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Croissance au Maroc : une dynamique modérée portée par la demande intérieure au quatrième trimestre 2025
Le secteur primaire a enregistré une amélioration significative, avec une croissance de 3,9% locomotivé essentiellement par le redressement de l’activité agricole, toutefois lesté par la poursuite du recul de l’activité de la pêche
Au quatrième trimestre 2025, l’économie marocaine a enregistré une croissance de 4,1%, légèrement en retrait par rapport à la même période de l’année précédente. Selon le Haut-Commissariat au Plan, cette évolution reflète un ralentissement des activités non agricoles, compensé en partie par le redressement du secteur agricole. Dans un contexte de maîtrise de l’inflation, la demande intérieure demeure le principal moteur de la croissance, tandis que les besoins de financement de l’économie se creusent.
Une croissance globalement stable mais en léger recul
Les comptes nationaux arrêtés pour le dernier trimestre de 2025 font apparaître une croissance économique de 4,1%, contre 4,2% un an plus tôt. Cette quasi-stabilité masque toutefois des évolutions contrastées entre les différents secteurs. Les activités non agricoles ont ralenti, affichant une progression de 4% contre 4,8% auparavant, tandis que le secteur agricole a connu un net redressement, avec une hausse de 4,7% après une contraction significative un an plus tôt.
Dans ce contexte, la demande intérieure s’impose comme le principal levier de croissance, soutenue par un environnement marqué par une inflation mieux maîtrisée. Cependant, cette dynamique s’accompagne d’un élargissement des besoins de financement de l’économie nationale.
Un secteur secondaire sous pression
Le secteur secondaire a enregistré une progression modérée de 3,5%, traduisant un ralentissement de plusieurs activités clés. Le recul du secteur minier, en baisse de 3,4%, a pesé sur la performance globale. De même, le rythme de croissance du bâtiment et des travaux publics a fléchi, passant de 6,9% à 4,9%.
Les activités liées à l’électricité et à l’eau ont également marqué le pas, avec une croissance limitée à 2,7%, contre 7% un an auparavant. À contre-courant, les industries de transformation ont affiché une amélioration notable, avec une croissance portée à 4,1% contre 2,4% précédemment, contribuant à atténuer le ralentissement global du secteur.
Des services en perte de vitesse
Le secteur tertiaire a lui aussi enregistré un ralentissement, sa croissance passant de 5,4% à 4,4%. Cette décélération concerne plusieurs segments importants de l’économie. Les services financiers et les assurances ont vu leur rythme de progression s’atténuer, tout comme les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’action sociale.
Les activités liées à l’hébergement et à la restauration, au transport et à l’entreposage, ainsi qu’aux services aux entreprises et à la recherche et développement, ont également connu un fléchissement. Le commerce et la réparation de véhicules ont suivi la même tendance, confirmant une dynamique moins soutenue dans l’ensemble du secteur des services.
Un redressement du secteur primaire
À l’inverse, le secteur primaire a enregistré une amélioration significative, avec une croissance de 3,9% après une baisse notable un an auparavant. Cette reprise s’explique essentiellement par le redressement de l’activité agricole, qui a progressé de 4,7%.
Toutefois, cette performance a été partiellement atténuée par la poursuite du recul de l’activité de la pêche, dont la baisse s’est accentuée à 13,6%. Malgré cette contre-performance, le secteur primaire contribue positivement à la croissance globale.
Inflation maîtrisée et ralentissement des prix
En termes nominaux, le produit intérieur brut a progressé de 6,8%, contre 9,1% au même trimestre de 2024. Cette évolution traduit un ralentissement du niveau général des prix, dont la hausse s’est limitée à 2,7%, contre 4,9% un an plus tôt.
Cette modération de l’inflation constitue un élément favorable pour le pouvoir d’achat, tout en renforçant la stabilité macroéconomique dans un environnement international encore incertain.
Une épargne stable mais des besoins de financement en hausse
L’épargne nationale s’est maintenue à 30,8% du PIB, dans un contexte de ralentissement de la consommation finale, dont la progression est passée de 6,6% à 5,2%. Parallèlement, la croissance du revenu national brut disponible s’est établie à 5,7%, en nette décélération par rapport à l’année précédente.
L’investissement brut a représenté 33,4% du PIB, en légère hausse par rapport à 32,5% un an plus tôt. Cette évolution s’est traduite par un creusement du besoin de financement, qui atteint désormais 2,6% du PIB contre 1,7% auparavant, reflétant les déséquilibres persistants entre épargne et investissement.