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Au Maroc, le roi palestinien, chaleur du cœur et clairvoyance de l’esprit - Par Talaa Saoud Al Atlassi
Le roi Mohammed VI recevant à Marrakech, en janvier 2001, le défunt président palestinien Yasser Arafat
La Palestine n’est pas seulement une cause de solidarité au Maroc, elle est une composante de l’âme nationale. Ces derniers jours, l’intensité du soutien populaire et institutionnel marocain a confirmé cette fidélité indéfectible. Tallaa Saoud Al Atlassi explique comment sous l’impulsion de Mohammed VI, président du Comité Al-Qods, le Royaume réaffirme un engagement concret, constant, humaniste et lucide.

Une marche qui dit tout
Rabat a vibré d’une ferveur populaire rare. Devant le Parlement, des dizaines de milliers de Marocains ont marché pour la Palestine, criant leur refus de l’agression israélienne à Gaza. Ce n’était pas une simple manifestation : c’était une procession nationale, calme, organisée, et d’une densité émotionnelle saisissante. Chaque pas résonnait comme une condamnation de l’inhumanité, du siège, des bombardements, et de la famine imposée à une population civile épuisée.
Légitimité populaire, relais institutionnel
Cette même semaine, les présidents des deux Chambres du Parlement marocain ont reçu une délégation politique palestinienne dépêchée par l’Organisation de libération de la Palestine. Le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, a eu le geste symbolique d’associer à cette rencontre les chefs de groupes parlementaires de tous bords, afin de signifier que la Palestine est une cause partagée par toute la nation. Le message était clair : au Maroc, la question palestinienne n’est pas une option politique, elle est une évidence patriotique.
Une diplomatie de proximité
Présidé par Ahmed Tmeimi, membre du Comité exécutif de l’OLP, le groupe palestinien a multiplié les rencontres avec des hauts responsables marocains. Il y a trouvé une disponibilité sincère : celle d’un État engagé à traduire la solidarité en actes concrets. À Rabat, les mots ne flottent pas dans le vide : ils s’accompagnent de logistique, de soutien politique et de coordination permanente.
Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a ainsi transmis au nom de Mohammed VI des assurances d’engagement immédiat dès qu’une demande palestinienne se fait jour. La délégation a pu constater cette promptitude dans les différents services et institutions rencontrés.
Mohammed VI, un soutien qui agit
Parmi les actions les plus saluées par les Palestiniens, figure l’intervention du roi auprès d’Israël pour lever la rétention des fonds dits de “compensation douanière”, dus à l’Autorité palestinienne. Le blocage de ces recettes constitue une pression financière majeure. Grâce à la médiation royale, un soulagement tangible a été ressenti.
Le Souverain s’est également impliqué dans l’ouverture de points de passage entre la Palestine et le reste du monde, notamment au niveau stratégique du poste frontière de Karama (Allenby du côté israélien), vital pour les personnes et les marchandises.
Une attention permanente à Al-Qods
Autre dossier sensible : la démolition programmée de maisons palestiniennes à Jérusalem-Est. Sur la base d’une requête palestinienne adressée à Mohammed VI, une liste de constructions menacées a été transmise au cabinet royal. Une nouvelle fois, une intervention a été engagée. La dimension humaine, urbaine et symbolique de Jérusalem est au cœur des préoccupations royales.
Former pour résister autrement
À l’appel de la commission palestinienne des droits de l’Homme, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), présidé par Amina Bouayach, a accueilli une session de formation à Rabat. Ce programme intensif a permis à des cadres palestiniens de se former aux outils conceptuels, juridiques et pratiques de la défense des droits humains.
Des experts marocains, juristes, universitaires, penseurs, ont partagé leurs savoirs avec rigueur et générosité, illustrant le niveau avancé du Maroc dans la structuration intellectuelle et institutionnelle des libertés fondamentales.
