emmanuel Macron s'exprimant lors d'une allocution télévisée à la nation au cours de laquelle il a annoncé qu'il dissolvait l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, et qu'il convoquait de nouvelles élections générales le 30 juin, à Paris, le 9 juin 2024. (Photo Ludovic MARIN / AFP)

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Au lendemain du coup de tonnerre de la dissolution annoncée par le président français Emmanuel Macron, les grandes manœuvres ont commencé lundi: la majorité fait tout pour mettre en échec le RN de Jordan Bardella (extrême droite), candidat à Matignon, et la gauche cherche à s'unir malgré ses très fortes divergences.

Le chef de l'Etat français a répondu à la victoire historique de l'extrême droite aux européennes dimanche par une dissolution retentissante de l'Assemblée nationale, un coup de poker qui plonge la France dans un profond flou politique.

Mais la gueule de bois a été de courte durée: trois semaines éclair s'ouvrent avant le premier tour des législatives le 30 juin puis le second le 7 juillet, à la veille des Jeux Olympiques de Paris (26 juillet - 11 août).

"J’ai confiance en la capacité du peuple français à faire le choix le plus juste pour lui-même et pour les générations futures", a écrit lundi sur X le chef de l'Etat. "Ma seule ambition est d'être utile à notre pays que j'aime tant",

Il avait indiqué la veille avoir pris la décision de dissoudre l'Assemblée face à la "montée des nationalistes" pour "redonner" aux Français "le choix de notre avenir parlementaire par le vote".

C'est un "coup de tonnerre" autant qu'un "coup de poker", au moment où "il y a une très forte volonté de la part des Français de sanctionner le président de la République", souligne la sondeuse Céline Bracq, directrice générale de l'institut Odoxa.

Car le vote sanction vient d'atteindre des records. Emmenée par Jordan Bardella, la liste du Rassemblement national a triomphé avec quelque 31,36% des voix, très loin devant la candidate macroniste Valérie Hayer (14,60%) et la tête de liste du PS Raphaël Glucksmann (13,83%).

Le grand gagnant de la soirée électorale et président du Rassemblement national se prépare pour "aller à Matignon", a indiqué lundi le député RN Sébastien Chenu sur RTL. Jordan Bardella conduira la campagne de son parti, mais ne prendra pas le risque d'être candidat aux législatives, a-t-il ajouté.

Et le RN ne fera pas d'alliance avec d'autres partis mais proposera une plateforme électorale qui "s'adressera à tout le monde en dehors des partis politiques", a encore indiqué Sébastien Chenu.

Le Rassemblement national est "prêt à exercer le pouvoir", avait affirmé dès dimanche Marine Le Pen, avant un bureau exécutif avec Jordan Bardella, sur un format mimant un conseil des ministres.

"un autre chemin" 

Emmanuel Macron a de son côté réuni le gouvernement dans la soirée. Le chef de l'État doit se rendre lundi à des commémorations à Tulle et Oradour-sur-Glane, mais il a aussi promis de s'exprimer cette semaine pour dire "l'orientation" qu'il croit "juste pour la nation".

"Le président (français) a pris les devants de quelque chose qui paraissait à chacun inéluctable", veut croire un membre du gouvernement, à cause du score de près de "40%" pour "l'extrême droite", souligne-t-il, en additionnant RN et Reconquête (5,47%).

"Il y avait un autre chemin", a regretté lundi sur la chaine de télévision France2 la présidente sortante de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, espérant néanmoins que ces nouvelles élections permettent de constituer cette fois une "majorité solide" autour du chef de l'État, grâce à des "coalitions les plus larges possibles".

Stéphane Séjourné, ministre des Affaires étrangères et patron du parti Renaissance a lancé un appel à "la mobilisation de toutes les forces républicaines". Les députés sortants issus "du champ républicain" pourront ainsi "bénéficier de notre investiture s'ils sont en accord avec le projet présenté", a-t-il annoncé.

"Il faut une dynamique nouvelle (...) nous sommes en train de travailler sur des axes que nous allons proposer aux Français dans les jours qui viennent", a annoncé lundi la porte-parole du gouvernement Prisca Thévenot sur TF1.

Front populaire 

A gauche, les tractations risquent d'être ardues entre les partis de gauche qui se sont abîmés dans ces européennes par des coups de boutoirs entre socialistes et insoumis, ces derniers ayant déjà lancé leur campagne dimanche par un rassemblement improvisé place Stalingrad.

Lundi, le premier secrétaire du PS Olivier Faure a lui rejoint sur la chaine franceinfo la proposition de l'Insoumis François Ruffin de constituer un "front populaire" pour contrer l'extrême droite. Mais il avait estimé la veille que le "rapport de forces a évolué" en faveur du PS avec l'avance de la liste de Raphaël Glucksmann devant celle de Manon Aubry (LFI, 9,89%).

En 2022, PS, LFI, PCF et Ecologistes avaient réussi un tour de force en faisant entrer 151 députés grâce à l'alliance Nupes qui a implosé à l'automne dernier.

Certains chez les insoumis espèrent de nouveau une entente à gauche pour reconduire a minima les députés sortants de la Nupes, autour du programmé élaboré en 2022. Mais, a prévenu lundi Manon Aubry sur RTL "on n'a pas le temps de tergiverser".

En attendant le temps est suspendu à l'Assemblée nationale. "Tout le programme est annulé. C'est un peu le coup de massue. Personne n'avait vu le coup venir", glisse une source parlementaire. (AFP)

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