Industrie et construction : les entreprises marocaines entre reprise attendue et tensions persistantes

Industrie et construction : les entreprises marocaines entre reprise attendue et tensions persistantes

Pour le troisième trimestre 2026, les chefs d’entreprise anticipent une augmentation de l’activité. Celle-ci résulterait de la progression attendue dans la construction de bâtiments et les travaux de construction spécialisés, alors que le génie civil devrait connaître une stagnation.

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Les entreprises marocaines abordent le troisième trimestre 2026 avec des anticipations globalement favorables. Selon le Haut-Commissariat au Plan, les industriels prévoient une hausse de la production manufacturière, extractive et énergétique, tandis que les patrons de la construction s’attendent à une amélioration de l’activité et de l’emploi. Ces perspectives restent toutefois contrastées selon les branches et interviennent dans un contexte marqué par des difficultés d’approvisionnement et des tensions de trésorerie pour une partie des entreprises.

La production manufacturière attendue en hausse

Les chefs d’entreprise de l’industrie manufacturière anticipent une augmentation de leur production au troisième trimestre 2026, selon la dernière note du Haut-Commissariat au Plan consacrée aux enquêtes trimestrielles de conjoncture dans les industries manufacturières, extractives, énergétiques et environnementales, ainsi que dans le secteur de la construction.

Cette progression reposerait sur l’industrie alimentaire, l’industrie chimique et la fabrication d’autres produits minéraux non métalliques. Elle serait cependant freinée par un recul dans l’industrie automobile, l’habillement et le papier-carton. La dynamique de certaines branches compenserait ainsi la baisse annoncée dans d’autres.

Sur le front de l’emploi, les industriels ne prévoient pas de mouvement notable. Les effectifs employés devraient rester globalement stables au cours du troisième trimestre, signe que la hausse anticipée de la production ne se traduirait pas immédiatement par une augmentation des recrutements.

Phosphates et énergie soutiendraient l’activité

Dans l’industrie extractive, les entreprises prévoient également une hausse de la production entre juillet et septembre 2026. Cette évolution serait essentiellement portée par une augmentation de la production des phosphates. Les perspectives concernant l’emploi sont en revanche moins favorables, puisque les responsables du secteur anticipent une diminution des effectifs.

La production énergétique connaîtrait, elle aussi, une progression au troisième trimestre. Celle-ci serait principalement attribuable à la hausse de l’activité dans la production et la distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné. Contrairement au secteur extractif, cette évolution s’accompagnerait d’une augmentation des effectifs employés.

Les entreprises de l’industrie environnementale tablent pour leur part sur une stabilité de la production. Cette stagnation concernerait notamment les activités de captage, de traitement et de distribution d’eau. L’emploi devrait également rester stable dans ce secteur.

Un deuxième trimestre plutôt favorable à l’industrie

Les anticipations prolongent en partie les tendances du printemps. Au deuxième trimestre 2026, la production manufacturière aurait augmenté sous l’effet de l’industrie automobile, de la fabrication d’équipements électriques et de l’industrie chimique. Cette évolution aurait été atténuée par un recul du papier-carton et des textiles.

Les chefs d’entreprise ont jugé leurs carnets de commandes globalement normaux, tandis que l’emploi serait resté stable. Le taux d’utilisation des capacités de production se serait établi à 75 %.

La situation demeure toutefois marquée par plusieurs contraintes. Au deuxième trimestre, 34 % des entreprises manufacturières auraient rencontré des difficultés d’approvisionnement en matières premières, principalement celles provenant de l’étranger. Les stocks de matières premières auraient été considérés comme normaux, mais la trésorerie aurait été jugée difficile par 19 % des patrons interrogés. Cette proportion grimpe à près de 27 % dans l’industrie de l’habillement, branche particulièrement exposée aux tensions financières.

Des évolutions divergentes selon les secteurs

L’industrie extractive aurait connu une baisse de sa production au deuxième trimestre, en raison d’un recul de la production des phosphates. Dans le même temps, les prix de vente des produits du secteur auraient augmenté et les effectifs auraient diminué. Les anticipations pour le troisième trimestre marqueraient donc un retournement en matière de production, mais non sur le plan de l’emploi.

Dans l’industrie énergétique, la production aurait progressé au deuxième trimestre grâce à la hausse de l’activité dans la production et la distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné. Les prix de vente auraient également augmenté. Malgré cette activité plus soutenue, l’emploi aurait reculé au cours de la même période.

La production environnementale serait restée stable, en raison de la stagnation des activités de captage, de traitement et de distribution d’eau. Les carnets de commandes auraient conservé un niveau normal et les effectifs seraient demeurés inchangés. Le secteur se caractérise ainsi par une continuité entre les résultats estimés du deuxième trimestre et les prévisions établies pour le troisième.

La construction confirme son élan

Les perspectives sont également positives dans la construction. Pour le troisième trimestre 2026, les chefs d’entreprise anticipent une augmentation de l’activité. Celle-ci résulterait de la progression attendue dans la construction de bâtiments et les travaux de construction spécialisés, alors que le génie civil devrait connaître une stagnation. Cette amélioration s’accompagnerait d’une hausse des effectifs employés, ce qui distingue le secteur de la construction de l’industrie manufacturière, où l’emploi devrait rester stable.

Cette orientation prolongerait la dynamique du deuxième trimestre. L’activité de la construction aurait déjà augmenté grâce aux bâtiments et aux travaux spécialisés, tandis que le génie civil serait resté stable. Les carnets de commandes auraient atteint un niveau considéré comme normal et l’emploi aurait progressé. Le taux d’utilisation des capacités de production se serait, lui aussi, établi à 75 %.

Approvisionnement et trésorerie sous surveillance

La construction reste néanmoins confrontée à des fragilités. Au deuxième trimestre 2026, 14 % des entreprises du secteur auraient rencontré des difficultés d’approvisionnement en matières premières. Cette proportion, inférieure à celle relevée dans l’industrie manufacturière, n’en constitue pas moins un frein pour les entreprises concernées.

La trésorerie apparaît comme une difficulté plus largement partagée : 28 % des chefs d’entreprise de la construction l’auraient jugée difficile. Ce taux dépasse celui observé dans l’ensemble de l’industrie manufacturière et révèle le décalage possible entre l’amélioration de l’activité, la progression de l’emploi et la situation financière des opérateurs.

Dans leur ensemble, les résultats du HCP dessinent donc une économie productive orientée vers une hausse de l’activité au troisième trimestre 2026, sans effacer les disparités sectorielles. L’industrie alimentaire, la chimie, les phosphates, l’énergie, les bâtiments et les travaux spécialisés devraient soutenir cette dynamique. L’automobile, l’habillement, le papier-carton et le génie civil affichent des perspectives moins favorables. Derrière l’optimisme des anticipations, les difficultés d’approvisionnement et les tensions de trésorerie demeurent les principaux points de vigilance.

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