Actu
Lutte contre la corruption : le secteur financier marocain renforce ses dispositifs de prévention
Les institutions partenaires de la Convention anticorruption : l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS)
Réunies mardi à Rabat, quatre institutions partenaires de la Convention anticorruption ont dressé le bilan de leurs actions pour 2025-2026 et adopté une nouvelle feuille de route pour 2027-2028, axée sur la formation, la maîtrise des risques et l’élargissement des partenariats. Le compte rendu de bilan ne donne aucune idée sur des opérations de corruption spécifiques jugulées ou prévenues au cours de l’année cette année, ni d’ailleurs sur la mesure des effets de ce travail qui se limite à la prévention et à la sensibilisation.
Une coopération institutionnelle consolidée
L’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) ont tenu leur sixième réunion annuelle de haut niveau consacrée au suivi de leur coopération.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la Convention de coopération dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la corruption dans le secteur financier (CASF), signée en novembre 2019.
Selon un communiqué conjoint, les travaux ont permis d’évaluer les réalisations enregistrées durant la période 2025-2026, tout en examinant les évolutions nationales et internationales en matière d’intégrité et de prévention de la corruption.
Les quatre institutions ont également approuvé les orientations de leur action commune pour les deux prochaines années.
Plus de 900 agents formés et sensibilisés
Le bilan 2025-2026 fait ressortir plusieurs initiatives destinées à renforcer les compétences des acteurs du secteur financier et à promouvoir les pratiques d’intégrité.
Des sessions ciblées de formation et de sensibilisation ont ainsi bénéficié à plus de 900 agents des institutions signataires. Le partenariat avec la Fondation marocaine pour l’éducation financière (FMEF) a également été renforcé afin d’intégrer davantage les questions de probité et de prévention de la corruption dans la formation de ses intervenants.
Cette dynamique s’est accompagnée d’un élargissement du partage d’expériences. La quatrième édition du Forum des organismes certifiés ISO 37001 a rassemblé plus de 70 responsables et cadres représentant 40 organismes des secteurs financier et non financier.
La participation croissante d’organismes extérieurs au secteur financier témoigne de la diffusion progressive de cette démarche vers d’autres activités économiques.
Les quatre institutions ont, parallèlement, pris part à plusieurs rencontres nationales et internationales consacrées à la promotion de l’intégrité et aux dispositifs anticorruption.
La maîtrise des risques au cœur des priorités
Au-delà de la sensibilisation, les trois autorités financières ont poursuivi, en coordination avec l’INPPLC, leurs travaux d’évaluation et de régulation des risques de corruption dans le système financier.
La feuille de route 2027-2028 entend approfondir cette approche, notamment à travers la mise en œuvre des plans d’action découlant des cartographies des risques établies dans le secteur.
Elle prévoit également l’élaboration de guides pratiques, la poursuite des programmes de formation et le développement d’initiatives favorisant une culture d’intégrité au sein des institutions concernées.
Une ouverture accrue sur les milieux académiques et internationaux
Le nouveau programme accorde une importance particulière au développement des partenariats avec le monde universitaire et au renforcement de la coopération avec les institutions homologues étrangères.
Autre objectif annoncé : l’obtention, en 2027, par l’INPPLC de la certification internationale ISO 37001, relative aux systèmes de management anticorruption.
À l’issue de leur réunion, les quatre institutions ont réaffirmé leur engagement à approfondir leur coopération et à contribuer aux efforts nationaux de prévention de la corruption.
Elles entendent notamment poursuivre les échanges de bonnes pratiques et développer des initiatives conjointes susceptibles de servir de référence à d’autres secteurs.