Elections : Meta critiqué par son conseil de surveillance pour des "défaillances récurrentes" de modération

Elections : Meta critiqué par son conseil de surveillance pour des "défaillances récurrentes" de modération

Des partisans du président brésilien et candidat à la présidence Luiz Inácio Lula da Silva brandissent des masques représentant Mark Zuckerberg, PDG de Meta, affublé de cornes rouges, lors d'une manifestation devant le siège de Meta à São Paulo, au Brésil, le 19 octobre 2026, pour dénoncer l'ingérence présumée des géants de la technologie dans les élections brésiliennes. (Photo de Nelson Almeida / AFP)

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À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis et du second tour de la présidentielle au Brésil, Meta se retrouve au cœur de controverses sur la modération des contenus politiques. Son propre conseil de surveillance dénonce des « défaillances récurrentes » susceptibles de porter atteinte à la liberté d’expression et à l’intégrité des processus électoraux. Entre accusations de traitement discriminatoire, suppressions de comptes et erreurs techniques reconnues par le groupe, la question de la transparence des algorithmes s’impose dans le débat sur le rôle des plateformes numériques en période électorale.


Le conseil de surveillance de Meta, maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, a affirmé mardi avoir observé des "défaillances récurrentes" dans la modération du groupe sur les contenus en lien avec les élections américaines de mi-mandat et la présidentielle brésilienne.

"Depuis la suppression de comptes de militants politiques lors de manifestations aux États-Unis, avant les élections de mi-mandat, jusqu'aux restrictions techniques qui ont touché les comptes d'un candidat à la présidentielle au Brésil, entraînant des accusations d'ingérence électorale, il est clair que Meta doit en faire davantage pour garantir que ses pratiques de modération pendant les élections soient transparentes et cohérentes", a déclaré dans un communiqué le conseil de surveillance. L'organe est financé par Meta qui est obligé de suivre ses décisions mais pas ses recommandations.

La veille, la justice brésilienne avait donné 24 heures au groupe américain pour prouver qu'il réservait un traitement égalitaire sur ses réseaux aux campagnes du président sortant Luiz Inácio Lula da Silva et de son adversaire conservateur Flávio Bolsonaro.

Le second tour de l'élection présidentielle, dimanche, doit départager les deux candidats actuellement à égalité dans les sondages.

Mais le président de gauche Lula a accusé Meta de restreindre la circulation de ses contenus sur Instagram et WhatsApp.

Meta a nié tout parti pris dans les élections. L'entreprise a reconnu la désactivation par erreur d'annonces de campagne de Lula, l'attribuant à des "incidents" techniques qui n'affectent pas seulement le Brésil.

Lundi, le groupe américain s'est excusé, par la voix de son porte-parole Andy Stone sur X, dans le cadre d'une autre controverse dans lequel il est pris aux Etats-Unis.

Meta y est critiqué pour avoir temporairement désactivé samedi un compte Instagram baptisé "No Kings", du nom d'une coalition d'associations appelant les citoyens américains au vote lors des élections de mi-mandat début novembre.

"Nous vous présentons nos excuses les plus sincères", a écrit le porte-parole de Meta, évoquant une "action automatisée (...) effectuée par erreur" par les algorithmes de modération de la plateforme.

"Nous avons à plusieurs reprises averti que, pendant les élections et les périodes de forte tension politique, les défaillances de modération de contenu de Meta se manifestent souvent de deux façons : une sur-application des règles qui réprime la parole politique, et une sous-application qui sape l'intégrité du processus électoral", a de son côté souligné le conseil de surveillance de Meta.

Cet organe a également réitéré un appel à ce que le groupe adapte ses systèmes de modération aux contextes électoraux. (AFP)