société
M. Trump, pour l’homme que vous êtes, j’ai honte de mon humanité – Par Dr Anwar CHERKAOUI
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) remet une lettre au président américain Donald Trump lors de leur rencontre dans le Salon bleu de la Maison Blanche, le proposant au Nobel de la Paix. le 7 juillet 2025.- (Photo par ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)
Dans cette complainte le Dr Anwar Cherkaoui interpelle Donald Trump au nom de l’humanité bafouée à Gaza. Sans détours ni diplomatie, sans style, avec des mots simples et directs, il dit sa colère et son refus de l’indifférence face à la souffrance d’un peuple condamné par les silences complices. Une voix libre, celle d’un citoyen marocain, qui choisit la parole contre le cynisme, la mémoire contre l’effacement.

Par Dr Anwar Cherkaoui - Médecin, expert en communication médicale et journalisme de santé
Moi, citoyen marocain.
Moi, simple humain, debout mais indigné.
Moi, enfant d’une nation qui a tendu la main à la vôtre dès sa naissance, quand le Maroc fut le premier à reconnaître les États-Unis d’Amérique.
Je vous regarde aujourd’hui, vous qui incarnez, ou avez incarné, la voix de la première puissance mondiale…
Et j’ai honte.
Honte de l’humanité partagée avec vous.
Honte du silence assourdissant que vous, comme tant d'autres "grands", opposez à la souffrance d’un peuple qu’on tente d’effacer.
Je parle du peuple palestinien.
De ces femmes qui hurlent dans le désert de nos lâchetés.
De ces enfants ensevelis sous les ruines pendant que le monde détourne les yeux.
De ces hommes réduits à l’ombre d’eux-mêmes, pour avoir osé réclamer une terre, un toit, une dignité.
Et vous ?
Vous signez des décrets, des alliances, des pactes…
Mais jamais un mot pour les larmes.
Jamais un geste pour les enfants.
Jamais un doute pour la justice.
Monsieur Trump,
Vous êtes un homme d’affaires.
Un homme de murs.
Un homme de slogans.
Mais pas un homme de cœur.
Le silence que vous cultivez n’est pas une neutralité.
C’est un choix.
Et dans ce choix, il y a des morts.
Dans ce silence, il y a des cris qu’on n’entend plus.
Et dans votre indifférence, il y a la complicité d’un monde qui sacrifie des peuples entiers sur l’autel des intérêts géopolitiques.
Je ne suis pas un diplomate.
Je ne suis pas un chef d’État.
Je ne suis qu’un citoyen.
Un citoyen du monde.
Mais j’ai une voix, et elle ne peut se taire.
Je ne peux pas rester figé pendant que Gaza saigne.
Pendant qu’on bombarde les écoles, les hôpitaux, les mosquées…
Pendant que les mots "droits de l’Homme" deviennent des accessoires de discours et non plus des fondations de civilisation.
Vous avez le pouvoir.
Vous avez la tribune.
Vous aviez l’histoire devant vous.
Et pourtant, vous avez choisi d’ignorer.
De nier.
D’effacer.
Alors oui, Monsieur Trump,
Pour l’homme que vous êtes, j’ai honte de mon humanité.
Mais je n’abandonnerai pas la part d’humanité qui me reste.
Je la hisserai comme un drapeau.
Je la crierai à chaque frontière.
Je la brandirai dans chaque mot, dans chaque marche, dans chaque regard.
Pour que la justice ne soit pas un luxe réservé aux puissants.
Pour que la mémoire du peuple palestinien ne soit pas ensevelie sous les gravats du mensonge et de l’indifférence.
Un jour viendra.
Et ce jour-là, l’histoire jugera.
Elle ne jugera pas seulement les bourreaux.
Elle jugera aussi ceux qui, comme vous, ont regardé ailleurs.
Voyez-vous, même dans ma colère indignée
Je n’arrive pas à concevoir que vous êtes plus que complice par omission ;
Alors même que vos livraisons d’armes en flux tendus,
Vos vetos au Conseil d’insécurité disent le contraire
Ce n’est pas le médecin habitué aux souffrances de patients qui vous interpelle par se mots qu’ils sait, si par inadvertance ils vous e-arrivent entre les mains, vous laisseront au mieux indifférent,
Ni un militant engagé dans une cause précise,
Ni un froid cynique qui vous proposerait au Nobel de la Paix,
Seulement un citoyen du monde,
Homme libre et indigné
Qui n’en peut plus.