Des scènes du flamenco aux traditions du Sahara

Des scènes du flamenco aux traditions du Sahara

Sur la scène du Théâtre national Mohammed V, Marco Flores, « Rayuela », dans le cadre du cinquième Congrès mondial du flamenco

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À Rabat, le flamenco a investi le Théâtre national Mohammed V, tandis qu’Oujda clôturait son Festival international maghrébin du film. À Marrakech, un colloque explorera les liens entre Malhoun et théâtre. Tan-Tan prépare, pour sa part, cinq jours de festivités consacrés au patrimoine hassani. Ces rendez-vous font dialoguer création contemporaine, expressions populaires et transmission culturelle.

À Rabat, le flamenco entre liberté et identité

Sur la scène du Théâtre national Mohammed V, Marco Flores a présenté, mercredi 21 octobre, « Rayuela », dans le cadre du cinquième Congrès mondial du flamenco. Une création qui croise deux références : le jeu de la marelle et le roman éponyme de Julio Cortázar. De cette rencontre naît une exploration de la liberté artistique, de l’identité et du cheminement personnel vers les vérités essentielles du flamenco.

Au fil des tableaux, le danseur a déployé un langage chorégraphique façonné par plus de vingt-cinq années de carrière. À ses côtés, la voix puissante de José Manuel Álvarez Delgado et la guitare de José Tomás Jiménez Villalta ont accompagné cette traversée, entre fidélité aux racines du flamenco et ouverture aux expressions contemporaines.

Conseillère culturelle à l’ambassade d’Espagne au Maroc, Lucía Chicote a salué une création associant la performance corporelle contemporaine à l’âme authentique de cet art. Elle a rappelé la vocation du Congrès : rapprocher le public marocain du flamenco à travers des propositions conjuguant qualité, innovation et créativité.

Après Casablanca mardi et Rabat mercredi, la troupe doit poursuivre sa tournée à Fès jeudi, puis à Tanger le 24 octobre.

Portée par l’ambassade d’Espagne et l’Institut Cervantes, avec le soutien du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, cette édition se poursuit jusqu’au 30 octobre. Quatorze spectacles sont programmés dans huit villes, auxquels s’ajoutent projections, exposition photographique et ateliers. Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le flamenco nourrit ainsi les échanges entre le Maroc et l’Espagne.

Tan-Tan, cinq jours pour faire vivre le patrimoine

Du 30 octobre au 3 novembre, le Moussem de Tan-Tan prendra le relais avec une dix-neuvième édition placée sous le thème « Le Moussem de Tan-Tan : un patrimoine humain et un pont d’échange culturel ». Organisée par la Fondation Almouggar sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la manifestation associera célébration du patrimoine, rencontres et grandes soirées artistiques accompagnant la Fête de l’Unité.

Deux scènes, à Tan-Tan et à El Ouatia, accueilleront en alternance des concerts mêlant répertoires populaires, hassanis, modernes et traditionnels. Le programme entend permettre aux habitants comme aux visiteurs de profiter des différentes expressions réunies durant ces cinq journées.

L’ouverture, le 30 octobre, comprendra une cérémonie religieuse à la Zaouïa du Cheikh Mohamed Laghdaf Ben Cheikh Ma El Aïnin. Elle coïncidera avec le lancement de l’exposition des tentes thématiques, des démonstrations de Tbourida et des courses de chameaux.

Le lendemain, une rencontre réunira invités officiels, notables des tribus et délégations nationales et étrangères autour de tableaux scéniques consacrés au patrimoine hassani et aux valeurs fédératrices de la Fête de l’Unité.

Les 1er et 2 novembre, spectacles démonstratifs et carnaval patrimonial rassembleront des centaines de participants en tenues traditionnelles. Des espaces seront également réservés aux jeux populaires et aux rencontres poétiques.

Sur la Place de la Paix et de la Tolérance, la grande Tente accueillera des soirées spirituelles avec Marouane Haji et Yassine Lachhab, autour des chants spirituels et du Madih. Ali Madidi et Mohamed Baaia participeront aussi aux festivités.

