Gaza : restitution de dépouilles palestiniennes et scandale de tortures dans les geôles israéliennes

Gaza : restitution de dépouilles palestiniennes et scandale de tortures dans les geôles israéliennes

GAZA PAR MUSTAPHA SAHA, PEINTURE SUR TOILE, DIMENSIONS 100 x 81 CM.

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Alors qu’un fragile cessez-le-feu tente de maintenir la trêve dans la bande de Gaza, deux affaires viennent rappeler la gravité d’un conflit qui, plus d’un an après son déclenchement, continue de hanter les deux sociétés. À Gaza, Israël a restitué 45 corps de Palestiniens dans le cadre d’un échange lié aux dépouilles des détenus. En Israël, l’ex-procureure générale de l’armée a été arrêtée pour la fuite d’une vidéo révélant de graves sévices sur un prisonnier palestinien. Deux actualités qui révèlent, ce dont l’ONU et plusieurs ONGs internationales accusent Israël : Génocide.

Dynamique macabre d’échanges et tragédie d’un génocide

À Gaza, le ministère de la Santé a annoncé la réception de 45 corps de Palestiniens remis par Israël via le Comité international de la Croix-Rouge. Cette restitution s’inscrit dans l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre, qui prévoit l’échange de dépouilles selon un ratio de quinze corps palestiniens pour chaque dépouille israéliennne restituée.

Israël a confirmé avoir récupéré la veille les corps de trois détenus, portant à 20 le nombre total d’Israéliens dont les dépouilles ont été restituées depuis le début des échanges. Le ministère gazaoui indique que ces nouvelles remises portent à 270 le nombre de corps palestiniens rapatriés.

Cette dynamique macabre d’échanges symbolise la tragédie d’une guerre qui, depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, a coûté la vie à des dizaines de milliers de civils et laissé Gaza dévastée. Les dépouilles deviennent ainsi des instruments diplomatiques d’une paix précaire, où chaque restitution est chargée d’un lourd poids politique et émotionnel.

Torture des prisonniers palestiniens

Pendant ce temps, en Israël, une autre affaire ébranle profondément les institutions militaires. L’ex-procureure générale de l’armée, Yifat Tomer-Yeroushalmi, a été arrêtée dans le cadre d’une enquête sur la fuite, en 2024, d’une vidéo accablante montrant des sévices infligés à un détenu palestinien dans la prison de haute sécurité de Sdé Teiman, située près de Gaza.

Cette vidéo, diffusée par la chaîne Channel 12 avant de se propager sur les réseaux, avait provoqué un choc international. Les images, issues d’une caméra de surveillance, laissaient voir des violences physiques et sexuelles exercées par des soldats israéliens sur un prisonnier palestinien.

Dans sa lettre de démission publiée peu avant son arrestation, la magistrate a reconnu que ses services avaient transmis la vidéo aux médias. Portant le grade de général, elle est accusée de fraude, abus de fonction, entrave à la justice et divulgation illégale d’informations. Un autre membre du parquet militaire est également mis en cause.

L’affaire de Sdé Teiman, au cœur de laquelle cinq réservistes ont été inculpés en février 2025, a durablement terni l’image de l’armée israélienne. Les accusations de torture y sont d’une brutalité rare : coups violents, fractures, perforation pulmonaire et blessures internes graves. L’acte d’accusation mentionne des preuves vidéo et médicales accablantes.

Les faits remontent à juillet 2024, lorsque le détenu avait été transféré dans une zone isolée de la prison pour fouille, les yeux bandés et les membres entravés. Ces révélations avaient provoqué un tollé mondial, renforcé par un rapport du Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme évoquant des détentions secrètes et des traitements assimilables à de la torture.

Dans un éditorial, le quotidien Yedioth Ahronoth soulignait récemment que ces scandales « ont gravement endommagé non seulement l’image publique d’Israël, mais aussi la légitimité morale de Tsahal et de l’État lui-même ». (Quid avec AFP)

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