Culture
À Fès la poésie mystique ouvre les chemins de la guérison
Fès, ville de savoir, de transmission et de spiritualité façonnée par les échanges, incarne cette connaissance qui associe intelligence, éthique et transformation intérieure
Du 17 au 24 octobre 2026, la 18e édition du Festival de Fès de la Culture Soufie et des Sagesses du Monde explore la guérison par la poésie mystique. Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, elle réunira concerts, rituels, tables rondes, expositions et ateliers autour du dialogue entre traditions spirituelles.
Retrouver une unité intérieure
La guérison évoquée dans l’éditorial de Faouzi Skali, président du Festival, est intérieure, peut-être aussi civilisationnelle. Elle consiste à renouer l’être avec lui-même, l’intelligence avec le cœur, la culture avec sa profondeur spirituelle et les traditions entre elles. Les voix mystiques rappellent que l’humain dépasse ses appartenances, ses intérêts et ses affrontements. Leur poésie traverse les différences pour faire se rencontrer singularité et universalité.
Ce dialogue ne suppose ni d’effacer les frontières ni de confondre les traditions : approfondir la sienne permet de reconnaître celle de l’autre. Le patrimoine spirituel devient ainsi une ressource vivante pour penser notre humanité. Musique, poésie, arts et expérience intérieure expriment ce que les concepts seuls ne peuvent saisir.
Fès, ville de savoir, de transmission et de spiritualité façonnée par les échanges, incarne cette connaissance qui associe intelligence, éthique et transformation intérieure. La poésie mystique propose une manière plus profonde d’habiter le monde : retrouver, malgré ses souffrances, un regard capable d’émerveillement, d’espoir et d’action.
Des voix réunies au-delà des frontières
Le 17 octobre, l’ouverture aura lieu à 16 h, salle de la préfecture de la médina, avec une conférence inaugurale et un hommage au poète et écrivain Kaïsse Ben Yahia. À 20 h, Bab El Makina accueillera les chants et la Hadra arabo-andalous d’El-Harraq, « Chemins de l’amour spirituel », par l’ensemble vocal Harraqi dirigé par Youssef El Houssaini, avec Nabyla Maan et Vicente Muñoz Gelo.
Le 18 octobre, à 10 h, l’École des Métiers d’Art Shems’y accueillera « Poésie mystique : une ode à l’invisible ». Au Souq Semmarine, l’exposition-installation d’Odile Guinand, « Il était une fois un Souk : traversée intemporelle », ouvrira à 15 h. À 16 h, Tristan Driessens – Luthopia et Arianna Savall, au chant et à la harpe, proposeront une création inspirée d’Hildegard von Bingen, mystique du XIIe siècle. À 20 h 30, Shuaib Aftab Qawwal fera entendre le chant soufi du Pakistan à Bab El Makina, en hommage à Mohammed Iqbal.
Le 19 octobre débutera à 9 h par le Chanoyu, cérémonie japonaise du thé avec Maître Miyuki. Une table ronde examinera les rituels d’intermédiation avec les invisibles dans le soufisme populaire et les récits qui soignent. Le rituel des Hmadcha sera présenté à 16 h au jardin botanique Jnan Sbil.
Beauté et expérience sensible
Le 20 octobre, à 10 h, Jnan Sbil accueillera un atelier de dhikr, invocations et méditation accompagnées musicalement par Enris Qinami, puis la table ronde « La beauté peut-elle sauver le monde ? ». Au Centre les Étoiles suivront, à 15 h, « Les Constructeurs de l’Alhambra » d’Isabel Fernandes ; à 17 h, « Ibn al-Khatib et la Cité de l’amour », avec Françoise Atlan et Kamal Hafid à la guitare ; à 18 h, l’exposition de Marie Pourchot, « Murmures de maisons - Du chant des oiseaux aux couleurs des seddaris ».
Le 21 octobre, le Centre les Étoiles recevra à 10 h la rencontre « Dimension sensible de l’expérience religieuse ». À 16 h, Ustad Wasifuddin Dagar interprétera à Jnan Sbil « Le souffle de l’éternité », chant ancestral dhrupad de l’Inde du Nord.
Le 22 octobre, à Jnan Sbil, l’atelier de dhikr d’Enris Qinami reprendra à 10 h, avec une table ronde sur le Mathnawi de Rûmi et sa quête de guérison. À 16 h, Leili Anvar et Claire Antonini donneront le concert-récital « Bach et Rumi ». Najoua Ajjour et Mathieu Beley animeront un atelier de parfum, « Les jardins intérieurs, quand la poésie respire ».
Les traditions soufies au cœur des soirées
À Bab El Makina, les soirées de samaa commenceront à 20 h 30 : Tariqa Qadiriya Boutchichiya le 19 octobre, Charqawiya le 20, Ouazzaniya puis Rissouniya le 21, Sqalliya le 22.
Le 23 octobre, à 10 h, Shems’y accueillera « L’épreuve transfigurée dans les grands textes sacrés ». À 16 h, les chants spirituels de Daoud Konaté, de Côte d’Ivoire, et d’Enris Qinami, d’Albanie, résonneront à Jnan Sbil. À 20 h 30, Bab El Makina présentera « Voyage d’Orient vers l’Occident », création artistique, poétique et musicale avec Marouane Hajji.
Le 24 octobre, à 10 h, le Riad Shéhérazade accueillera « Poésie et guérison, la voie thérapeutique de Sami-Ali ». La synthèse des tables rondes suivra à 16 h, salle de la préfecture de la médina. À 20 h 30, « Ivresses » clôturera le Festival à Bab El Makina : samaa arabo-andalou et Derviches d’Alep réuniront Wasim Arslan, Anas Al Attar et Noureddine Tahiri autour des Khamriyat.
Sont également annoncés parmi les intervenants : Youssouf Amine Alami, Driss Alaoui M’Daghri, Ilyas Amharar, Michael Barry, Amine Benjelloun, Ikram Bennani, Sylvie Cady, Frédéric Calmès, Juan Carlos Cavero, Esin Çelebi Bayru, Edwin Courtney, Maimouna Diallo, Fettouma Djerrari Benabdenbi, Jason Elliot, Jean Patrick Fanga, Driss Fassi Fihri, Eric Geoffroy, Mohamed Ghalmi, Mohamed Ghani, Roderick Grierson, Denis Gril, Marie Miran Guyon, Abderrahim Hafidi, Sheikh Ayman Hamdy, Thami Harraq, Touria Ikbal, Jaafar Kansoussi, Bariza Khiari, Setsuko Klossowska de Rola, Fatma Azra Kumcuoğlu, Reem Laghari, Souada Maoulainine, Farid Merini, Rachid Moumni, Sabah Rahmani, Olivier Ralet, Yasmina Sbihi, Meriem Sebti, Salamatou Sow, Othman Sqalli et Brahim Tidjani.
Le programme, consultable sur www.festivalculturesoufie.com, peut être modifié.