Pour plus de trois ménages sur quatre, le quotidien s’est dégradé, les budgets restent sous pression

Pour plus de trois ménages sur quatre, le quotidien s’est dégradé, les budgets restent sous pression

Pour plus de trois ménages sur quatre, le quotidien s’est dégradé. Au troisième trimestre, 76,3 % déclarent une baisse de leur niveau de vie au cours des douze derniers mois

1
Partager :

La confiance des ménages marocains recule légèrement au troisième trimestre 2026, tout en restant supérieure à son niveau de l’année précédente. Selon l’enquête du Haut-Commissariat au Plan, les inquiétudes concernant le chômage, les prix alimentaires et la capacité à épargner persistent. Malgré quelques améliorations, les perceptions restent largement défavorables.

L’embellie du début d’année perd de son élan. Après avoir atteint 64,4 points au premier trimestre 2026, puis 60,1 points au deuxième, l’Indice de confiance des ménages (ICM) s’établit à 59,2 points au troisième trimestre. Le recul est limité sur trois mois : 0,9 point. Sur un an, en revanche, l’indicateur progresse de 5,6 points par rapport aux 53,6 points enregistrés au troisième trimestre 2025.

Cette évolution dessine un paysage contrasté. Les ménages portent un regard moins sombre qu’un an auparavant sur plusieurs aspects de leur quotidien, mais cette amélioration ne suffit pas à installer une confiance durable. Leurs réponses traduisent une situation financière tendue et des anticipations encore marquées par la prudence.

Le niveau de vie, première source de morosité

Pour plus de trois ménages sur quatre, le quotidien s’est dégradé. Au troisième trimestre, 76,3 % déclarent une baisse de leur niveau de vie au cours des douze derniers mois. À l’inverse, seuls 5,2 % constatent une amélioration, tandis que 18,5 % ne relèvent aucun changement.

Le solde d’opinion correspondant demeure profondément négatif, à −71,1 points. Il se redresse néanmoins par rapport au trimestre précédent, où il atteignait −73,1 points, et au troisième trimestre 2025, où il s’établissait à −72,9 points. Le jugement porté sur l’année écoulée s’améliore donc légèrement, sans modifier la tonalité générale des réponses.

L’horizon reste également chargé. Pour les douze prochains mois, 51,7 % des ménages anticipent une nouvelle dégradation de leur niveau de vie, contre 8,7 % qui espèrent une amélioration. Les autres, soit 39,6 %, misent sur la stabilité. À −43 points, le solde se détériore par rapport aux −41,7 points du trimestre précédent, tout en restant meilleur que les −44,3 points enregistrés un an auparavant.

L’emploi inquiète, les gros achats attendent

Les perspectives du marché du travail contribuent à ce climat. Une hausse du chômage au cours des douze prochains mois est attendue par 61,3 % des ménages, contre 17,3 % qui envisagent une baisse.

Le solde d’opinion ressort à −44 points, après −38,8 points au deuxième trimestre. Cette dégradation trimestrielle marque un regain d’inquiétude. La comparaison annuelle est toutefois plus favorable : au troisième trimestre 2025, ce même solde atteignait −56,4 points.

Dans ce contexte, les achats de biens durables restent accueillis avec réserve. Pour 63,8 % des ménages, le moment n’est pas opportun pour engager de telles dépenses, contre 14,5 % qui jugent la conjoncture favorable.

Sur ce terrain, l’évolution est néanmoins positive dans les deux comparaisons. Le solde passe à −49,3 points, contre −50,6 points trois mois auparavant et −57,7 points un an plus tôt. La réticence demeure majoritaire, mais elle s’atténue. Cette progression mesure une appréciation du moment choisi pour acheter, sans renseigner directement sur les dépenses effectivement réalisées.

Des revenus qui laissent peu de marge

L’équilibre des comptes domestiques reste fragile. Si 58,2 % des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 39 % déclarent devoir s’endetter ou puiser dans leur épargne. Seuls 2,8 % affirment mettre de côté une partie de leurs revenus.

Le solde relatif à la situation financière actuelle varie à peine : −36,2 points, contre −36,1 points au trimestre précédent et −36,4 points un an auparavant. Derrière cette quasi-stabilité, près de quatre ménages sur dix continuent donc de recourir à leurs réserves ou à l’endettement.

Le regard sur les douze derniers mois se dégrade également sur un trimestre. Une détérioration de leur situation financière est rapportée par 44,9 % des ménages, contre 4,7 % qui constatent une amélioration. Le solde atteint −40,2 points, après −38,9 points au trimestre précédent. Il demeure toutefois supérieur aux −46,8 points observés au troisième trimestre 2025.

Pour l’année à venir, la stabilité domine : 65,1 % des ménages ne prévoient aucun changement, 16,5 % anticipent une amélioration et 18,4 % une dégradation. Le solde repasse ainsi en territoire négatif, à −1,9 point, après 0,1 point au trimestre précédent, mais reste mieux orienté qu’un an auparavant, à −10 points.

L’épargne s’éloigne, les prix alimentaires pèsent

C’est sur la capacité future à épargner que le tableau s’assombrit le plus nettement. Seuls 7,5 % des ménages pensent pouvoir constituer une épargne durant les douze prochains mois. À l’opposé, 92,5 % ne s’en estiment pas capables.

Le solde tombe à −85 points, contre −80,9 points au trimestre précédent et −80,8 points un an auparavant. Cet indicateur se détériore donc à la fois sur trois mois et sur un an.

Les prix alimentaires occupent toujours une place centrale dans les perceptions. Leur augmentation au cours des douze derniers mois est ressentie par 95,9 % des ménages, tandis que 0,4 % seulement évoquent une diminution. À −95,5 points, le solde s’améliore par rapport aux −97 points du trimestre précédent, mais retrouve exactement son niveau du troisième trimestre 2025.

La perspective d’un apaisement reste minoritaire. Pour les douze prochains mois, 77,9 % des ménages anticipent une hausse des prix alimentaires, 21,1 % une stabilité et 1 % une baisse. Le solde atteint −76,9 points, contre −75,2 points trois mois auparavant et −81,4 points un an plus tôt.

Un baromètre des perceptions

L’enquête du HCP mesure des appréciations et des attentes. Ses soldes d’opinion expriment l’écart entre réponses favorables et défavorables ; leur évolution permet de suivre les changements de perception.

L’ICM rassemble sept indicateurs portant sur le niveau de vie, le chômage, les achats de biens durables et la situation financière. Leur moyenne arithmétique, augmentée de 100, donne un indice compris entre zéro et 200.

Au troisième trimestre 2026, ce baromètre montre une amélioration annuelle encore fragile. Le recul observé depuis le début de l’année, les difficultés à épargner et les craintes persistantes sur l’alimentation maintiennent la confiance sous pression.

lire aussi