Culture
"Pas une terroriste": près de 160 personnalités apportent leur soutien à l’écrivaine pro-palestinienne Sally Rooney
La célèbre romancière irlandaise Sally Rooney. Considérée comme l'une des voix littéraires majeures de sa génération, elle a vu ces livres interdits de vente au Royaume Uni pour son soutien au mouvement Palestine Action
Près de 160 écrivains, artistes et personnalités du cinéma, parmi lesquels Annie Ernaux, Prix Nobel de littérature en 2022, l’acteur irlandais, Paul Mescal et Tilda Swinton, actrice et productrice britannique, icone du cinéma indépendant et d’avant-garde. Parmi les signataires, on retrouve également Anne Carson, dernière lauréate du prix Nobel. Ils se mobilisent en faveur de la romancière irlandaise Sally Rooney, dont les livres ne sont plus distribués au Royaume-Uni en raison de son soutien à Palestine Action, organisation interdite par les autorités britanniques. Dans une lettre ouverte, les signataires dénoncent une censure et une législation antiterroriste attentatoire à la liberté d’expression, sur fond de contestation croissante de l’interdiction du mouvement propalestinien.
Londres, Royaume-Uni - Près de 160 personnalités du monde de la culture, dont Annie Ernaux, Paul Mescal et Julian Barnes, ont dénoncé mercredi la fin de la distribution des livres de l'écrivaine irlandaise Sally Rooney au Royaume-Uni, liée à son soutien au groupe proscrit Palestine Action.
"Sally Rooney est une écrivaine, pas une terroriste", écrivent les signataires dans une courte lettre ouverte publiée sur le site de la revue britannique The New Statesman.
Parmi eux figurent de grands noms de la littérature mondiale, tels que la poétesse canadienne Anne Carson, dernière lauréate du prix Nobel, la Française Annie Ernaux, le Britannique Julian Barnes, l'Indienne Arundhati Roy et l'Irlandais Colm Tóibín.
La tribune rassemble également plusieurs visages du cinéma et de la télévision, à commencer par Paul Mescal et Daisy Edgar-Jones, révélés par l'adaptation du bestseller de Sally Rooney, "Normal People", l'actrice Tilda Swinton ainsi que le réalisateur britannique Jonathan Glazer ("La Zone d'intérêt").
Ces personnalités réagissent à l'annonce la semaine dernière de l'arrêt de la vente des ouvrages de Sally Rooney au Royaume-Uni, conséquence de son soutien au groupe interdit Palestine Action.
Palestine Action a été classée organisation "terroriste" au Royaume-Uni en juillet 2025 par le gouvernement travailliste, à la suite d'actes de vandalisme perpétrés sur une base de l'armée de l'air servant. Dès lors, tout soutien financier ou matériel au mouvement est prohibé.
Le groupe de militants pro-palestiniens a ‘’attaqué’’ la base militaire britannique de la RAF Brize Norton en juin 2025 pour dénoncer et d'interrompre la complicité directe du gouvernement britannique dans la guerre à Gaza. Selon les déclarations de l'organisation cette base servait aux vols à destination d'Israël, les militants affirmant que des avions partaient quotidiennement de cette base vers celle de la RAF Akrotiri à Chypre, un carrefour qu'ils accusaient de servir aux missions de surveillance et aux transferts d'armes pour l'armée israélienne
Or l'autrice avait annoncé en août 2025, dans une tribune publiée par The Irish Times, son intention de reverser une partie de ses droits d'auteur, y compris les redevances issues des adaptations télévisées de ses romans, à l'organisation propalestinienne.
Dans leur texte, les signataires dénoncent une mesure "fondée sur une législation antiterroriste mal conçue et draconienne" qui constitue selon eux "une atteinte aux principes fondamentaux de la liberté d'expression, si longtemps tenus pour acquis dans ce pays".
"Nous rejetons catégoriquement la censure, qu'elle soit directe ou indirecte", écrivent-ils encore, appelant le gouvernement du travailliste Andy Burnham à "changer de cap, en modifiant la législation qui nous a conduits à ce point d'absurdité répressive".
Depuis l'interdiction de Palestine Action, plus de 3.700 personnes ont été interpellées lors de manifestations de soutien, selon le collectif Defend Our Juries.
La cofondatrice de Palestine Action, Huda Ammori, s'est lancée dans un bras de fer judiciaire avec le gouvernement pour faire annuler l'interdiction. Une audience est prévue début novembre devant la Cour suprême britannique. (Quid avec AFP)