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D’Ibn Battouta aux arts contemporains en passant par l’art de l’enfance
à Fès, le centre culturel Iklyle a accueilli la première exposition d’arts plastiques réalisée par les enfants inscrits à ses ateliers
Entre publication d’un ouvrage consacré à Ibn Battouta, festival interculturel à Fès, exposition artistique d’enfants et mise en lumière de l’abstraction marocaine à Genève, plusieurs initiatives culturelles ont récemment mis en avant le patrimoine, la création contemporaine et le dialogue entre les cultures.
Un ouvrage retrace les voyages d’Ibn Battouta
Le nouvel ouvrage “Sur les pas d’Ibn Battouta”, signé par Badr Tazi et Nozha Mohsen, revient sur le parcours du célèbre explorateur marocain du XIVe siècle. Publié aux éditions Dar Al Amane à Rabat, le livre de 215 pages retrace plus de trente années de voyage effectuées par Ibn Battouta à travers l’Afrique, l’Asie et une partie de l’Europe.
Les auteurs, membres de la Fondation Abdelhadi Tazi, rendent également hommage à l’historien et diplomate Abdelhadi Tazi, disparu en 2015, qui a consacré une part importante de ses recherches à la “Rihla” d’Ibn Battouta.
Né à Tanger en 1304 sous la dynastie mérinide, Abdellah Mohamed ben Abdellah ben Ibrahim, connu sous le nom d’Ibn Battouta, entame ses voyages à l’âge de 22 ans à l’occasion d’un pèlerinage à La Mecque. Son périple le conduira sur près de 120.000 kilomètres à travers 44 pays selon la géographie contemporaine.
L’ouvrage revient aussi sur l’histoire de la publication de la “Rihla”. Longtemps absente des éditions arabes, elle ne sera publiée au Caire qu’en 1871 avant de connaître plusieurs rééditions dans le monde arabe. Parmi les travaux les plus importants figure l’édition critique publiée en cinq volumes par l’Académie du Royaume du Maroc en 1997 sous la direction d’Abdelhadi Tazi.
Selon la Fondation Abdelhadi Tazi, ce dernier avait mené un important travail de compilation et de vérification des manuscrits dispersés dans plusieurs bibliothèques internationales.
À Fès, les enfants exposent leurs créations

L’exposition constitue l’aboutissement d’une année de travail au sein des ateliers de dessin et de peinture. L’objectif est d’offrir aux enfants un espace d’expression et de valorisation de leurs capacités créatives
A Fès, le centre culturel Iklyle a accueilli la première exposition d’arts plastiques réalisée par les enfants inscrits à ses ateliers.
Placée sous le thème “Quand l’enfant prend la parole par le pinceau”, cette initiative est portée par la Fondation Mohammed VI pour la promotion des œuvres sociales de l’Éducation-Formation.
Le vernissage s’est déroulé en présence des familles des enfants participants ainsi que des responsables du centre.
Selon Reda Matich, responsable de la programmation et de l’animation du centre Iklyle, cette exposition constitue l’aboutissement d’une année de travail au sein des ateliers de dessin et de peinture. L’objectif est d’offrir aux enfants un espace d’expression et de valorisation de leurs capacités créatives.
Les organisateurs présentent cette initiative comme un moyen de renforcer l’accès à l’éducation artistique et culturelle dès le plus jeune âge.
L’exposition rassemble des œuvres réalisées dans différents styles et techniques, témoignant des sensibilités et des imaginaires des enfants participants.
Les responsables du centre souhaitent faire de cette expérience un rendez-vous annuel destiné à encourager la créativité des jeunes adhérents de la Fondation dans plusieurs villes du Royaume, notamment Rabat, Tanger, Tétouan et Fès.
Les sonorités indiennes ouvrent le festival de Fès
Toujours à Fès, la deuxième édition du festival “Générations musicales et cultures” s’est ouverte avec un spectacle du groupe de la fondation indienne Sanjhi Sanskriti.
La prestation a proposé au public une immersion dans les traditions artistiques indiennes à travers chants, danses et tableaux visuels inspirés du patrimoine culturel du pays. Entre costumes colorés, rythmes orientaux et chorégraphies collectives, le spectacle a mis en avant la diversité de la civilisation indienne et la place du dialogue interculturel.
Les organisateurs ont voulu faire de cette ouverture un moment consacré à la rencontre entre les cultures et à la circulation des expressions artistiques au-delà des frontières linguistiques et géographiques.
L’artiste russe Natalia Shvaiko a également participé à cette soirée en présentant une performance de danse indienne inspirée des sonorités classiques du sous-continent. Sa maîtrise gestuelle et son interprétation ont retenu l’attention du public.
Le saxophoniste indien Ashok Kumar était aussi présent avec un répertoire mêlant influences traditionnelles et improvisation musicale.
Au-delà des spectacles, le festival prévoit plusieurs activités parallèles, notamment des ateliers de dessin et de recyclage artistique destinés aux enfants, des expositions en plein air ainsi que des rencontres culturelles et pédagogiques.
Genève met en lumière l’abstraction marocaine
À Genève, la Galerie 38 a inauguré l’exposition collective “GÉOMÉTRIES MAROCAINES”, consacrée à six artistes de la scène contemporaine marocaine : Ghizlane Agzenaï, Meriam Benkirane, Ines Noor Chaqroun, Yousef Douieb, Yacout Hamdouch et Younes Khourassani.
Le vernissage s’est tenu dans le cadre de la “Nuit des Bains”, événement artistique annuel organisé dans le quartier genevois du même nom.
L’exposition explore les différentes formes d’abstraction géométrique à travers des œuvres basées sur les lignes, les motifs, les rythmes visuels et les structures répétitives.
Les artistes exposés proposent une approche ouverte de la géométrie marocaine, mêlant références au patrimoine visuel local et dialogue avec les courants internationaux de l’art contemporain.
Les œuvres présentées font apparaître des éléments inspirés des couleurs, des courbes et de l’ornementation marocaine, tout en s’inscrivant dans une réflexion plus large sur l’abstraction universelle.
L’exposition évoque également l’héritage de l’École de Casablanca, mouvement majeur de l’art moderne marocain dans les années 1960 et 1970, qui avait placé l’abstraction au centre de ses recherches esthétiques.
Avec cette exposition, la Galerie 38 poursuit son développement international après son implantation récente à Genève, tout en mettant en avant la visibilité croissante des artistes marocains sur la scène européenne.