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Percées des droites radicales et extrêmes en Europe
Les co-présidents du parti d'extrême droite « Alternative pour l'Allemagne » (AfD), Alice Weidel et Tino Chrupalla, discutent lors d'une conférence de presse organisée le lendemain des élections régionales à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie occidentale, à Berlin, le 21 septembre 2026. (Photo : Ralf Hirschberger / AFP)
De l’Allemagne à l’Italie, en passant par l’Espagne, le Portugal, la France ou la Finlande, les droites radicales, nationalistes et d’extrême droite ont consolidé leur présence électorale et, dans plusieurs pays, leur accès au pouvoir. Mais cette progression reste contrastée, entre percées spectaculaires, participations gouvernementales, revers électoraux et maintien de cordons sanitaires.
Après les scores du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) dimanche dans deux élections régionales, tour d'horizon des percées des droites radicales, nationalistes ou extrêmes en Europe ces dernières années.
Nombreuses percées
. En Allemagne, l'AfD est devenu aux législatives de février 2025 le premier parti d'opposition, arrivant deuxième derrière les conservateurs du chancelier Friedrich Merz, avec 20,8% des suffrages.
Après avoir remporté le 6 septembre une victoire historique aux élections régionales de Saxe-Anhalt (est), cette formation antimigrants et prorusse est arrivée en tête dimanche au scrutin régional au Mecklembourg-Poméranie occidentale (nord-est), même si une alliance de la gauche semble mieux placée pour former l'exécutif régional. L'AfD a fortement progressé dans la cité-Etat de Berlin, devancée cependant par le parti de gauche radicale Die Linke.
. Au Portugal, la formation d'extrême droite Chega ("Assez") a dépassé pour la première fois les 20% aux législatives de mai 2025. La coalition gouvernementale minoritaire de droite a passé des accords ponctuels avec Chega pour voter certaines lois comme sur la nationalité ou la naturalisation.
Mais huit mois plus tard, le président de Chega, le populiste André Ventura a été battu au second tour de la présidentielle par le socialiste modéré Antonio José Seguro.
. En Pologne, les législatives de fin 2023 avaient mis fin à huit ans de gouvernement du parti populiste nationaliste Droit et Justice (PiS). Mais le gouvernement pro-européen de Donald Tusk a subi en juin 2025 un revers avec l'élection à la présidence du nationaliste Karol Nawrocki, soutenu par le PiS, désormais principal parti d'opposition, obligeant l'exécutif à une cohabitation parfois difficile.
. En Roumanie, George Simion, candidat souverainiste et fervent admirateur du président américain Donald Trump, est arrivé second à la présidentielle de mai 2025, derrière le centriste pro-européen Nicusor Dan.
. En Belgique, le parti d'extrême droite Vlaams Belang (VB) a progressé aux législatives de juin 2024 au Parlement flamand comme au niveau fédéral. VB constitue le principal groupe d'opposition dans ces deux assemblées.
. Au Royaume-Uni, aux élections générales de juillet 2024, remportées par les travaillistes, le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, a rassemblé 14% des voix et obtenu ses cinq premiers députés. En août 2026, M. Farage a été largement réélu député.
. En Espagne, le parti d'extrême droite Vox a reculé aux législatives de juillet 2023. Mais, fort de percées régionales, il s'est allié avec la droite (PP) pour co-diriger plusieurs régions, actuellement Castille-et-Léon (centre-nord) et Andalousie (sud).
Toujours au pouvoir en Italie, défait en Hongrie
. En Italie, Giorgia Meloni - dont le parti post-fasciste Fratelli d'Italia a remporté une victoire historique aux législatives de 2022 - dirige le gouvernement depuis cette année-là, en coalition avec un autre parti d'extrême droite, la Ligue de Matteo Salvini, et le parti conservateur Forza Italia. Elle a toutefois enregistré un cuisant revers en mars 2026 avec l'échec de son référendum sur la justice.
. En Hongrie, le souverainiste et ultra-conservateur Viktor Orban a dirigé le pays de 2010 jusqu'à la défaite de son parti Fidesz, aux législatives d'avril 2026.
En coalition en Tchéquie, Slovaquie et Finlande
. En République tchèque, le parti d'extrême droite SPD participe depuis décembre 2025 à la coalition gouvernementale du souverainiste Andrej Babis. Le leader du SPD Tomio Okamura préside même depuis novembre 2025 le parlement tchèque.
. En Slovaquie, le Premier ministre nationaliste Robert Fico avec son parti Smer-SD est revenu au pouvoir en octobre 2023 : proche du Kremlin, il gouverne avec le parti d'extrême droite SNS.
. En Finlande, le Parti des Finlandais, formation d'extrême droite arrivée deuxième aux législatives d'avril 2023, participe à la coalition au pouvoir, formée par le conservateur Petteri Orpo.
Autres progrès électoraux
. Aux Pays-Bas, le chef de file de l'extrême droite, Geert Wilders, a perdu, avec son parti PVV, les législatives de novembre 2025, lors d'un scrutin serré remporté par le jeune centriste Rob Jetten. Mais deux autres formations d'extrême-droite, Le Forum pour la démocratie et JA21, ont augmenté fortement leur score durant ces élections, permettant au total à la mouvance de rester stable.
. En Autriche, le parti de la Liberté (FPÖ), fondé par d'anciens nazis, est arrivé en tête aux législatives de septembre 2024, sans trouver de partenaires pour former un gouvernement.
. En Suisse, les élections d'octobre 2023 ont permis de consolider la droite radicale et nationaliste de l'Union démocratique du centre (UDC) comme première formation au sein du Conseil national (chambre basse).
. En France, un front républicain constitué pour les législatives de l'été 2024 a empêché l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national (RN), pourtant devenu premier parti à l'Assemblée nationale en nombre de députés. Sa cheffe de file, Marine Le Pen, est favorite pour la présidentielle du printemps 2027, selon les sondages actuels.
Recul en Suède
. Les législatives du 13 septembre 2026 ont abouti au recul surprise du parti d'extrême droite Démocrates de Suède (DS), pour la première fois depuis leur entrée au Parlement en 2010. La formation a été reléguée à la troisième place.