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Au SIEL 2026, Rahal Boubrik revient sur les derniers mois de la colonisation espagnole au Sahara
L’essai revient sur les mois décisifs qui ont précédé la fin de 91 années de colonisation espagnole dans la région
L’ouvrage « Sahara 1975 : Crépuscule de la colonisation espagnole » de l’historien et anthropologue Rahal Boubrik a été présenté au Salon international de l’édition et du livre de Rabat. Basé sur un important travail d’archives diplomatiques et historiques, ce livre retrace les derniers mois de la présence espagnole au Sahara marocain et revient sur les dimensions coloniales et géopolitiques du conflit autour du Sahara.
Un ouvrage consacré à une période charnière
Présenté dans le cadre de la 31e édition du Salon international de l’édition et du livre, l’ouvrage « Sahara 1975 : Crépuscule de la colonisation espagnole » propose une lecture documentée des événements ayant accompagné la fin de la présence espagnole au Sahara marocain.
Publié cette année aux éditions « La Croisée des chemins », le livre revient sur les mois décisifs qui ont précédé la fin de 91 années de colonisation espagnole dans la région.
Lors de cette rencontre, le public a pu découvrir un travail fondé sur des recherches archivistiques approfondies et sur une connaissance détaillée des réalités historiques et sociales du Sahara.
Des archives diplomatiques croisées
Au cours de son intervention, Rahal Boubrik a expliqué que son travail repose sur des sources multiples, notamment des archives diplomatiques françaises, espagnoles et onusiennes.
Selon lui, le croisement de ces documents permet d’éclairer plusieurs zones d’ombre liées à cette période et de mieux comprendre les mécanismes politiques et géopolitiques ayant entouré le dossier du Sahara.
L’auteur a également souligné que plusieurs archives révèlent l’implication de différents acteurs internationaux dans l’évolution du conflit autour du Sahara marocain.
Pour Rahal Boubrik, cette approche archivistique permet de replacer les événements dans leur contexte historique et d’interroger les constructions politiques héritées de la période coloniale.
Une réflexion sur l’héritage colonial
L’historien a défendu l’idée selon laquelle le conflit autour du Sahara marocain relève d’une construction coloniale et géopolitique née du découpage territorial imposé par les puissances coloniales au début du XXe siècle.
Il a rappelé que le tracé de frontières artificielles dans la région s’est effectué sans tenir compte des réalités sociales, tribales et historiques des sociétés ouest-sahariennes.
Selon lui, une connaissance historique rigoureuse constitue aujourd’hui un outil important pour renforcer les capacités d’analyse des diplomates marocains et sensibiliser les jeunes générations aux récits concurrents autour de cette question.
Rahal Boubrik a également appelé à encourager davantage la recherche universitaire afin de préserver la maîtrise du récit historique national.
Un spécialiste des sociétés sahariennes
Directeur de l’Institut Royal pour la Recherche sur l’Histoire du Maroc relevant de l’Académie du Royaume du Maroc, Rahal Boubrik est également professeur à l’Université Mohammed V de Rabat.
Spécialiste d’anthropologie et d’histoire, il consacre ses travaux aux dimensions religieuses, sociales et politiques des sociétés ouest-sahariennes.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages portant sur les transformations sociales, la question saharienne et les héritages coloniaux, parmi lesquels « Saints et société en Islam », « Entre Dieu et la tribu », « De la tente à la ville » ou encore « La question du Sahara : aux origines d’une invention coloniale (1884-1975) ».