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Du neuvième art aux humanités médicales, une saison culturelle sous le signe du dialogue
Tétouan s’apprête à accueillir, du 17 au 22 mai, la 19e édition du Forum international de Bande dessinée, plus connu sous le nom de FIBaD.
Festivals, concerts, concours artistiques et colloques universitaires, plusieurs villes marocaines accueillent ce printemps des rendez-vous culturels et académiques marqués par l’ouverture internationale, la valorisation du patrimoine et le soutien aux jeunes talents. De Tétouan à Fès, en passant par Rabat, Casablanca, Meknès et Volubilis, ces manifestations mettent en avant la diversité des expressions artistiques et le dialogue entre disciplines, cultures et générations.
Le FIBaD transforme Tétouan en capitale du neuvième art
Tétouan s’apprête à accueillir, du 17 au 22 mai, la 19e édition du Forum international de Bande dessinée, plus connu sous le nom de FIBaD. Organisé sur la Place du Nouveau Feddan, au sein d’un Village de la Bande dessinée spécialement aménagé pour l’occasion, l’événement s’inscrit dans le calendrier culturel de la ville, désignée Capitale méditerranéenne de la culture et du dialogue 2026.
Le forum rassemble des acteurs du neuvième art venus de différents horizons. Parmi les partenaires figurent notamment l’Institut national des beaux-arts de Tétouan, l’Institut Français du Maroc, le Centre Belge de la Bande Dessinée, Wallonie-Bruxelles, l’Institut Cervantès ainsi que plusieurs structures culturelles arabes et africaines.
Au fil des éditions, le FIBaD s’est imposé comme une plateforme dédiée à la création, à la réflexion et à la rencontre autour de la bande dessinée, du manga, de l’illustration et du cinéma d’animation.
Le programme prévoit des expositions, des projections, des ateliers, des débats, des rencontres professionnelles, des séances de dédicaces et des animations destinées au jeune public. Les jeunes auteurs marocains y trouveront également un espace pour présenter leurs projets et établir des contacts avec des maisons d’édition et des professionnels du secteur.
La présence d’invités venus de France, de Belgique, de Suisse, d’Italie, d’Égypte, d’Arabie Saoudite, du Mali, du Bénin, de Mauritanie, de République centrafricaine et d’Espagne illustre la dimension interculturelle du forum. Pendant six jours, Tétouan deviendra ainsi un carrefour de création artistique où se croisent différentes traditions graphiques et narratives.
Le Concours national de musique mise sur les jeunes talents
À Rabat, la Fondation Ténor pour la culture prépare la 23e édition du Concours national de musique du Maroc, prévue du 28 juin au 4 juillet sous l’égide de la Fondation de l’Académie du Royaume du Maroc.
Rendez-vous important pour les jeunes musiciens marocains âgés de 7 à 30 ans, le concours couvre plusieurs disciplines musicales, notamment le piano, les cordes frottées et la musique de chambre. Et pour la première fois, les instruments à vent.
Les organisateurs souhaitent ainsi élargir les perspectives artistiques offertes aux participants et diversifier les profils des candidats. Les inscriptions resteront ouvertes jusqu’au 20 mai.
Toutes les épreuves seront accessibles gratuitement au public, tout comme les activités parallèles organisées en marge du concours. La programmation prévoit notamment des concerts de musique de chambre ainsi qu’une prestation de l’Orchestre Philharmonique du Maroc.
Le jazz symphonique séduit Casablanca et Rabat
À Casablanca, le Théâtre Mohamed Zefzaf a accueilli une soirée consacrée aux grands classiques du jazz dans le cadre de la 16e saison artistique de l’Orchestre Symphonique Royal.
Sous la direction artistique du maestro Oleg Reshetkin, l’orchestre a partagé la scène avec la chanteuse russe Karina Kozhevnikova pour un concert mêlant standards intemporels, rythmes swing et arrangements pour Big Band.
