Culture : Mémoire migratoire à Bruxelles, l’amandier à Tafraout, Igoudar du Souss-Massa, Bibliotobus…

Culture : Mémoire migratoire à Bruxelles, l’amandier à Tafraout, Igoudar du Souss-Massa, Bibliotobus…

Belgica Bladi avait pour de documenter une mémoire collective longtemps marginalisée, y compris au sein des communautés concernées, et de rendre hommage aux premières générations de migrants.

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 Calorisation de la mémoire migratoire, dynamisme des festivals, création artistique et initiatives éducatives innovantes, plusieurs événement parcourent le paysage de Bruxelles à Tafraout, de Rabat à Al Hoceima en passant par Meknès, ces initiatives illustrent une volonté partagée de préserver le patrimoine, soutenir la création et transmettre les savoirs aux nouvelles générations.

Une mémoire migratoire revisitée entre Bruxelles et le Maroc

L’exposition itinérante "Belgica Biladi" a marqué une étape importante dans la reconnaissance de l’histoire de l’immigration marocaine en Belgique. Lancée en 2024 à l’occasion du 60e anniversaire de cette migration, l’initiative s’est déployée autour de trois axes complémentaires : une grande exposition, un ouvrage de référence et une série de podcasts.

L’objectif était de documenter une mémoire collective longtemps marginalisée, y compris au sein des communautés concernées, et de rendre hommage aux premières générations de migrants. L’exposition a retracé les différentes étapes du parcours migratoire, des raisons du départ jusqu’aux enjeux contemporains, en passant par les conditions de travail dans les mines et la contribution à l’essor économique de la Belgique d’après-guerre.

Présentée d’abord en Belgique, puis au Maroc après traduction en arabe et en amazighe, cette initiative a également permis de déconstruire les stéréotypes liés aux diasporas marocaines, en proposant un récit documenté et nuancé, accessible des deux côtés de la Méditerranée.

Tafraout, vitrine d’un développement territorial enraciné

Du 9 au 12 avril, la ville de Tafraout accueille la 13e édition du Festival de l’amandier, sous le thème "Terre d’amandier, terroir d’avenir". Cet événement s’inscrit dans une logique de valorisation d’une filière agricole stratégique, tout en renforçant l’attractivité économique et touristique de la région.

Le festival constitue également une plateforme pour le lancement et le suivi de projets de développement, mettant en avant l’économie sociale et solidaire. Un espace d’exposition est dédié aux coopératives et associations artisanales, favorisant la promotion des produits du terroir et l’échange de savoir-faire.

La programmation se distingue par sa diversité, combinant journées scientifiques, animations culturelles, spectacles folkloriques et activités sportives. Une attention particulière est accordée à la préservation du patrimoine immatériel, notamment à travers la valorisation du rituel "Idernan", symbole de solidarité et expression vivante de l’identité amazighe.

Création artistique et réflexion culturelle à Rabat

La scène culturelle de Rabat se distingue par une programmation riche et diversifiée. Le Théâtre national Mohammed V accueille la présentation de l’ouvrage de Fatima Mekdad consacré à l’éducation artistique au Maroc, à travers le prisme du théâtre. L’ouvrage retrace plus de trois décennies d’interactions entre pratique artistique et système éducatif, tout en analysant les défis liés à l’intégration du théâtre dans les écoles.

Parallèlement, la Villa des Arts propose plusieurs rendez-vous artistiques. Une soirée de Zajal intitulée "Klami Gnawa" réunira des artistes autour d’une fusion entre poésie contemporaine et musique gnaoua, dans une démarche visant à réactiver la mémoire de la "Galsa" marocaine comme espace de sociabilité et de création.

La même institution accueille également l’exposition "Nature Morte" de l’artiste Halima Fourati, dont les œuvres se caractérisent par une grande précision et une esthétique inspirée du patrimoine marocain. À travers un travail subtil sur la lumière et les objets du quotidien, l’artiste propose une relecture contemporaine de la nature morte.

Festivals, patrimoine et transmission

Le Festival de la fiction télévisuelle de Meknès a, pour sa part, mis en lumière la vitalité de la production audiovisuelle nationale. Le film "Al Hob Al Mor" de Yassine Fennane a remporté le Grand Prix dans la catégorie des téléfilms, tandis que plusieurs œuvres ont été distinguées pour leur réalisation, leur scénario ou leurs performances d’acteurs.

Dans le domaine patrimonial, la présentation de l’ouvrage collectif "Igoudar du Souss-Massa: Greniers de vie" a permis de revisiter une institution amazighe emblématique. Ces greniers collectifs, véritables centres de gestion communautaire, témoignent d’un système social structuré fondé sur la solidarité, la sécurité alimentaire et l’organisation collective.

Les chercheurs ont mis en évidence la complexité de leur architecture, leur rôle économique et leur importance historique, tout en appelant à la préservation des manuscrits et documents liés à ces institutions. Leur intégration dans les dynamiques touristiques actuelles reflète une volonté de valoriser ce patrimoine tout en en préservant l’authenticité.

Enfin, à Al Hoceima, le projet "Bibliotobus" illustre une approche innovante de la diffusion culturelle. Cette bibliothèque itinérante vise à rapprocher les élèves, notamment en milieu rural, des livres et des ressources numériques. En proposant une médiathèque mobile, un espace multimédia et des activités éducatives, le projet contribue à ancrer la culture de la lecture et à stimuler la créativité des jeunes générations.

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