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Au sommet de l’Union africaine, le Maroc consolide sa diplomatie d’action
Depuis son retour au sein de l’organisation panafricaine, le Royaume s’efforce de porter une approche liant sécurité et développement. Lors de son premier mandat au CPS entre 2018 et 2020, il avait déjà insisté sur le concept du triple nexus, considérant que la paix durable ne peut être dissociée des réalités économiques et sociales.
Réuni à Addis-Abeba pour son 39ème sommet, l’Union africaine a été le théâtre d’une présence marocaine remarquée. Entre réélection au Conseil de Paix et de Sécurité, plaidoyer pour la souveraineté sanitaire et initiatives autour de l’eau, le Royaume a défendu une approche globale liant paix, développement et coopération Sud-Sud, fidèle à la vision royale d’une Afrique autonome et solidaire.
Une réélection au CPS qui confirme un positionnement continental
Les travaux du 39ème sommet de l’Union africaine, précédés par la 48ème session du Conseil exécutif, ont consacré une reconnaissance politique importante pour Rabat. Le Maroc a été élu dès le premier tour au Conseil de Paix et de Sécurité pour la troisième fois, un signal diplomatique fort dans une institution où l’équilibre géopolitique africain se joue souvent en coulisses.
Depuis son retour au sein de l’organisation panafricaine, le Royaume s’efforce de porter une approche liant sécurité et développement. Lors de son premier mandat entre 2018 et 2020, il avait déjà insisté sur le concept du triple nexus, considérant que la paix durable ne peut être dissociée des réalités économiques et sociales.
La nouvelle élection confirme la crédibilité acquise par la diplomatie marocaine dans la gestion des crises africaines, reposant sur la médiation, le respect du droit international et la recherche de solutions politiques plutôt que militaires. Cette ligne s’inscrit dans une stratégie plus large visant à promouvoir une stabilité continentale durable.
Paix, développement et multilatéralisme pragmatique
Au-delà du cadre africain, Rabat a également plaidé pour une meilleure prise en compte des réalités du continent dans les forums internationaux, notamment aux Nations unies. L’objectif consiste à adapter les mécanismes internationaux aux besoins spécifiques africains, dans un esprit de partenariat plutôt que d’assistance.
La diplomatie marocaine défend ainsi une approche pragmatique : renforcer les institutions africaines tout en évitant les modèles importés. Cette orientation a été saluée par plusieurs partenaires qui voient dans le Royaume un acteur capable de concilier vision politique et projets opérationnels.
L’eau, priorité stratégique et terrain de coopération Sud-Sud
L’année 2026 de l’Union africaine est consacrée à la sécurité hydrique et aux systèmes d’assainissement. Sur ce terrain, le Maroc a multiplié les initiatives en proposant une feuille de route intégrant agriculture, climat et développement humain.
Un événement parallèle organisé par la mission marocaine a mis en avant la coopération Sud-Sud comme levier de solutions concrètes. Plusieurs ministres africains et responsables institutionnels y ont participé, soulignant l’importance des politiques hydriques dans la résilience climatique du continent.
Rabat a également proposé d’accueillir une conférence de haut niveau sur la coopération hydrique en amont de la conférence mondiale sur l’eau prévue à Abou Dhabi. L’ambition est claire : positionner l’Afrique comme force de proposition plutôt que simple bénéficiaire de programmes internationaux.
Migration et souveraineté sanitaire, deux chantiers majeurs
Le sommet a aussi permis de rappeler le rôle du Maroc en tant que leader africain sur la question migratoire. L’approche défendue repose sur une vision humaniste associant développement économique, prévention des crises et mobilité régulée. La migration y est présentée non comme une menace mais comme un potentiel moteur de croissance pour le continent.
Autre priorité : la souveraineté sanitaire. Le Royaume a soutenu activement l’opérationnalisation de l’Agence africaine du médicament afin de renforcer la régulation pharmaceutique et réduire la dépendance extérieure. L’enjeu dépasse la santé publique : il concerne aussi l’autonomie industrielle et scientifique de l’Afrique.
Vers une diplomatie africaine de projets
À l’issue du sommet, l’ambassadeur Mohamed Arrouchi a souligné que la participation marocaine visait à consolider l’action africaine commune au service du citoyen africain. Cette orientation traduit un passage d’une diplomatie de position à une diplomatie de solutions concrètes.
L’ensemble des initiatives présentées à Addis-Abeba révèle une stratégie cohérente : inscrire le Maroc dans un leadership africain pragmatique, fondé sur la coopération, l’investissement et la gouvernance sectorielle. Le Royaume cherche moins à occuper l’espace politique qu’à structurer des politiques continentales durables.
Ainsi, entre sécurité, eau, migration et santé, Rabat construit progressivement un rôle d’architecte institutionnel africain. Une approche qui, au-delà des déclarations, repose sur la multiplication d’outils opérationnels destinés à renforcer l’autonomie du continent. (Quid avec MAP)