À Rabat, un forum africain explore les enjeux de l’intelligence artificielle et de la transition numérique

À Rabat, un forum africain explore les enjeux de l’intelligence artificielle et de la transition numérique

« La maîtrise des données, des infrastructures numériques, des capacités de calcul et des usages liés à l’intelligence artificielle constitue un enjeu stratégique majeur pour les États. L’Afrique dispose de plusieurs atouts dans ce domaine : une population jeune, des capacités d’innovation croissantes et des besoins importants dans des secteurs comme l’éducation, la santé, l’administration publique, la mobilité ou encore l’énergie. » (Amal El Fallah Seghrouchni)

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La première édition du Forum international consacré à l’intelligence artificielle, à la transition numérique, à l’énergie et à la connectivité en Afrique s’est ouverte lundi à Rabat à l’initiative du CAFRAD. Réunissant responsables gouvernementaux, experts, acteurs privés et institutions internationales, cette rencontre de trois jours vise à examiner les perspectives de coopération autour des technologies numériques, des infrastructures énergétiques, de la cybersécurité et de la formation aux métiers liés à l’IA sur le continent africain.

Un forum consacré aux mutations numériques en Afrique

Le forum se tient sous le thème « Intelligence artificielle, transition numérique, énergie et connectivité en Afrique : Perspectives de coopération internationale ».

L’événement, initié par le Centre Africain de Formation et de Recherche Administratives pour le Développement (CAFRAD), rassemble à Rabat des représentants gouvernementaux, des institutions publiques, des ONG, des acteurs du secteur privé, des institutions financières et des groupes spécialisés dans les technologies numériques et l’intelligence artificielle.

Pendant trois jours, les participants débattent des enjeux liés à la digitalisation, aux infrastructures technologiques, à l’accès à l’énergie, à la connectivité et aux nouvelles formes de coopération internationale autour des technologies émergentes.

L’objectif affiché est de réfléchir aux moyens de renforcer les capacités numériques du continent tout en accompagnant les transformations économiques et administratives induites par l’intelligence artificielle.

Le numérique comme enjeu stratégique

Intervenant à l’ouverture des travaux, la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a souligné que ce forum intervient dans un contexte marqué par une transformation rapide des économies et des systèmes de gouvernance sous l’effet des technologies numériques.

Elle a rappelé que la maîtrise des données, des infrastructures numériques, des capacités de calcul et des usages liés à l’intelligence artificielle constitue désormais un enjeu stratégique majeur pour les États.

La ministre a estimé que l’Afrique dispose de plusieurs atouts dans ce domaine, notamment une population jeune, des capacités d’innovation croissantes et des besoins importants dans des secteurs comme l’éducation, la santé, l’administration publique, la mobilité ou encore l’énergie.

Selon elle, l’intelligence artificielle peut contribuer à améliorer l’efficacité des services publics, simplifier les relations entre les administrations et les citoyens et renforcer la transparence des politiques publiques.

Une vision africaine de l’intelligence artificielle

Mme Seghrouchni a également mis en avant l’expérience marocaine en matière de transformation numérique, menée, selon elle, dans une logique de souveraineté technologique, d’inclusion et de création de valeur.

Elle a plaidé pour le développement d’une vision africaine de l’intelligence artificielle reposant sur plusieurs principes : la souveraineté numérique, l’éthique, la coopération scientifique, la confiance et la formation des compétences locales.

Le directeur général du CAFRAD, Coffi Dieudonné Assouvi, a pour sa part rappelé que les technologies numériques et l’IA comptent parmi les transformations majeures du XXIe siècle.

Il a toutefois insisté sur les défis associés à ces mutations, évoquant notamment les risques liés à la cybercriminalité, aux guerres hybrides, à la fracture technologique et à la consommation énergétique croissante des infrastructures numériques.

  1. Assouvi a également rappelé plusieurs initiatives internationales portant sur l’encadrement éthique de l’intelligence artificielle, dont la recommandation de l’UNESCO adoptée en 2021 et le Pacte pour l’avenir adopté par les Nations Unies en 2024.

Des pistes de coopération et de formation

Le forum doit déboucher sur des échanges autour d’une feuille de route inspirée des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

La deuxième journée sera consacrée à plusieurs panels portant sur l’économie numérique africaine, les solutions technologiques, les partenariats internationaux ainsi que les transformations de l’emploi et de l’éducation à l’ère de l’intelligence artificielle.

La dernière journée sera dédiée aux rencontres professionnelles entre les différents acteurs présents.

Les discussions portent également sur plusieurs priorités identifiées par les organisateurs, parmi lesquelles le renforcement des infrastructures numériques africaines, le développement des politiques publiques liées à l’IA, la cybersécurité, la création de centres régionaux d’innovation et l’investissement dans les énergies renouvelables.

Le forum ambitionne aussi de soutenir la digitalisation des administrations publiques et de promouvoir des programmes de formation destinés aux jeunes dans les domaines du numérique et des nouvelles technologies.

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