Actu
Aides sociales directes : cinq profils de bénéficiaires pour un accompagnement plus ciblé
Le groupe le plus important est celui des « foyers émergents », qui rassemble plus de 1,2 million de ménages. Il s’agit principalement de familles nucléaires dirigées par des personnes d’une quarantaine d’années ayant à leur charge de jeunes enfants. Ces ménages se trouvent dans une phase de construction familiale où les dépenses liées à l’éducation et à l’entretien des enfants se combinent souvent à des revenus encore instables.
L’Agence Nationale du Soutien Social (ANSS) a identifié cinq profils types parmi les bénéficiaires de l’Aide Sociale Directe (ASD) grâce à des techniques avancées de classification statistique. Cette segmentation vise à mieux comprendre les réalités sociales des ménages concernés et à adapter les dispositifs d’accompagnement en fonction de leurs besoins spécifiques, de leur situation familiale et de leur niveau de vulnérabilité.
Une nouvelle approche pour mieux comprendre les bénéficiaires
L’ANSS a recours à des méthodes de classification statistique, communément appelées « clustering », afin de regrouper les ménages bénéficiaires selon leurs caractéristiques réelles de vie. Cette démarche dépasse les critères habituels liés à l’âge, au genre ou à la région de résidence pour intégrer des éléments plus fins relatifs à la composition familiale, aux revenus, aux charges et aux situations de vulnérabilité.
L’objectif est de disposer d’une vision plus précise des besoins des bénéficiaires et d’orienter les interventions des référents sociaux vers des actions mieux adaptées à chaque catégorie de population.
Cette analyse a permis de dégager cinq groupes homogènes présentant des problématiques distinctes et nécessitant des réponses différenciées.
Les foyers émergents et les foyers en transition
Le groupe le plus important est celui des « foyers émergents », qui rassemble plus de 1,2 million de ménages. Il s’agit principalement de familles nucléaires dirigées par des personnes d’une quarantaine d’années ayant à leur charge de jeunes enfants. Ces ménages se trouvent dans une phase de construction familiale où les dépenses liées à l’éducation et à l’entretien des enfants se combinent souvent à des revenus encore instables.
L’ANSS estime que leur vulnérabilité demeure réversible si un accompagnement économique et social approprié leur est proposé afin de prévenir une installation durable dans la précarité.
Le deuxième profil, celui des « foyers en mue », concerne près de 986.000 ménages, majoritairement installés en milieu rural. Dirigés le plus souvent par des quinquagénaires, ils font face à une période charnière marquée par l’adolescence ou l’entrée dans la vie active de leurs enfants. Les besoins liés à la poursuite des études, à la formation ou à l’insertion professionnelle constituent leurs principaux défis.
Les ménages confrontés au vieillissement
Le troisième groupe, baptisé « tandems de vie », rassemble près de 965.000 couples âgés vivant seuls, principalement dans les zones rurales. Souvent dépourvus de pension de retraite et confrontés à des difficultés de mobilité, ces ménages sont particulièrement exposés aux dépenses de santé et aux effets du vieillissement.
Pour eux, l’aide sociale directe joue un rôle essentiel de protection et de soutien face à une vulnérabilité qui tend à s’accentuer avec l’âge.
La quatrième catégorie, celle des « nids désertés », concerne plus de 584.000 femmes âgées vivant seules. Veuves, célibataires ou sans enfant à charge, elles se trouvent fréquemment éloignées des réseaux de solidarité familiale immédiate. Cette situation les expose à des risques accrus de précarité économique et d’isolement social.
L’ANSS souligne la nécessité d’une attention particulière pour garantir à ces femmes un accès effectif aux services sociaux et aux dispositifs de protection.
Lutter contre l’isolement et adapter les politiques territoriales
Le cinquième profil identifié est celui des « solitaires sans relais », qui regroupe près de 157.000 personnes vivant seules, hommes et femmes confondus. Souvent installés dans des zones rurales ou périurbaines, ces bénéficiaires cumulent fragilité économique et isolement relationnel.
Leur accompagnement nécessite des mesures spécifiques axées notamment sur l’insertion professionnelle, la formation qualifiante et le renforcement des liens sociaux afin de prévenir les situations d’exclusion durable.
Selon l’ANSS, cette segmentation permet de mieux refléter la diversité des réalités sociales et d’adapter les réponses publiques à chaque situation. L’analyse montre par ailleurs que les cinq profils sont présents dans l’ensemble des régions du Royaume, même si leur poids varie d’un territoire à l’autre.
Cette approche ouvre ainsi la voie à une politique d’accompagnement plus fine, fondée sur les besoins réels des bénéficiaires et sur une meilleure prise en compte des spécificités locales.