Travail des enfants : le Maroc renforce la protection et la réintégration

Travail des enfants : le Maroc renforce la protection et la réintégration

L’initiative prolonge l’engagement royal en faveur des droits de l’enfant et les actions conduites par l’ONDE sous la présidence effective de la Princesse Lalla Meryem pour protéger les mineurs vulnérables.

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Lancé vendredi 16 octobre à Rabat sous la présidence effective de la Princesse Lalla Meryem, le Dispositif National d’Éradication du Travail des Enfants organise un accompagnement individualisé, de l’identification à la réintégration. Porté par l’Observatoire National des Droits de l’Enfant, il prévoit un soutien économique aux familles dès le retrait de l’enfant du travail.

Une prise en charge sans rupture

Sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, l’Observatoire National des Droits de l’Enfant (ONDE) engage une nouvelle étape dans la lutte contre l’exploitation des enfants par le travail. Le dispositif lancé à Rabat vise à assurer la continuité des interventions, en reliant repérage, retrait du travail, accompagnement familial et réintégration.

Chaque enfant concerné disposera d’un dossier individuel et bénéficiera d’une prise en charge adaptée à sa situation. Sa famille recevra un soutien personnalisé, notamment économique, dès le premier jour du retrait. Cette organisation doit renforcer la coordination entre institutions et associations, tout en affinant le ciblage des secteurs et des territoires.

L’initiative prolonge l’engagement royal en faveur des droits de l’enfant et les actions conduites par l’ONDE sous la présidence effective de la Princesse Lalla Meryem pour protéger les mineurs vulnérables.

Près de 103 000 enfants encore au travail

Malgré une baisse de plus de 80 % depuis 1999, le phénomène persiste. L’enquête nationale sur l’emploi 2025 du Haut-Commissariat au Plan, citée par l’ONDE, estime à près de 103 000 le nombre d’enfants de 7 à 17 ans au travail, soit 1,3 % de cette population.

Les disparités territoriales restent marquées : le taux atteint 2,4 % en milieu rural, contre 0,5 % dans les villes. Le dispositif répond à cette réalité par deux piliers complémentaires : une veille permanente et une intervention individualisée.

Sur le terrain, cette dernière reposera sur les Cellules de Lutte contre le Travail des Enfants (CLTE), implantées dans les provinces et rattachées au ministère de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, ainsi que sur des associations conventionnées chargées des actions de proximité.

Une coordination à trois niveaux

Dix-sept acteurs participeront au dispositif, selon une organisation articulant pilotage stratégique, suivi territorial et appui technique. L’ONDE présidera le comité de pilotage, tandis que le ministère chargé de l’Emploi dirigera le comité technique. Dans chaque province, le gouverneur présidera le comité provincial de suivi, avec les CLTE et les associations conventionnées.

L’appui technique mobilisera la Présidence du Ministère public, l’Initiative Nationale pour le Développement Humain, les ministères chargés de l’Éducation nationale et de la Solidarité, l’Agence Nationale du Soutien Social, l’ANAPEC et le Département de la Formation professionnelle.

Le HCP, l’Entraide nationale, la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel, l’UNICEF et l’Organisation internationale du Travail contribueront également à cet accompagnement.

Le déploiement commencera par une expérimentation pilote. Son évaluation alimentera une phase d’ajustement avant la généralisation nationale. Cinq axes accompagneront cette progression : prévention scolaire, sensibilisation du public et des acteurs locaux, mobilisation des employeurs, plaidoyer, mesure et suivi des résultats.

Une mobilisation déjà engagée

Le lancement intervient après plusieurs initiatives menées en 2026. En février, lors de la sixième Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants à Marrakech, l’ONDE avait organisé une session thématique et deux ateliers. Son réseau africain des droits de l’enfant avait permis d’y associer des enfants du continent.

Le 12 juin, sur instruction de la Princesse Lalla Meryem, l’Observatoire avait lancé la campagne nationale « STOP au travail des enfants », à l’occasion de la Journée mondiale consacrée à cette lutte. Diffusées à la télévision, dans la presse et sur les réseaux sociaux, les capsules de sensibilisation ont cumulé plus de 34 millions de vues.

La cérémonie de Rabat a retracé cette mobilisation à travers quatre capsules vidéo consacrées à trente et un ans d’engagement, à la participation des enfants, au nouveau dispositif et à la campagne nationale.

Quatre projets portés par les enfants distingués

La Princesse Lalla Meryem a remis quatre trophées honorifiques aux équipes lauréates, représentées par des enfants parlementaires. Sidahmed El Ayachi a reçu le Prix Voix de l’Avenir pour « Tamkine », et Douaa Fghrawi le Prix Cœur citoyen pour « Digital early warning system for child labor ».

Malak Zin El Abidine a reçu le Prix Acteur du changement pour « Future roots Fund Project ». Kayan Sarbouti a été distingué par le Prix de la bande dessinée pour « Dessine ton avenir ».