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Conjoncture 2026 : amélioration agricole et dynamiques sectorielles contrastées
Les pluies généralisées observées depuis la mi-novembre 2025 ont nettement amélioré la situation hydrique du pays. Elles ont favorisé l’emblavement des terres, la recharge des nappes et une reconstitution substantielle des réserves en eau.
Les précipitations exceptionnelles enregistrées depuis novembre 2025 soutiennent les perspectives d’une campagne agricole favorable, selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF). Parallèlement, les indicateurs bancaires, budgétaires, énergétiques et de transport traduisent une conjoncture marquée par des signaux positifs, malgré des ajustements dans certains secteurs comme le BTP.
Des conditions climatiques favorables à l’agriculture
Les pluies généralisées observées depuis la mi-novembre 2025 ont nettement amélioré la situation hydrique du pays. Elles ont favorisé l’emblavement des terres, la recharge des nappes et une reconstitution substantielle des réserves en eau.
Au 20 février 2026, le taux de remplissage des barrages atteignait 70,7 %, contre 27,6 % un an auparavant. Le volume des retenues s’établissait à 11,8 milliards de m³. Tous les grands bassins hydrauliques ont enregistré des hausses notables, notamment le Sebou, l’Oum Er Rabia et le Loukkos.
Les exportations du secteur agriculture, sylviculture et chasse ont atteint 42,2 milliards de dirhams en 2025, en progression de 3,6 %.
Liquidité bancaire et conditions de crédit
En janvier 2026, le besoin en liquidité des banques s’est établi à 132 milliards de dirhams, en léger repli mensuel. Bank Al-Maghrib a ajusté ses injections à 148 milliards, principalement via des avances à 7 jours et des opérations de pensions livrées.
Le taux interbancaire moyen pondéré s’est maintenu à 2,25 %, aligné sur le taux directeur. Les taux débiteurs ont légèrement reculé au quatrième trimestre 2025, avec des évolutions différenciées selon les catégories de crédit.
Trésor : levées en forte progression
Les levées brutes du Trésor sur le marché des adjudications ont plus que doublé en janvier 2026, passant de 7,6 à 18,7 milliards de dirhams, y compris les opérations d’échange. Elles ont concerné principalement les maturités moyennes, pour 17,8 milliards de dirhams, ainsi que les maturités courtes.
Les remboursements ont reculé de 48,2 % à 7,6 milliards de dirhams, portant les levées nettes à 11,2 milliards. L’encours des bons du Trésor s’est établi à 798,5 milliards de dirhams, en hausse de 1,4 % par rapport à fin décembre 2025. Les maturités longues représentent 65,7 % de cet encours.
Le volume des soumissions a progressé de 26,3 % à 30,3 milliards de dirhams, principalement orienté vers les maturités moyennes.
Transport et logistique en progression
Le trafic aérien a dépassé 3,1 millions de passagers en janvier 2026, en hausse de 14,7 %. La croissance a concerné aussi bien les flux internationaux que nationaux. Le fret aérien a progressé de 7,4 %.
Le trafic portuaire commercial a atteint 262,6 millions de tonnes en 2025, en augmentation de 8,9 %. Le transbordement représente plus de la moitié du total. Le trafic de passagers et l’activité de croisière ont également enregistré des hausses significatives.
BTP en repli conjoncturel
Les livraisons de ciment ont reculé de 18,8 % en janvier 2026, en raison des fortes précipitations ayant ralenti les chantiers. À l’inverse, le financement immobilier a clôturé 2025 sur une croissance de 3,4 %.
Énergie et secteur extractif dynamiques
La production nationale d’électricité a augmenté de 5 % en 2025. L’énergie nette appelée a progressé de 7,3 %, entraînant une hausse des importations d’électricité.
Le secteur extractif a poursuivi sa dynamique favorable, avec une hausse de 7,5 % de la production de phosphate brut et des exportations dépassant 99,8 milliards de dirhams.
Dans l’ensemble, la conjoncture de début 2026 reflète une amélioration hydrique significative et des performances solides dans plusieurs secteurs stratégiques, malgré un ralentissement temporaire dans le BTP.