"L'Amérique n'appartient à aucune doctrine ni à aucune puissance", déclare la présidente du Mexique

"L'Amérique n'appartient à aucune doctrine ni à aucune puissance", déclare la présidente du Mexique

La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum lors de sa conférence de presse quotidienne matinale après les frappes américaines contre le Venezuela, au Palais national de Mexico, le 5 janvier 2026. (Photo AFP)

1
Partager :

Au lendemain de l’opération militaire américaine menée au Venezuela et de l’invocation par Washington de la doctrine Monroe, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a fermement rejeté toute prétention hégémonique sur le continent. Affirmant que l’Amérique « n’appartient à aucune doctrine ni à aucune puissance », elle a rappelé que le destin du continent relève exclusivement de la souveraineté de ses peuples, en réponse directe aux déclarations du président américain Donald Trump.

Mexico, Mexique - L'Amérique "n'appartient à aucune doctrine ni à aucune puissance", a déclaré lundi la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, après la spectaculaire opération militaire américaine samedi au Venezuela.

Les propos de la dirigeante mexicaine interviennent après que Donald Trump a justifié l’ellèvement de son homologue vénézuélien Nicolas Maduro par une remise au goût du jour de la doctrine Monroe, considérant que l'Amérique latine est la chasse gardée des Etats-Unis.

Il avait déclaré devant la presse que "la doctrine Monroe est très importante, mais nous l'avons dépassée de très loin". "La domination américaine dans l'hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question", avait également lancé le président américain, qui a ensuite menacé d'autres gouvernements de gauche en Amérique latine, dont Cuba, la Colombie et le Mexique.

"Le Mexique soutient fermement que l'Amérique n'appartient à aucune doctrine ni à aucune puissance", a répliqué la dirigeante mexicaine de gauche, lors de sa conférence de presse quotidienne. "Le continent américain appartient aux peuples de chacun des pays qui le forment", a ajouté Claudia Sheinbaum.

Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, capturés samedi à Caracas lors d'une opération militaire américaine dans la capitale du Venezuela, sont accusé de trafic de drogue aux Etats-Unis où ils ont été transférés. Le président déchu est arrivé au tribunal de New York pour une première comparution lundi.

La doctrine Monroe sur l’hégémonie américains

La doctrine Monroe est un principe de politique étrangère formulé en 1823 par le président américain James Monroe. Elle repose sur une idée centrale simple, mais lourde de conséquences historiques.

Elle affirme d’abord que le continent américain n’est plus ouvert à la colonisation européenne. Toute tentative d’ingérence ou de reconquête par une puissance européenne dans les affaires des États du continent serait considérée comme une menace directe contre les États-Unis.

Avec le temps, son interprétation a profondément évolué. À partir de la fin du XIXe siècle et surtout au XXe siècle, la doctrine Monroe devient un fondement idéologique de l’hégémonie américaine en Amérique latine. Elle sert à justifier des interventions politiques, économiques et militaires des États-Unis, au nom de la « protection » de l’hémisphère occidental contre des influences extérieures, puis contre le communisme durant la guerre froide.

Dans sa version la plus controversée, la doctrine n’est plus seulement défensive mais prescriptive. Elle suggère que l’Amérique latine relève d’une sphère d’influence privilégiée de Washington, ce que de nombreux pays de la région ont toujours contesté, y voyant un instrument de domination plutôt qu’un principe de souveraineté.

Aujourd’hui, la doctrine Monroe n’a plus de valeur juridique formelle, mais sa référence récurrente dans le discours politique américain continue de susciter de fortes réactions en Amérique latine, où elle reste associée à l’interventionnisme et à la négation de l’égalité souveraine des États. (Quid avec AFP)