L’Ukraine et ses minerais : Trump contraint les Européens à sortir de leur jeu – Par Hassan Zakariaa

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky  avec son homologue américain Donald Trump

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Par Hassan Zakariaa

L’avantage avec l’actuel républicain des Etats Unis d’Amérique, au-delà de son excentricité, est qu’il avance à découvert, voilant rarement son jeu. Donald Trump, en rompant avec la politique de soutien tut azimut à Kiev de son prédécesseur Joe Biden et en dévoilant son intérêt quasi exclusif pour les minerais ukrainiens, a non seulement contraint d’autres pays, notamment la France, à sortir de leur jeu, mais a aussi périmé les slogans sur la guerre opposant démocratie et dictature, agressé et agresseur ainsi que toutes les autres justifications-bannières sous lesquelles les capitales européennes se sont mis en ordre de batail derrières Washington pour l’Ukraine contre la Russie.   

L'intérêt des États-Unis, de la France et plus généralement l’ensemble de l’Union Européenne pour les ressources minières ukrainiennes s'inscrit dans un contexte géopolitique complexe où la dépendance actuelle de l’Occident avis-à-avis de la Chine pour l'approvisionnement en terres rares accentue la nécessité de diversifier les sources, faisant de l'Ukraine un partenaire stratégique incontournable. Bien plus que la guerre en cours avec la Russie entravant l'exploitation de ces ressources, les Européens craignent que la paix prônée par M. Trump plus conciliant avec Moscou, laisse les réserves situées dans des zones sous contrôle russe, à la merci de celui qu’ils ont érigé en ‘’ennemi public numéro un’’, Vladimir Poutine.

L’Europe à visage découvert

Sous cet angle apparait à visage découvert tout l’intérêt pour les puissances occidentales de L'Ukraine, riche en ressources minières stratégiques telles que le lithium, le titane, le graphite et les terres rares. 

Ces minéraux essentiels pour les industries technologiques, militaires et énergétiques, explique la course qui s’est ouverte entre les différents intérêt, incitant le commissaire européen à la Stratégie industrielle, le Français Stéphane Séjourné, à se placer dans la jeu en déclarant que "21 des 30 matériaux critiques dont l’Europe a besoin peuvent être fournis par l’Ukraine dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant" .

Mais l’une des sorties les plus édifiantes à ce sujet est celle de son compatriote ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, qui a récemment révélé que la France est en discussions avec l'Ukraine depuis octobre 2024 concernant l'exploitation de minerais stratégiques ukrainiens, essentiels pour l'industrie de défense française. Ces négociations visent à diversifier les sources d'approvisionnement en matières premières critiques, nécessaires pour les systèmes d'armement français sur les 30 à 40 prochaines années. M. Lecornu a précisé que ces pourparlers ont débuté lors d'une visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky à Paris, au cours de laquelle la question des ressources minières a été intégrée dans le plan de victoire de l'Ukraine. Dès lors se précisent les raisons qui ont hâté la décision de Paris de livrer, en février 2025, les premiers chasseurs Mirage 2000-5F à l'armée ukrainienne, promis depuis juin 2024.

Les États-Unis : un partenariat stratégique axé sur les ressources

Néanmoins et comme d’habitude se sont les Etats Unis qui ont pris plusieurs longueurs d’avance sur les Européens. Ce 28 février 2025, le  président ukrainien Volodymyr Zelensky  devait rencontrer son homologue américain Donald Trump pour signer un accord majeur à la Maison-Blanche. Cet accord permet aux États-Unis de participer activement à l'industrie minière ukrainienne, en échange d'un soutien économique et militaire accru à l'Ukraine. 

Selon les termes de l'accord, 50 % des revenus futurs issus de l'exploitation des ressources naturelles ukrainiennes seront versés dans un fonds d'investissement conjoint, destiné à la reconstruction du pays. Bien que cet accord renforce les liens économiques entre les deux nations, il ne comporte pas de garanties de sécurité explicites pour l'Ukraine. 

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