Une formation prolongée au service des droits humains palestiniens
Treize cadres, femmes et hommes engagés dans le domaine des droits humains, issus de plusieurs gouvernorats de Cisjordanie, ont bénéficié de cette session de formation intensive. Le programme se poursuivra dans les années à venir avec de nouvelles cohortes, conformément à un accord signé à la fin du cycle entre le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) et le Département des droits humains de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Cette poursuite du programme consacre la réussite de cette première édition et témoigne de la confiance renouvelée de la partie palestinienne dans l’expertise marocaine, désormais reconnue sur le plan international. En témoignent la présidence du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies par l’ambassadeur Omar Zniber l’an dernier, et la présidence actuelle d’Amina Bouayach à la tête de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’Homme.
Un engagement enraciné dans la fraternité maroco-palestinienne
Ce partenariat, a souligné Amina Bouayach dans son discours de clôture, est inscrit dans une solidarité sincère, efficace et durable. Elle y a mêlé des mots fermes contre l’agression israélienne et des messages empreints d’humanité et de soutien à la résilience héroïque du peuple palestinien, dans sa quête de droits nationaux et de dignité humaine fondamentale.
L’action continue de Bayt Mal Al-Qods
À la clôture de cette « semaine palestinienne » au Maroc, Bayt Mal Al-Qods a distribué des centaines de paniers alimentaires et médicaux dans Jérusalem et ses environs, malgré les tensions sécuritaires dues au renforcement du blocus israélien et aux incursions militaires en Cisjordanie, y compris à Jérusalem.
Ce déploiement traduit l’action ininterrompue de la branche opérationnelle du Comité Al-Qods, présidée par le Roi Mohammed VI. C’est l’un des marqueurs les plus concrets de l’engagement du Maroc en faveur de la cause palestinienne, bien au-delà des slogans éphémères et des tribunes vaines. Contrairement à ceux qui, dans la région, rivalisent de discours mais peinent à traduire leur solidarité en actes tangibles, le Maroc agit.
Un accueil de haut niveau à l’image d’une vision stratégique
Les instructions royales d’élever le niveau de coordination avec la délégation palestinienne se sont traduites par la qualité des responsables marocains mobilisés et par les perspectives concrètes de coopération ouvertes pour le renforcement des institutions palestiniennes des droits de l’Homme.
Ce n’est pas un simple geste diplomatique. C’est la marque d’un souverain qui a infusé à sa marocanité une forte dose de « palestinité », plaçant la cause palestinienne au cœur de son projet réformateur depuis son accession au trône en 1999.
Alors que les Marocains célèbrent aujourd’hui la Fête du Trône – ou « Fête du couronnement » comme on dit au Machrek – cette journée nationale est aussi l’occasion d’un débat public sur les acquis du règne et sur la vision d’un roi soucieux d’unifier, de réconcilier et de moderniser. Politiquement, socialement, économiquement, le Maroc avance, porté par des réformes fondées sur l’inclusivité et l’anticipation.
Dans cette dynamique, l’approche diplomatique du Souverain sur la question du Sahara marocain a permis un soutien international massif, en faveur de la légitimité de la proposition marocaine d’autonomie, perçue comme juste et réaliste.
Une identité marocaine ouverte et solidaire
Dans ce contexte national, les Marocains et le monde entier peuvent constater que le nationalisme marocain n’est ni isolationniste ni chauvin. Il respire l’humanisme, vibre d’un souffle africain, d’une sensibilité arabe et d’une âme profondément palestinienne.
À l’image d’un orchestre symphonique, les Marocains jouent leur partition solidaire sur la question palestinienne avec une harmonie complète. Leur engagement est tissé de convictions, de générosité et de démocratie – incarnées par le Roi Mohammed VI, artisan d’une ligne claire : défendre la Palestine avec constance, réalisme politique et efficacité humanitaire.
Il n’est donc pas exagéré de dire que l’une des facettes du Roi Mohammed VI est celle d’un « roi palestinien » – tant il place cette cause à l’intersection de sa raison et de son cœur. Car le peuple palestinien, malgré les douleurs qu’il endure, est aussi porteur du plus grand capital humain d’espoir au monde.