International
Le monde dit adieu à 2025, année d'une trêve précaire à Gaza et du retour de Trump
Une enseigne lumineuse indiquant « 2026 » avant le compte à rebours du Nouvel An à Séoul, le 31 décembre 2025. (Photo : Jung Yeon-je / AFP)
De Sydney à Rio en passant par le Maroc qui organise la version 2025 de la V-CAN, le monde a tourné la page de 2025 sous le signe d’une célébration contrastée, entre feux d’artifice et inquiétudes persistantes. L’année qui s’achève restera marquée par une trêve fragile à Gaza, l’enlisement de la guerre en Ukraine, l’accélération spectaculaire des investissements dans l’intelligence artificielle et le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Sur fond de dérèglement climatique, de tensions géopolitiques et de bouleversements culturels et générationnels, 2025 apparaît comme une année de transition incertaine, oscillant entre espoirs ténus et fractures profondes, à la veille d’un 2026 chargé d’attentes et de risques.
Sydney, Australie - Les premières célébrations du nouvel an ont eu lieu mercredi dans les pays du Pacifique, tournant la page d'une année 2025 marquée par une trêve précaire à Gaza, de vains efforts pour arrêter la guerre en Ukraine, des investissements colossaux dans l'intelligence artificielle et le retour tonitruant de Donald Trump à la Maison Blanche.
Aggravés par le dérèglement climatique généré par les activités humaines, des phénomènes météorologiques extrêmes -- feux de forêts en Europe, sécheresse en Afrique et inondations meurtrières en Asie -- ont également frappé la planète en 2025, qui est en passe de figurer parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées.
Les nations du Pacifique, notamment Kiribati, ont été les premières où l'horloge a sonné les 12 coups de minuit, suivis de la Nouvelle-Zélande, où la capitale Wellington, s’est illuminée de feux d’artifice, donnant le coup d’envoi à une chaîne de célébrations dans le monde.
A Sydney, en Australie, l'autoproclamée "capitale mondiale du nouvel an", les préparatifs des festivités ont été assombris par l'attentat antisémite de la mi-décembre sur une plage emblématique de la métropole australienne, qui a fait 15 morts.
Une minute de silence devait être observée à 23H00 (12H00 GMT) quand le célèbre pont du port sera illuminé de blanc, en symbole de paix. Plusieurs centaines de milliers de personnes, encadrées par un dispositif de sécurité renforcé, sont attendues pour assister, à minuit pile, à un gigantesque feu d'artifice.
A Rio de Janeiro au Brésil, la "plus grande célébration du nouvel an", reconnue par le Guiness des records, s'annonce grandiose avec 2,5 millions de fêtards sur la plage de Copacabana.
Douze minutes de feux d'artifices et 1.200 drones doivent illuminer le ciel carioca. Treize scènes ont été installées pour des concerts gratuits dans toute la ville.
Certains dirigeants ont commencé à échanger leurs voeux. Xi Jinping a ainsi salué auprès de Vladimir Poutine une année 2025 "qui marque un pas en avant dans le partenariat stratégique global de coordination Chine-Russie", rapporte l'agence officielle Chine Nouvelle.
Côté américain, Donald Trump a choisi de se montrer confiant pour 2026, année d'élections de mi-mandat. "N'est-ce pas agréable d'avoir une FRONTIÈRE FORTE, pas d'inflation, une armée puissante et une économie florissante? Bonne année !", a-t-il écrit sur le réseau Truth Social.
Taxes et trêve
2025 restera comme l'année où les poupées Labubu, mascottes du soft power chinois, ont déferlé sur la planète, où le drapeau pirate du manga One Piece est devenu un symbole de la lutte contre l'oppression sur plusieurs continents, où des joyaux de la Couronne ont été spectaculairement dérobés au musée du Louvre à Paris.
C'est aussi l'année où la "Gen Z", cette jeunesse hyperconnectée, dont on arrtive pas encore à déceler la part de la spontanéité et de la manipulation, s'est levée et a bousculé à différents degrés, divers gouvernements, du Népal au Maroc en passant par le Pérou ou Madagascar.
Le monde a aussi perdu la primatologue Jane Goodall, figure de la cause environnementale, le prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, le photographe Sebastiao Salgado - connu pour ses photos des tragédies humaines -, le couturier Giorgio Armani, les acteurs Robert Redford, Claudia Cardinale et Brigitte Bardot.
Le Vatican a choisi un nouveau pape, Léon XIV, après la mort de son prédécesseur François.
Aux Etats-Unis, le républicain Donald Trump a fait son retour en janvier à la Maison Blanche pour un second mandat, ordonnant une rafale de droits de douanes sur ses partenaires, des expulsions massives d'immigrés en situation irrégulière et le démantèlement de pans entiers de l'Etat fédéral.
A Gaza, après deux ans de guerre, qualifiée de génocidaire par l’ONU et plusieurs garndes ONGs internationales, ayant laissé des dizaines de milliers de morts, le territoire palestinien exsangue et en proie à une gravissime crise humanitaire, les tardives pressions américaines ont permis d'aboutir à un fragile cessez-le-feu entre Israël et le mouvement palestinien Hamas.
Cette guerre qui cherche à vider la Palestine de ses palestiniens a fait plus de 70.000 morts, dont plus des deux tiers sont des enfants et des femmes, et des centaines de milliers de disparus et de blessés.
La guerre en Ukraine depuis février 2022, otage d’un rapport de force engagé par l’Europe avec la Russie, s'achemine elle vers sa quatrième année.
Sports, espace et IA
D'intenses tractations diplomatiques ont laissé espérer une avancée pour stopper le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Après un nouveau cycle de pourparlers avec les émissaires de Trump en décembre, l'Ukraine a déclaré que des "progrès" avaient été accomplis, même si la question des territoires ukrainiens contrôlés par la Russie - qui accentue la pression sur le terrain - demeure un point de blocage.
Les douze mois à venir promettent d'être riches en événements sportifs, spatiaux et en débats autour de l'intelligence artificielle.
En Afrique, la Coupe d’Afrique des Nations de football, organisée par le Royaume du Maroc, qui promet d’être la meilleure et la plus festive de tous les temps, représente une trêve en cette fin d’année pour les Africains et pour le continent aux prise avec les guerres, les conflits sous régionaux, la sécheresse et les problèmes de développement.
Le Mondial de football va, lui changer de dimension avec 48 équipes, 104 matches et trois pays-hôtes (Etats-Unis, Mexique, Canada). Il s'étalera sur près de six semaines - du 11 juin au 19 juillet - dans 16 stades éloignés parfois de milliers de kilomètres les uns des autres.
Plus de 50 ans après la dernière mission lunaire du programme Apollo, 2026 pourrait aussi être l'année du retour d'astronautes autour de la Lune.
Reportée à plusieurs reprises, la mission américaine Artémis 2, au cours de laquelle des astronautes doivent voyager autour de la Lune sans y atterrir, est maintenant prévue pour le début de l'année, avril au plus tard.
Les inquiétudes suscitées par l'IA - alimentées par des exemples de désinformation, des accusations de violation de droits d'auteur, des licenciements massifs, des études sur son lourd impact environnemental - pourraient s'intensifier. Des investisseurs craignent notamment que l'engouement autour de cette technologie ne soit qu'une bulle spéculative.
Selon le cabinet américain Gartner, les dépenses mondiales dans l'IA devraient atteindre environ 1.500 milliards de dollars en 2025 et dépasser les 2.000 milliards en 2026. (Quid avec AFP)