Culture
Festival de Tétouan : le film tunisien « Ightirab » remporte le Grand Prix
Réalisé en 2025, le film a été distingué pour sa construction dramatique et son traitement des tensions entre les pratiques capitalistes et le monde du travail.
Le cinéma tunisien s’est distingué à la 31e édition du Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan, clôturée samedi 10 octobre 2026. Le film « Ightirab » (Exil) de Mehdi Hmili a remporté le Grand Prix « Tamouda » ainsi que le Prix de la critique. Le palmarès a également récompensé deux acteurs marocains, Omar Lotfi et Safaa Khatimi, pour leurs interprétations dans « Mira » de Nour-Eddine Lakhmari.
Un doublé pour le cinéma tunisien
La 31e édition du Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan s’est achevée samedi sur le sacre du réalisateur tunisien Mehdi Hmili. Son long métrage « Ightirab », une coproduction réunissant la Tunisie, le Luxembourg, la France, le Qatar et l’Arabie saoudite, a décroché le Grand Prix « Tamouda ».
Réalisé en 2025, le film a été distingué pour sa construction dramatique et son traitement des tensions entre les pratiques capitalistes et le monde du travail. Cette œuvre, qui explore les rapports de force économiques et sociaux, a également remporté le Prix de la critique « Mustapha Mesnaoui », réalisant ainsi un doublé lors de cette édition.
Le Prix spécial du jury « Mohamed Reggab » a été attribué au film français « Les Survivants du Che » de Christophe Dimitri Reveille. Le Prix de la première œuvre « Azzedine Meddour » est revenu à la réalisatrice italienne Margherita Spampinato pour « Ô mon cœur ».
Deux autres productions ont obtenu une mention spéciale : « Qui vit encore » du réalisateur Nicolas Wadimoff et « Souillée », signé Barbara Mestanza et Marc Pujolar.
Deux distinctions pour les acteurs marocains
Le cinéma marocain s’est également illustré dans la compétition officielle grâce au film « Mira » de Nour-Eddine Lakhmari.
Omar Lotfi a reçu le prix du meilleur rôle masculin, tandis que Safaa Khatimi a été récompensée pour la meilleure interprétation féminine. Ces deux distinctions consacrent les performances des comédiens dans un même long métrage.
Organisée du 3 au 10 octobre sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, cette édition a proposé une programmation réunissant plusieurs sensibilités et approches artistiques du bassin méditerranéen.
La section « Coups de cœur » a notamment présenté six films sélectionnés pour la diversité de leurs thématiques et de leurs écritures cinématographiques.
Des projections ouvertes à différents publics
Au-delà de la compétition, le festival a multiplié les initiatives pour élargir l’accès au cinéma.
Des projections en plein air ont été organisées sur la place Al Feddan, tandis que d’autres séances se sont déroulées dans un établissement pénitentiaire. Les salles Espagnol et Avenida, ainsi que le Centre culturel français, ont également accueilli une partie de la programmation.
Les enfants ont bénéficié de projections spécialement conçues pour eux.
Le volet intellectuel a occupé une place importante, avec deux colloques consacrés aux « Nouvelles économies du cinéma méditerranéen » et aux enjeux de réception des films. Critiques, intellectuels et cinéastes y ont confronté leurs analyses.
Une édition saluée par les organisateurs
Le secrétaire général de la Fondation du Festival, Abdellatif El Bazi, a exprimé sa satisfaction quant au déroulement de cette 31e édition.
Dans une déclaration à la MAP, il a particulièrement souligné l’affluence aux projections et l’intérêt suscité par les rencontres professionnelles et les débats.
Il a également salué les ateliers de développement de scénarios, espérant que les projets accompagnés puissent prochainement se concrétiser et rencontrer leur public.
Créé en 1985 par l’association Les Amis du Cinéma de Tétouan, le festival poursuit ainsi sa mission de promotion du cinéma méditerranéen et de dialogue entre les cultures.