La France et l’Espagne dans l’angoisse d’un nouvel épisode caniculaire

La France et l’Espagne dans l’angoisse d’un nouvel épisode caniculaire

Des baigneurs sur la plage de Moutchic, dans le sud-ouest de la France, le 24 juillet 2026, contemplent les nuages de fumée s'élèvant dans le ciel, provenant de l'incendie de forêt qui ravage la Gironde. (Photo de Maximilien Lamy / AFP)

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Alors que plusieurs foyers majeurs continuent de mobiliser des milliers de pompiers en France et en Espagne, le retour annoncé de fortes chaleurs ravive les inquiétudes. En Gironde comme autour de Madrid, les feux ont ralenti sans être totalement maîtrisés. Les autorités renforcent les moyens d’intervention face à une crise aggravée par la sécheresse. 220 000 habitants et vacanciers ont été évacués.

Une accalmie fragile en Gironde

Après une nuit marquée par quelques pluies et une hausse temporaire de l’humidité, les conditions se sont de nouveau dégradées lundi en Gironde. Le retour du soleil, la remontée des températures et la baisse rapide de l’hygrométrie font craindre une reprise des flammes.

L’incendie, qui a parcouru environ 42 000 hectares depuis mercredi, est considéré comme stabilisé, mais pas encore fixé. Il n’a pas progressé durant la nuit, mais des reprises restent possibles. Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a appelé à maintenir une vigilance maximale.

Météo-France prévoit une nouvelle vague de chaleur dès mardi, avec un pic mercredi et des températures pouvant atteindre 40 °C dans le Sud-Ouest. Ces conditions compliquent le travail des secours et augmentent le risque de nouveaux départs de feu.

L’Union européenne renforce son aide

Face à l’ampleur du sinistre, l’Union européenne a annoncé le déploiement, à partir de mardi, de neuf avions et de deux hélicoptères pour soutenir les opérations en Gironde. La commissaire européenne Hadja Lahbib a évoqué une course contre la montre aux côtés des équipes françaises.

Sur le terrain, des agriculteurs participent aussi aux opérations en transportant de l’eau à bord de tracteurs, de pickups et de véhicules utilitaires. Leur soutien permet d’alimenter les unités engagées dans des secteurs éloignés.

La mobilisation reste massive dans le Var, où plus d’un millier de pompiers surveillent l’incendie de Pontevès. Le feu, qui a parcouru 4 500 hectares, demeure contenu. Le préfet a toutefois dénoncé trois mises à feu volontaires presque simultanées près de Varages, qualifiant ces actes d’inadmissibles.

Fumées et hôpitaux sous pression

Au-delà des flammes, les fumées représentent un risque important pour la population. Très irritantes pour les voies respiratoires, elles peuvent aggraver l’asthme, les maladies pulmonaires ou certains troubles cardiovasculaires. Les spécialistes recommandent de rester à l’intérieur, de fermer portes et fenêtres, de limiter les activités physiques et, lorsque l’exposition est inévitable, de porter un masque FFP2.

Le masque ne constitue pas une protection absolue. La priorité reste de réduire l’exposition des personnes vulnérables.

Les établissements de santé redoutent aussi les effets de la canicule. La Fédération hospitalière de France estime que les hôpitaux, insuffisamment adaptés au réchauffement climatique, risquent d’être sollicités. Les urgences pourraient enregistrer davantage de malaises, de déshydratations et de complications liées aux températures extrêmes.

Transports perturbés et évacuations massives

Les incendies ont désorganisé les déplacements dans le Sud-Ouest. Aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux, à l’exception des liaisons vers Agen et Toulouse. L’autoroute A63 est également fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

Ces perturbations touchent une région très fréquentée en été. Les autorités cherchent aussi à préserver les axes nécessaires aux secours.

Les assureurs ont annoncé des mesures exceptionnelles afin d’accélérer les déclarations de sinistres et de faciliter le relogement. Environ 220 000 habitants et vacanciers évacués depuis le début de la crise.

Une catastrophe durable pour la faune

Les conséquences environnementales s’annoncent considérables. La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a averti que l’impact sur la faune sauvage serait catastrophique. Les incendies détruisent les habitats, les zones de reproduction et les ressources alimentaires de nombreuses espèces.

Même après l’extinction des flammes, les effets se prolongent. Les sols fragilisés deviennent plus vulnérables à l’érosion, tandis que la disparition de la végétation bouleverse les équilibres écologiques. La régénération des forêts peut prendre plusieurs années, voire plusieurs décennies.

Emmanuel Macron devait se rendre en Gironde pour rencontrer les forces mobilisées et les élus locaux. Cette visite intervient alors que le soutien aux victimes et la restauration des espaces naturels deviennent des enjeux nationaux.

L’Espagne confrontée à des feux historiques

En Espagne, les autorités redoutent une nouvelle vague de chaleur à partir de mercredi, qui pourrait se prolonger au moins jusqu’à dimanche. L’Agence météorologique nationale, l’Aemet, alerte sur un risque extrême d’incendies dans plusieurs régions.

Autour de Madrid, les incendies de la Sierra de l’Ouest et de la province voisine d’Ávila ont ravagé environ 75 000 hectares, soit sept fois la superficie de Paris.

La progression des flammes a ralenti dans la nuit de dimanche à lundi, permettant d’envisager les premiers retours de certains habitants évacués. Les autorités restent néanmoins prudentes. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a estimé que lundi et mardi seraient déterminants pour contrôler les foyers avant le retour de températures plus élevées.

Une crise appelée à durer

La multiplication des incendies en France et en Espagne illustre la vulnérabilité croissante de l’Europe face aux épisodes de chaleur extrême. Les canicules de juin et juillet ont asséché les sols et la végétation, transformant de vastes zones forestières en combustibles.

L’urgence consiste à contenir les feux, protéger les populations et maintenir les services essentiels. Mais la répétition de ces catastrophes pose aussi la question de l’adaptation des territoires, des infrastructures, des forêts et des systèmes de santé à un climat plus chaud et plus instable.

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