À Nairobi, le Maroc défend une vision industrielle et partenariale de l’Afrique

À Nairobi, le Maroc défend une vision industrielle et partenariale de l’Afrique

La délégation marocaine était composée, outre Aziz Akahnnouch, de la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, du ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, ainsi que du ministre délégué chargé de l’Investissement, Karim Zidane.

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Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, représentant le Roi Mohammed VI, a pris part à Nairobi aux travaux du Sommet “Africa Forward” et du forum d’affaires “Africa Forward : Inspire & Connect”, organisés en présence de plusieurs chefs d’État africains et européens. La délégation marocaine a participé aux discussions consacrées aux investissements, à l’industrialisation, à l’énergie, au numérique et aux infrastructures. Lors d’un panel consacré à l’architecture financière du continent, M. Akhannouch a présenté les orientations du Royaume en matière d’industrialisation, de transition énergétique et d’intégration économique africaine.

Une présence marocaine tournée vers les partenariats économiques

Le Maroc a affiché à Nairobi sa volonté de consolider sa présence économique sur le continent africain et de renforcer ses partenariats avec la France et plusieurs pays africains. La participation d’Aziz Akhannouch au Sommet “Africa Forward” s’inscrit dans cette dynamique de coopération économique et diplomatique portée par le Royaume depuis plusieurs années.

Co-présidée par le président kényan William Ruto et le président français Emmanuel Macron. Cette rencontre économique a réuni plus de 1.500 décideurs économiques, investisseurs, responsables publics et représentants du secteur privé venus d’Afrique, d’Europe et d’autres régions du monde.

La délégation marocaine était composée notamment de la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, du ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, ainsi que du ministre délégué chargé de l’Investissement, Karim Zidane. L’Agence marocaine de coopération internationale et l’ambassade du Royaume au Kenya étaient également représentées.

La Confédération générale des entreprises du Maroc a participé activement aux travaux du forum à travers une importante délégation conduite par son président Chakib Alj. Plusieurs opérateurs du secteur privé marocain ont pris part aux rencontres B2B et aux échanges organisés avec des partenaires africains et français.

Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs considérés comme stratégiques pour le continent, notamment l’énergie, l’agro-industrie, les infrastructures, la santé, le numérique et les villes durables. Les organisateurs ont mis l’accent sur les investissements croisés, le financement des projets structurants et les réponses communes aux défis liés à la transition énergétique, au climat et à la souveraineté alimentaire.

Le Maroc a, de son côté, cherché à valoriser son expérience industrielle, logistique et énergétique tout en renforçant ses liens avec les différents acteurs de l’écosystème économique africain.

L’industrialisation au cœur du discours marocain

Lors d’un panel consacré à l’architecture financière du continent, Aziz Akhannouch a présenté la stratégie marocaine en matière d’industrialisation et de transformation économique. En présence de plusieurs chefs d’État et de gouvernement, ainsi que du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, le Chef du gouvernement a souligné que le Maroc a fait de l’industrie l’un des piliers de sa politique économique sous l’impulsion du Roi Mohammed VI.

Il a mis en avant la progression des exportations industrielles marocaines, notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique, devenus des filières structurées de l’économie nationale. Le Maroc cherche désormais à se positionner sur les industries liées aux prochaines transformations technologiques et énergétiques, comme les batteries électriques, l’hydrogène vert et la valorisation industrielle des ressources naturelles.

Pour Aziz Akhannouch, cette évolution nourrit une conviction : l’Afrique doit être considérée comme un continent d’opportunités et d’investissement, capable de construire ses propres chaînes de valeur industrielles.

Le Chef du gouvernement a toutefois estimé que cette transformation nécessite plusieurs conditions. Il a d’abord insisté sur l’importance du libre-échange et de l’intégration économique régionale. Il a rappelé que les échanges intra-africains représentent seulement environ 16 % du commerce du continent, contre près de 60 % en Europe et en Asie.

Dans ce contexte, l’opérationnalisation effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) apparaît, selon lui, comme un levier central pour soutenir l’industrialisation africaine et favoriser la circulation des biens, des capitaux et des investissements.

Aziz Akhannouch a également insisté sur la nécessité d’aligner les stratégies industrielles avec les ressources naturelles et humaines de chaque pays. Il a rappelé que l’Afrique dispose d’une population particulièrement jeune, avec un âge médian d’environ 19 ans et plus de 620 millions de personnes qui devraient intégrer le marché du travail d’ici 2050.

Énergies renouvelables, infrastructures et climat des affaires

Le Chef du gouvernement a aussi mis en avant le potentiel énergétique du continent africain. Il a rappelé que l’Afrique possède près de 60 % des meilleures ressources solaires mondiales mais reste encore faiblement représentée dans la capacité solaire photovoltaïque installée à l’échelle internationale.

Dans ce cadre, il a plaidé pour une accélération des investissements dans les énergies renouvelables et pour le développement de filières industrielles locales capables de transformer les ressources africaines sur le continent.

Aziz Akhannouch a présenté plusieurs réalisations marocaines dans ce domaine. Il a indiqué que les énergies renouvelables représentent désormais plus de 46 % du mix électrique du Royaume. Il a également cité le développement du port Tanger Med, devenu une plateforme logistique et industrielle majeure, ainsi que la mise en service de la première ligne à grande vitesse du continent africain.

Le Chef du gouvernement a également évoqué plusieurs réformes engagées au Maroc pour améliorer l’environnement des affaires et renforcer l’attractivité du pays. Parmi elles figurent la réforme fiscale, la simplification des procédures administratives, la déconcentration administrative, la réforme des marchés publics et la mobilisation du foncier destiné à l’investissement.

Selon lui, le développement industriel durable dépend de plusieurs facteurs combinés : infrastructures performantes, énergie compétitive, logistique efficace et climat des affaires lisible.

Le financement, enjeu central pour l’Afrique

La question du financement a occupé une place importante dans les discussions du Sommet “Africa Forward”. Aziz Akhannouch a souligné que l’industrialisation du continent nécessite un accès plus important aux financements et des systèmes bancaires capables d’accompagner les PME et les grands projets industriels.

Il a estimé que l’Afrique doit bénéficier de mécanismes de financement mieux adaptés au niveau réel de risque des projets industriels du continent. Dans ce cadre, il a mis en avant les dispositifs marocains de soutien à l’investissement, notamment la nouvelle Charte de l’investissement et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement.

Ces instruments visent à mobiliser le capital public afin de renforcer la confiance des investisseurs et d’attirer davantage de capitaux privés dans les projets structurants.

Le ministre délégué chargé de l’Investissement, Karim Zidane, a de son côté affirmé que la participation du Maroc au Sommet “Africa Forward” traduit l’engagement du Royaume à renforcer sa coopération économique avec les pays africains et la France.

Il a indiqué que le forum a permis de nombreuses rencontres avec des investisseurs et des représentants de grandes entreprises internationales intéressés par le marché marocain et par les opportunités offertes par le Royaume dans plusieurs secteurs.

En parallèle des travaux économiques, Aziz Akhannouch a pris part au dîner offert par le président kényan William Ruto en l’honneur des chefs d’État et de gouvernement présents à Nairobi.

Le Sommet “Africa Forward” apparaît ainsi comme une plateforme destinée à renforcer les partenariats économiques entre l’Afrique et ses partenaires internationaux autour des enjeux liés à l’investissement, à la formation, à la transition énergétique et au développement industriel.

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