À Khénifra, la culture amazighe au cœur des défis du développement territorial

À Khénifra, la culture amazighe au cœur des défis du développement territorial

Plusieurs troupes ont animé des soirées musicales associant les sonorités de la musique amazighe et les rythmes de l’Ahidous, dans une ambiance célébrant la richesse culturelle du Moyen Atlas.

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La 7e édition du Festival Ajdir Izourane s’est achevée dimanche 18 octobre à Khénifra, après plusieurs journées consacrées à la valorisation du patrimoine amazigh et aux perspectives de développement durable dans le Moyen Atlas. Organisée à l’occasion du 25e anniversaire du discours royal d’Ajdir, cette manifestation a conjugué expressions artistiques, réflexion intellectuelle et débats sur l’avenir des territoires montagneux.

Un quart de siècle après le discours d’Ajdir

Organisée sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, à l’initiative de la Fondation Esprit d’Ajdir Atlas, la 7e édition du Festival Ajdir Izourane, dans sa déclinaison automnale, a pris fin dimanche soir à Khénifra.

Cette édition revêtait une dimension symbolique particulière, puisqu’elle coïncidait avec le 25e anniversaire du discours royal prononcé à Ajdir le 17 octobre 2001. Cet événement historique avait marqué une étape déterminante dans la reconnaissance et la réhabilitation de la langue et de la culture amazighes, désormais considérées comme une composante fondamentale du patrimoine commun des Marocains.

Les festivités ont donné une large place aux expressions artistiques traditionnelles. Plusieurs troupes ont animé des soirées musicales associant les sonorités de la musique amazighe et les rythmes de l’Ahidous, dans une ambiance célébrant la richesse culturelle du Moyen Atlas.

Des spectacles de Tbourida et des expositions consacrées aux produits du terroir et au patrimoine régional ont également ponctué cette manifestation, mettant en valeur la diversité des traditions et des savoir-faire locaux.

Le patrimoine culturel face aux enjeux environnementaux

Au-delà des festivités, le festival a accueilli plusieurs séminaires scientifiques consacrés aux dimensions culturelles et territoriales du discours d’Ajdir.

Les échanges ont notamment porté sur la place du patrimoine immatériel dans les stratégies de développement durable des régions montagneuses, confrontées à des difficultés économiques, sociales et environnementales persistantes.

Les participants ont examiné les conséquences du changement climatique, la pression croissante sur les ressources naturelles et les insuffisances en matière d’infrastructures et d’opportunités d’emploi.

Ils ont plaidé pour une approche intégrée du développement territorial, capable de concilier protection de l’environnement, valorisation des ressources locales et renforcement de l’économie solidaire.

La nécessité d’une meilleure coordination entre les différents acteurs institutionnels et territoriaux a également été soulignée afin d’apporter des réponses concrètes aux attentes des populations.

Faire des richesses du Moyen Atlas un levier de développement

Dans une déclaration à la MAP, le président de la Fondation Esprit d’Ajdir Atlas, Mohamed Yassine, a souligné que les rencontres scientifiques avaient permis de dresser un bilan des avancées réalisées dans la promotion de la culture amazighe.

Il a précisé que la Fondation travaillait à l’élaboration de recommandations destinées à renforcer la contribution de ce patrimoine au développement intégré.

Mohamed Yassine a particulièrement insisté sur les potentialités de Khénifra et du Moyen Atlas, notamment leurs richesses forestières, leurs ressources hydriques et leur patrimoine immatériel.

Selon lui, leur valorisation doit contribuer à améliorer les conditions socio-économiques des habitants, préserver les équilibres environnementaux et renforcer l’équité territoriale.

Au fil de ses éditions, le Festival Ajdir Izourane s’affirme ainsi comme un rendez-vous culturel majeur du Moyen Atlas, associant transmission des traditions, rayonnement de l’identité amazighe et réflexion sur les perspectives de développement régional.