Cette puissance sécuritaire du Maroc qui dérange – Par Hatim Betioui

Cette puissance sécuritaire du Maroc qui dérange – Par Hatim Betioui

Le roi Mohammed au siège de la DGSE le 24 avril 2018, inspectant sur cette photo une unité antiterroriste de déminage et de désamorçage

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À l’approche du vingt-septième anniversaire de l’accession du roi Mohammed VI au Trône, les attaques contre l’institution monarchique et les services de sécurité marocains refont surface. Hatim Betioui revient sur cette cabale qui s’intensifie au rythme des avancées enregistrées par le pays.

Hatim Betioui

Des campagnes récurrentes à l’approche de la Fête du Trône

À mesure que se rapproche la Fête du Trône, le même scénario se répète. Des acteurs étrangers, certains identifiés, d’autres plus obscurs, multiplient les critiques contre la monarchie et l’appareil sécuritaire marocain. Leur objectif consiste à installer l’idée d’un pays figé et autoritaire, alors que les réalités institutionnelles racontent une autre histoire.

Certaines publications réactivent des dossiers déjà largement exploités. L’affaire Pegasus, par exemple, revient régulièrement, avec pour effet de ramener le Maroc à l’image simplificatrice d’un État policier. Cette mise en scène médiatique vise moins à éclairer l’opinion qu’à brouiller la perception des avancées du pays.

L’intention est claire : fragiliser la réputation des services de sécurité, semer le doute sur leur légitimité et les présenter comme une menace plutôt que comme un rempart. Or, dans tout État moderne, la sécurité et le renseignement participent  au maintien de la stabilité, à la protection des institutions et de la démocratie.

Des pratiques sécuritaires profondément transformées

La réalité quotidienne montre pourtant que les services de sécurité marocains ont connu une évolution notable. Cette transformation se perçoit dans les postes-frontières, les commissariats et les espaces publics. Le rapport avec les citoyens s’est professionnalisé, avec davantage d’écoute, de courtoisie et de respect.

Les nouvelles générations de policiers et d’agents du renseignement sont majoritairement issues des universités. Leur formation ne se limite plus aux techniques de maintien de l’ordre ou d’investigation. Elle intègre les principes de citoyenneté, la culture des droits humains et la responsabilité institutionnelle.

Cela ne signifie pas que le système soit exempt de dysfonctionnements. Des abus peuvent se produire, comme dans toute administration. Mais ils ne sauraient résumer l’ensemble de l’institution ni effacer les efforts engagés pour améliorer les pratiques et renforcer les contrôles.

Du maintien de l’ordre aux nouvelles menaces

Sous le règne de Hassan II, les priorités sécuritaires étaient liées à la préservation de la monarchie, à la défense de l’État face aux tentatives de coup d’État et à la lutte contre l’opposition radicale armée. La question du Sahara et les menaces pesant sur l’intégrité territoriale occupaient également une place centrale.

Avec l’accession de Mohammed VI au Trône, le pays a engagé une nouvelle phase. La création de l’Instance équité et réconciliation, les réformes constitutionnelles et les transformations institutionnelles ont traduit une volonté de traiter l’héritage des violations passées et de redéfinir la relation entre l’État et la société.

Les attentats de Casablanca du 16 mai 2003 ont toutefois constitué un tournant majeur. Ils ont profondément modifié la doctrine sécuritaire marocaine. La lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent est devenue une priorité nationale, aux côtés de la lutte contre la criminalité organisée, la traite des êtres humains, l’immigration irrégulière et la cybercriminalité.

Le renseignement a dès lors pris une dimension stratégique. Il ne s’agit plus seulement de prévenir les atteintes à l’ordre public, mais d’anticiper des menaces mouvantes, transfrontalières et capables d’exploiter les technologies numériques.

Une coopération internationale renforcée

La modernisation des services marocains s’est accompagnée d’un renforcement de la coopération sécuritaire avec les États-Unis, les pays européens, africains et arabes. Cette coopération a permis d’échanger des informations, de démanteler des réseaux et de contribuer à déjouer plusieurs projets d’attentats à l’étranger.

Le Maroc a ainsi acquis une réputation d’efficacité dans le domaine du renseignement et de la lutte antiterroriste. Sa présence au sein d’organisations comme Interpol traduit cette reconnaissance croissante et son rôle de partenaire fiable dans un environnement marqué par la multiplication des risques.

Cette évolution s’est faite parallèlement à l’intégration des droits humains dans le discours officiel et dans la formation des agents. La modernisation technologique, la professionnalisation des équipes et l’ouverture internationale constituent désormais les piliers de la politique sécuritaire marocaine.

Pourquoi cette efficacité dérange-t-elle ?

Reste cette question : Pourquoi certains acteurs souhaitent-ils voir le Maroc affaibli, ses institutions fragilisées et ses services de sécurité discrédités ? La réponse tient sans doute au fait qu’un État solide, capable de prévenir le chaos et de protéger ses intérêts, contrarie les stratégies de déstabilisation.

Les campagnes hostiles ne se limitent pas au domaine sécuritaire. Elles accompagnent souvent les avancées diplomatiques du Royaume, notamment sur son intégrité territoriale et ses projets géostratégiques. Parmi les plus récentes de ces avancées figure l’étape décisive franchie à Freetown, capitale de la Sierra Leone, où les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, ont signé l’accord intergouvernemental encadrant le projet de gazoduc africain Nigeria-Maroc. Cette signature fait passer le projet, initialement lancé dans un cadre bilatéral à la faveur d’une initiative conjointe de Rabat et d’Abuja, à une nouvelle phase institutionnelle et financière ouvrant la voie à sa mise en œuvre effective.

Ainsi, plus le Maroc renforce sa position, plus les tentatives de brouillage semblent se multiplier.

Les Marocains en ont conscience. Ils savent que leur pays reste exposé aux critiques, mais ils voient aussi que ses progrès, malgré des moyens limités, alimentent les résistances et les jalousies. Qu’à cela ne tienne ! Revient ici la formule prononcée par le roi Mohammed VI à l’ouverture du Parlement, le 10 octobre 2014 : « Ô Dieu, multiplie nos envieux. »

Le Royaume a choisi la voie de la réussite, de la stabilité et de la modernisation. Cette route n’est ni simple ni entièrement pavée de roses. Mais au-delà des campagnes de dénigrement, ce sont les résultats concrets, la solidité des institutions et la confiance des citoyens qui finissent par imposer leur vérité.