À Laâyoune, le Maroc et Bahreïn consolident un axe stratégique et solidaire

À Laâyoune, le Maroc et Bahreïn consolident un axe stratégique et solidaire

Au-delà du choix géographique, ce rendez-vous traduit la solidité d’un lien politique ancré dans la durée. Créée il y a vingt-cinq ans, la Haute Commission mixte a gagné en régularité ces dernières années, se réunissant désormais tous les deux ans ou deux ans et demi

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Réunie à Laâyoune, la 6e session de la Haute Commission mixte Maroc-Bahreïn a marqué une nouvelle étape dans l’approfondissement des relations entre les deux Royaumes. Accords sectoriels, coordination diplomatique et réaffirmation de positions communes sur les grands dossiers régionaux et internationaux ont donné corps à une ambition partagée: hisser la coopération bilatérale au rang d’un partenariat complémentaire et solidaire.

Une session à forte portée politique et symbolique

La tenue de cette session dans la ville de Laâyoune ne relève pas du hasard. Elle constitue, selon le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, un événement à forte portée symbolique. Il s’agit de la première commission mixte organisée par le Maroc avec un pays arabe dans ses provinces du Sud.

Au-delà du choix géographique, ce rendez-vous traduit la solidité d’un lien politique ancré dans la durée. Créée il y a vingt-cinq ans, la Haute Commission mixte a gagné en régularité ces dernières années, se réunissant désormais tous les deux ans ou deux ans et demi. Cette constance témoigne d’une volonté partagée de structurer la relation sur des bases durables, avec une vision à court, moyen et long termes.

Les travaux ont été couronnés par la signature de plusieurs accords et mémorandums d’entente par Nasser Bourita et son homologue bahreïni, Abdullatif bin Rashid Al Zayani. Ces instruments juridiques couvrent des domaines variés, traduisant la diversification progressive de la coopération.

Des accords pour fluidifier les échanges

Parmi les textes signés figurent deux accords relatifs à l’exemption de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques, spéciaux et de service. Ces mesures visent à faciliter la mobilité des responsables et à renforcer la fluidité des échanges institutionnels.

Un mémorandum d’entente sur la coopération douanière a également été conclu entre l’Administration des Douanes et Impôts Indirects du Maroc et les Affaires douanières de Bahreïn. L’objectif est d’améliorer la coordination, de sécuriser les flux commerciaux et de lutter contre les pratiques illicites.

La dimension économique et sociale n’est pas en reste. Un mémorandum a été signé dans le domaine de la production agricole et animale ainsi que de la sécurité alimentaire, associant les ministères compétents des deux pays. Un autre accord porte sur la coopération en matière de retraite et de sécurité sociale, entre la Caisse de Dépôt et de Gestion et l’Autorité générale de la sécurité sociale de Bahreïn.

Ces instruments traduisent une volonté d’élargir la coopération à des secteurs concrets touchant directement les populations, au-delà du seul dialogue politique

Une solidarité affirmée sur le Sahara

La question du Sahara marocain a occupé une place centrale dans les déclarations officielles. Le Bahreïn a réaffirmé son soutien constant à l’intégrité territoriale du Maroc et à sa pleine souveraineté sur son Sahara.

Dans le communiqué conjoint, Manama a salué la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations Unies, considérant qu’elle consacre l’initiative marocaine d’autonomie sous souveraineté nationale comme unique base pour le règlement du différend régional. Le Royaume de Bahreïn a également appuyé les efforts du Secrétaire général de l’ONU et de son Envoyé personnel pour relancer le processus politique sur cette base.

Nasser Bourita a rappelé que les positions bahreïnies figurent parmi les plus constantes sur ce dossier. Il a souligné que le Souverain de Bahreïn avait informé Sa Majesté le Roi Mohammed VI de l’intention d’ouvrir un consulat dans le Sahara marocain, geste fort sur le plan diplomatique.

En miroir, Rabat a toujours exprimé un soutien et une solidarité sans réserve à Bahreïn sur ses causes nationales. Cette logique de réciprocité nourrit une relation fondée sur la confiance.

Coordination diplomatique et Conseil de sécurité

Au-delà des dossiers bilatéraux, les deux pays affichent une concertation étroite sur les grandes questions internationales. Ils partagent notamment des positions communes sur la question palestinienne, en faveur d’une solution à deux États et de l’établissement d’un État palestinien indépendant avec Al-Qods-Est pour capitale sur les frontières de 1967.

Les ministres ont insisté sur la nécessité d’agir avec mesure et constance, loin des surenchères, en privilégiant une approche concrète et pragmatique.

La coordination s’étend également aux instances multilatérales. Bahreïn siègera en 2026 et 2027 comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, avant que le Maroc n’y prenne place pour un mandat équivalent. Pour Rabat, il ne s’agit pas de deux périodes distinctes, mais de quatre années continues de présence coordonnée.

Les initiatives lancées par l’un durant son mandat seront consolidées par l’autre, dans une logique de complémentarité. Cette vision traduit une ambition commune d’influer durablement sur les dossiers régionaux et internationaux.

Un partenariat économique à renforcer

Malgré la qualité du dialogue politique, les deux parties reconnaissent que les échanges commerciaux restent en deçà des ambitions affichées. Nasser Bourita a indiqué que le développement des relations économiques constitue désormais une priorité.

Le rôle des gouvernements consiste à mettre en place un cadre incitatif et à encourager les acteurs privés à investir les opportunités offertes par cette dynamique positive. La complémentarité des économies et la diversification sectorielle ouvrent des perspectives, notamment dans l’agroalimentaire, la logistique et les services.

Le ministre bahreïni a, pour sa part, souligné l’aspiration à hisser la relation au rang d’un partenariat complémentaire et solidaire, conformément à la vision des deux Souverains.

Un ancrage africain salué

Le communiqué conjoint met également en lumière le rôle du Maroc en Afrique. Bahreïn a salué les initiatives lancées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en faveur du développement du continent, notamment l’Initiative visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’Atlantique, le Processus des États africains atlantiques et le projet de Gazoduc Africain Atlantique.

Manama a reconnu l’engagement du Royaume dans la consolidation d’un partenariat africain fondé sur des bases saines et équilibrées, au service de la paix, de la sécurité et du développement durable.

Enfin, le Bahreïn a salué les efforts du Souverain en sa qualité de Président du Comité Al Qods, ainsi que les projets menés par l’Agence Bayt Mal Al Qods Acharif en soutien aux populations palestiniennes.

À Laâyoune, la diplomatie maroco-bahreïnie a ainsi franchi une nouvelle étape, conjuguant solidarité politique, coordination internationale et coopération sectorielle. Un signal fort d’un partenariat appelé à s’approfondir dans un environnement régional en recomposition.

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