Bank Al Maghrib maintient son taux directeur à 2,25 pour cent

Bank Al Maghrib maintient son taux directeur à 2,25 pour cent

La croissance de l’économie nationale devrait s’établir à 4,4 % en 2026, avant de ralentir à 2,9 % en 2027.

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Réuni mardi à Rabat pour sa troisième session trimestrielle de 2026, le Conseil de Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur à 2,25 %. La Banque centrale privilégie la prudence face aux incertitudes internationales, tout en anticipant une inflation modérée et une consolidation de l’activité non agricole.

La prudence monétaire reste de mise

Bank Al-Maghrib conserve le cap. À l’issue de sa réunion du 22 septembre, son Conseil a jugé approprié de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25 %. Cette décision prolonge le statu quo monétaire dans un environnement où les signaux internes restent globalement maîtrisés, mais où les risques extérieurs demeurent élevés.

La Banque centrale motive son choix par trois éléments : la forte incertitude qui pèse sur les perspectives économiques, l’évolution attendue de l’inflation à des niveaux modérés à moyen terme et la consolidation prévue de la dynamique de l’activité économique non agricole. Elle continuera de suivre étroitement la conjoncture nationale et internationale et de prendre ses décisions réunion par réunion, sur la base des données les plus récentes.

Le contexte mondial reste en effet tendu. La recrudescence des hostilités au Moyen-Orient et l’enlisement du conflit russo-ukrainien accentuent les perturbations des chaînes de production et d’approvisionnement. Les produits énergétiques et alimentaires, ainsi que plusieurs intrants essentiels, figurent parmi les plus exposés à ces tensions, ce qui entretient une visibilité réduite sur l’évolution des prix et de l’activité.

Une inflation toujours contenue

Sur le front des prix, Bank Al-Maghrib prévoit une inflation moyenne de 0,7 % en 2026, avant une remontée à 1,5 % en 2027. Ces niveaux restent compatibles avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme et n’appellent, à ce stade, ni un resserrement ni un nouvel assouplissement immédiat de la politique monétaire.

Cette modération intervient malgré le renchérissement des produits énergétiques sur les marchés internationaux. Les effets de cette hausse sont toutefois amortis sur le marché intérieur par les mesures de soutien au transport routier et par le maintien des prix du gaz butane et de l’électricité. Le recul de certains produits alimentaires, notamment l’huile d’olive, contribue également à contenir l’indice général des prix.

La croissance ralentirait en 2027

La croissance de l’économie nationale devrait s’établir à 4,4 % en 2026, avant de ralentir à 2,9 % en 2027. Cette évolution traduit à la fois la poursuite de la dynamique non agricole et l’effet de variations attendues dans les activités agricoles. La Banque centrale retient ainsi le scénario d’une activité encore solide cette année, puis d’un rythme moins soutenu l’année suivante.

Le maintien du taux directeur à 2,25 % vise, dans ce cadre, à préserver un équilibre entre le soutien à l’activité et la maîtrise des risques inflationnistes. Il permet également à Bank Al-Maghrib de conserver une marge de manœuvre dans un environnement international instable, sans modifier précipitamment les conditions de financement de l’économie.

Commerce extérieur et réserves sous surveillance

Les projections font apparaître des évolutions contrastées du commerce extérieur. Les exportations du secteur automobile reprendraient graduellement pour atteindre 202,2 milliards de dirhams en 2027. Les ventes de phosphates et dérivés progresseraient de 9,7 % en 2026, soutenues notamment par l’envolée des cours des engrais, puis de 12,1 % en 2027 pour s’établir à 122,6 milliards de dirhams.

Dans le même temps, la facture énergétique s’alourdirait de 28,4 % en 2026, à 138,1 milliards de dirhams, avant de revenir à 116 milliards en 2027. Les acquisitions de biens d’équipement augmenteraient de 15,6 % cette année, puis de 8,8 % en 2027, pour avoisiner 250,7 milliards de dirhams. L’alourdissement de la facture énergétique contribuerait à porter le déficit du compte courant à 4,6 % du produit intérieur brut.

Les avoirs officiels de réserve continueraient néanmoins de se renforcer. Ils atteindraient 502,8 milliards de dirhams à fin 2026, puis 515,3 milliards à fin 2027, assurant l’équivalent de cinq mois et demi d’importations de biens et services. Après une appréciation de 2 % en 2025, le taux de change effectif réel se déprécierait de 4,1 % en 2026 et de 2 % en 2027.

Enfin, le déficit budgétaire, hors produits de cession des participations de l’État, devrait s’atténuer à 3,4 % du PIB en 2026, avant de s’établir à 3,5 % en 2027. Dans cet ensemble de prévisions, le statu quo monétaire apparaît comme un choix d’attente vigilante, dicté par une inflation contenue, une activité encore résistante et des risques extérieurs persistants.