Bouregreg-Chaouia : des pluies exceptionnelles, mais une vigilance intacte

Bouregreg-Chaouia : des pluies exceptionnelles, mais une vigilance intacte

Le rebond intervient après une année hydrologique 2024-2025 marquée par un déficit pluviométrique de 18,5 % et un manque d’apports aux barrages évalué à près de 61 % par rapport à une année normale.

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Avec un excédent pluviométrique de 82 % par rapport à une année normale, le Bassin Hydraulique du Bouregreg et de la Chaouia renoue avec des niveaux d’eau encourageants. Si ces précipitations marquent un répit après plusieurs saisons difficiles, les autorités insistent sur la nécessité de poursuivre les investissements structurants pour garantir durablement la sécurité hydrique.

Des chiffres en nette amélioration

Réuni à Benslimane pour présider le Conseil d’Administration de l’Agence du Bassin Hydraulique du Bouregreg et de la Chaouia, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a dressé un bilan résolument positif de l’année hydrologique en cours. Entre septembre 2025 et le 19 février 2026, la pluviométrie moyenne enregistrée dans le bassin a atteint 452,9 mm, soit un excédent de 82 % par rapport à la moyenne d’une année normale et de 317,6 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Ces précipitations abondantes ont permis des apports significatifs au niveau des retenues des barrages, totalisant 1.080 millions de mètres cubes au 19 février 2026. Les nappes souterraines ont également bénéficié de cette embellie, avec une remontée estimée entre un et trois mètres dans plusieurs zones du bassin.

Ce rebond intervient après une année hydrologique 2024-2025 marquée par un déficit pluviométrique de 18,5 % et un manque d’apports aux barrages évalué à près de 61 % par rapport à une année normale. Le contraste entre les deux exercices souligne la variabilité croissante du climat et l’ampleur des défis à relever.

Une sécurité hydrique à consolider

Malgré ces indicateurs favorables, le gouvernement maintient le cap sur les projets structurants. Nizar Baraka a rappelé que l’amélioration conjoncturelle des réserves ne doit pas occulter l’objectif stratégique de sécurisation durable des ressources en eau.

Parmi les projets phares figure la deuxième tranche du programme d’interconnexion des bassins du Sebou, du Bouregreg et de l’Oum Er-Rbia, destinée notamment à soutenir le barrage Al Massira. Le lancement des travaux est prévu courant 2026.

En parallèle, la première tranche de la station de dessalement d’eau de mer de Casablanca se poursuit. Dotée d’une capacité initiale d’environ 200 millions de mètres cubes par an, elle devrait atteindre 300 millions de mètres cubes dans sa seconde phase. Sa mise en service est attendue pour la fin de l’année 2026. Une station de dessalement est également programmée à Rabat, avec une capacité estimée à 300 millions de mètres cubes par an.

Forages, réutilisation et gestion intégrée

La stratégie nationale repose aussi sur la mobilisation des ressources souterraines et la diversification des sources d’approvisionnement. L’équipement de forages existants et la réalisation de forages de reconnaissance visent à actualiser les paramètres des nappes et à répondre aux déficits ponctuels en eau potable, notamment en milieu rural.

La réutilisation des eaux usées traitées constitue un autre axe majeur. Ce programme contribue à réduire la pression sur les ressources conventionnelles, en particulier pour l’arrosage des espaces verts et certains usages agricoles.

Dans le contexte des changements climatiques, la gestion des phénomènes extrêmes s’impose comme une priorité. L’Agence du bassin poursuit le renforcement du système d’alerte précoce, notamment par l’équipement de 45 stations hydrologiques en dispositifs de mesure automatiques.

Prévention des inondations et gouvernance

Plusieurs plans de prévention des risques d’inondation sont en cours d’élaboration, notamment dans la région Casablanca-Settat, en amont du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah, ainsi qu’au niveau de la préfecture de Benslimane. Un atlas des zones inondables est également prévu à Skhirate-Témara.

Au cours des quatre dernières années, des projets de protection contre les crues ont été réalisés dans différentes provinces, notamment à Khénifra, Nouaceur, Settat, Khémisset et Benslimane. Ces interventions traduisent une approche proactive face à l’intensification des épisodes pluvieux.

Le Conseil d’Administration a par ailleurs approuvé 11 conventions portant sur la protection contre les inondations, la réutilisation des eaux usées, la gestion participative de la nappe de Berrechid pour la période 2026-2035 et la préservation des ressources hydriques. Un contrat de concession relatif à l’exploitation touristique et sportive d’une partie du domaine public hydraulique de Dayet Roumi a également été validé.

Au-delà des chiffres encourageants, cette session a été consacrée à l’arrêt des comptes de l’exercice 2024, à l’examen de l’état d’avancement budgétaire de 2025 et à la présentation du programme d’action pour 2026.

Si les pluies récentes offrent un soulagement bienvenu, elles ne sauraient faire oublier que la sécurité hydrique demeure un chantier permanent. L’enjeu n’est plus seulement de gérer l’abondance ou la pénurie, mais de construire un modèle résilient face aux incertitudes climatiques.

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