Coronavirus: Après avoir essayé d’en minimiser la portée, essais ''prometteurs'' avec la chloroquine

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Lorsque le Pr Didier Raoult l'Institut hospitalo-universitaire de Marseille avait évoqué pour la première fois, mi-février de l’antipaludique, testé en Chine, comme une possible remède, on a essayé de minimiser la portée, parfois même on a tenté de le ridiculiser.  Les essais cliniques de chloroquine menés en Chine puis à Marseille pour soigner les malades atteints du Covid-19, on parle d’essais "prometteurs" et vont être étendus, a indiqué mardi le gouvernement français. Toutefois, ce remède plus connu sous le nom de Nivaquine, que prennent quotidiennement les personnes se rendant en Afrique ou atteints de paludisme, on parle d’effets secondaires importants. Quoi qu’il en soit la piste semble sérieuse.

 "J'ai pris connaissance des résultats et j'ai donné l'autorisation pour qu'un essai plus vaste par d'autres équipes puisse être initié dans les plus brefs délais sur un plus grand nombre de patients", a indiqué lors d'une conférence de presse téléphonique le ministre de la Santé Olivier Véran, précisant que ces essais "ont déjà commencé à Lille je crois".

Le ministre a souligné être "en liens très étroits avec le Pr Didier Raoult" qui a mené ces premiers essais à Marseille et en a réclamé l'extension, et il a exprimé l'espoir que ces nouveaux essais "permettront de conforter les résultats intéressants qu'il semble avoir obtenu".

Mais "il est absolument fondamental d'asseoir toute décision de politique publique en santé sur des données scientifiques validées, et les processus de validation, on ne peut pas négocier avec", a-t-il souligné à propos de ces essais. 

"On peut raccourcir tous les délais, ce que nous avons fait", a-t-il encore souligné, indiquant avoir donné "en 24 heures" l'autorisation de mener ces essais. "Si les résultats sont favorables, nous aurons tous l'occasion de nous en réjouir".

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye avait plus tôt qualifié de "prometteurs" les premier essais "sur 24 patients", à l'issue d'un Conseil des ministres.

Ces nouveaux essais cliniques "seront réalisés avec une équipe indépendante du Pr (Didier) Raoult", avait-elle également souligné, relevant qu'à ce stade "nous n'avons pas de preuve scientifique" que ce traitement fonctionne.

Le Pr Raoult, qui teste la chloroquine à l'Institut hospitalo-universitaire de Marseille, a affirmé lundi que son effet contre le coronavirus était spectaculaire avec la disparition du virus en six jours auprès des trois quarts des patients.

Dans une vidéo, le directeur de l'IHU de Marseille explique que 24 patients atteints par le coronavirus, ont pris du Plaquenil, l'un des noms commerciaux de la chloroquine et que six jours plus tard, seulement 25% sont encore porteurs du virus alors que 90% de ceux qui n'ont pas reçu ce traitement sont toujours positifs.

Mais plusieurs experts appellent à la prudence en l'absence d'études plus poussées et en raison de ses effets indésirables qui peuvent être graves, notamment en cas de surdosage.

Une étude chinoise de février avait déjà évoqué l'efficacité de la chloroquine après une étude sur plus de 100 patients.

La chloroquine est un antipaludique utilisé depuis plusieurs décennies et commercialisé notamment sous le nom de Nivaquine. Ce traitement est souvent recommandé lorsqu'on prévoit de se rendre en zone infestée par le parasite du paludisme, transmis par les moustiques.