Sénégal : grève générale de deux jours à la veille Jeux olympiques de la jeunesse

Sénégal : grève générale de deux jours à la veille Jeux olympiques de la jeunesse

(Photo archive) - Les revendications portent notamment sur la revalorisation des pensions et le relèvement de l’âge de départ obligatoire à la retraite, de 60 à 65 ans. Les syndicats demandent également le paiement de primes ainsi que la généralisation effective de l’indemnité de logement à 100.000 francs CFA, soit environ 153 euros.

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Treize syndicats sénégalais annoncent une marche mardi 20 octobre à Dakar, puis une grève générale de trois jours, du 21 au 23 octobre. Le gouvernement appelle au dialogue et demande une suspension des mouvements sociaux, dans un contexte financier difficile, à l’approche du premier rendez-vous olympique organisé en Afrique.

À onze jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), le Sénégal fait face à une mobilisation syndicale touchant plusieurs secteurs essentiels. Réunis au sein du Front syndical pour la défense du travail (FSDT), des syndicats de l’éducation, de la santé, de l’enseignement supérieur et de l’électricité réclament l’application des engagements pris par les pouvoirs publics.

Selon Elimane Diouf, l’un des responsables du collectif, le programme prévoit une marche dans la capitale, suivie de 72 heures de grève générale. Les appels gouvernementaux à privilégier la concertation n’ont, à ce stade, pas conduit le Front à renoncer à cette mobilisation.

Des engagements sociaux au cœur du conflit

Les revendications portent notamment sur la revalorisation des pensions et le relèvement de l’âge de départ obligatoire à la retraite, de 60 à 65 ans. Les syndicats demandent également le paiement de primes ainsi que la généralisation effective de l’indemnité de logement à 100.000 francs CFA, soit environ 153 euros.

Ils invoquent le respect des accords sociaux, notamment ceux conclus dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale, signé le 1er mai 2025 par le gouvernement, les organisations patronales et les centrales syndicales.

Face à ces demandes, l’exécutif défend un règlement progressif, tenant compte des ressources disponibles. Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, a assuré que les engagements de l’État seraient respectés au fur et à mesure « du rétablissement de nos moyens » financiers.

Le gouvernement cherche à maintenir le dialogue

Lundi soir, plusieurs membres du gouvernement ont tenu une conférence de presse consacrée aux tensions sociales. Le ministre de la Fonction publique et du Travail, Mamadou Lamine Dianté, a demandé au FSDT de suspendre son mouvement.

« Nous sommes encore loin du point de rupture et le gouvernement est disposé à dialoguer et à trouver des solutions aux préoccupations du monde du travail », a-t-il déclaré.

Jeudi précédent, lors d’une réunion du Comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale, le Premier ministre avait sollicité un moratoire de trois mois sur les grèves.

Selon l’Agence de presse sénégalaise, il a proposé un examen des revendications par les autorités compétentes, puis une éventuelle saisine de la Primature et de la présidence pour les dossiers non résolus. Il a aussi annoncé des concertations sectorielles renforcées, une révision concertée de la feuille de route du dialogue social et l’installation de comités dans les ministères avant fin décembre.

Des finances contraintes, un rendez-vous international proche

Cette confrontation intervient alors que le pays cherche à assainir ses finances publiques. La dette atteignait 132 % du produit intérieur brut à la fin de 2024, une partie ayant été dissimulée sous l’ancien gouvernement du président Macky Sall.

Le Sénégal a conclu, le 1er septembre, un accord de financement avec le Fonds monétaire international pour un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois.

À ces contraintes s’ajoute l’échéance des JOJ, prévus du 31 octobre au 13 novembre. Quelque 2.700 athlètes sont attendus pour cette quatrième édition, premier événement sportif olympique accueilli sur le continent africain.

Le gouvernement met en garde contre les conséquences d’une grève générale pour les travailleurs et la population. Les syndicats maintiennent leurs exigences d’application des accords, laissant ouvertes les discussions sur les réponses concrètes que les autorités pourront apporter avant le déclenchement annoncé du mouvement.