L’affiche musicale réunira notamment Hatim Ammor, Hatim Idar, Karima Ghait, Lazaro et Moughit. Sanae Jeddoubi, présentée comme la première et la plus jeune cheffe de troupe féminine d’Ahidous, y incarnera la contribution des femmes à la préservation des arts populaires.

Oumayma Amsaadi, Duke, le groupe Mnat Aïchata, Mr ID et DJ SDOX Fusion figurent également au programme, ainsi que l’artiste émirati Fadel Mazroui. Des troupes locales et des DJ accompagneront quotidiennement les soirées. Une grande rencontre poétique clôturera l’édition le 3 novembre.

Créée en 2014, la Fondation Almouggar œuvre à préserver ce rendez-vous et ses composantes culturelles : traditions orales, poésie, musique, danse et savoir-faire artisanaux. Le Moussem, expression majeure du patrimoine du Sahara marocain et de la culture hassanie, a été proclamé chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2005, puis inscrit sur la Liste représentative de l’UNESCO en 2008.

À Marrakech, la Qasida à l’épreuve de la scène

À Marrakech, la réflexion portera sur une autre forme de transmission : le passage du Malhoun au théâtre. La Maison de la Poésie organise samedi un colloque national intitulé « Le Malhoun et le théâtre : de la poétique de la Qasida à l’esthétique du spectacle ».

Préparée avec l’Association Cheikh Jilali Mtired et la Bibliothèque universitaire numérique, cette rencontre s’inscrit dans la onzième édition du Festival du Malhoun et de la chanson patriotique.

Critiques et chercheurs examineront les expériences marocaines de théâtralisation de la Qasida. Comment faire passer un texte de l’espace du chant et de l’écoute à celui de l’interprétation scénique ? Quels procédés d’adaptation et d’écriture dramaturgique mobiliser ? Jusqu’où exercer sa liberté sans dénaturer l’original ?

Ces interrogations nourriront un échange consacré à la construction du spectacle et à la réflexion critique autour du Malhoun, lui aussi inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Oujda distingue les cinémas d’ici et d’ailleurs

À Oujda, le théâtre Mohammed VI a accueilli mercredi soir la clôture du quinzième Festival international maghrébin du film. Le Grand prix des longs métrages est revenu à « La Reine du coton », film soudano-français de Suzanna Mirghani. Shahd Amin a obtenu le prix de la réalisation pour « Migration ».

Farouk Aznabet a été distingué pour son interprétation dans « Goundafa », d’Ali Benjelloun, également récompensé par le prix spécial du jury. Deborah Crystal Nani a reçu le prix de la meilleure actrice pour « Ciel sans terre », d’Areej Sahiri, coproduction française, tunisienne et qatarie. Le scénario de « The Stories », de l’Égyptien Abu Bakr Shawky, a également été primé.

Chez les courts métrages, « Numéro 42 », du Jordanien Hassan Khamayseh, a remporté le Grand prix et celui du scénario. Romain Epstein a obtenu le prix de la réalisation pour « Le temps d’une prière », dont l’interprète Walid Benmabrok a décroché le prix masculin.

Rahiq Chouli a été sacrée meilleure actrice pour « Interdiction de sécurité », du Palestinien Tamer Shouamra, également lauréat du prix du jury. Une mention spéciale a distingué « Anima », du Mauritanien Boubacar Ibrahim Mami.

Organisée par l’association Ciné Maghreb, cette édition a rendu hommage au distributeur Mohamed Khouna, à l’actrice burkinabé Georgette Paré et à l’artiste marocain Abdelhafid Douzi. Le cinéma émirati était invité d’honneur.

Dix-huit films concouraient : huit longs et dix courts. Nour-Eddine Lakhmari présidait le jury des longs métrages, avec Amélie Mbaye, Sana Youssef, Mi Kwan Lock et Stan Thiébaut. Celui des courts réunissait Adil Fadili, Diane Uwamahoro et Valentina Carnelutti.

Projections, rencontres sur les industries culturelles et créatives dans l’Oriental, ateliers, master classes et dédicaces ont complété ce rendez-vous ouvert aux échanges maghrébins, africains, arabes et internationaux.

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