Le Jazz Band de l’OSR a proposé un répertoire puisant dans plusieurs univers musicaux, allant des compositions de Duke Ellington aux chansons des Beatles, en passant par les sonorités soul et funk de Stevie Wonder. Des morceaux comme Can’t Buy Me Love, Deed I Do, Imagine My Frustration ou encore I Wish ont permis au public de voyager entre différentes époques et influences musicales.
La voix expressive de Karina Kozhevnikova, associée à la richesse orchestrale de l’ensemble, a contribué à créer une ambiance à la fois élégante et chaleureuse. Le concert a également illustré la volonté de l’OSR d’ouvrir sa programmation à des formes musicales variées et à des collaborations internationales.
Après Casablanca, cette tournée jazz doit se poursuivre au Théâtre National Mohammed V de Rabat, après des escales à Tanger et El Jadida. À travers cette série de concerts, l’Orchestre Symphonique Royal poursuit son travail de médiation culturelle et de diversification des publics.
Volubilis célèbre les musiques traditionnelles du monde
Dans le cadre majestueux du site archéologique de Volubilis, la 25e édition du Festival international des musiques traditionnelles du monde s’est ouverte avec un concert de la soprano Samira El Kadiri intitulé “D’une rive à l’autre”.
L’artiste marocaine, accompagnée de la chanteuse flamenco Rocío Márquez, a proposé une traversée musicale inspirée des répertoires arabo-andalous et méditerranéens. Entre les vestiges de Oualili et les reliefs du Jbel Zerhoun, le public a assisté à une rencontre artistique marquée par le dialogue entre traditions marocaines et andalouses.
Lauréate du Prix Al Farabi pour la musique antique en 2008, Samira El Kadiri a confirmé la place qu’elle occupe dans la valorisation du patrimoine musical arabo-andalou. Le festival a également accueilli le groupe Oulad Shim pour la musique aïssaouie, dirigé par Hamid Bouhlal.
Comme lors des précédentes éditions, la manifestation a rendu hommage à plusieurs figures des arts patrimoniaux marocains. Cette année, les distinctions ont concerné Mohamed Hamadi du groupe Lamchaheb, le maître gnaoui Hamid El Qasri, le chanteur amazigh Mimoun Ourhou ainsi que Hamid Bouhlal.
Les festivités se poursuivent à Meknès et à Moulay Idriss Zerhoun avec plus de soixante soirées artistiques réunissant des artistes du Maroc, d’Espagne, du Pérou, de France, de Côte d’Ivoire et du Brésil. Les spectacles se déroulent notamment à la place Lahdim, au cinéma Rif et au complexe culturel Moulay Idriss Zerhoun.
À Fès, la médecine dialogue avec les arts et la littérature
À Fès, un colloque international consacré aux liens entre médecine, littérature et arts réunit chercheurs, universitaires et professionnels de la santé autour des enjeux des humanités médicales.
Organisée dans le cadre de la Semaine des Humanités Médicales, cette rencontre est portée conjointement par la Faculté de Médecine, de Pharmacie et de Médecine dentaire et la Faculté des Lettres et des Sciences humaines Dhar El Mahraz de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah.
Le président de l’USMBA, Mustapha Ijjaali, a souligné l’importance de créer des passerelles entre les sciences de la santé et les sciences humaines afin de favoriser une approche plus humaine des pratiques médicales.
Selon lui, les institutions universitaires doivent aujourd’hui encourager le dialogue entre disciplines afin de décloisonner les savoirs et de développer des approches transversales capables de répondre aux défis contemporains.
Les échanges portent notamment sur la représentation du patient et du praticien dans la littérature et les arts, mais aussi sur la manière dont les expressions artistiques peuvent contribuer à enrichir la relation de soin.
Pendant trois jours, les participants débattent ainsi des rapports entre médecine, création artistique et expérience humaine, dans une perspective qui associe réflexion académique, pratique médicale et ouverture culturelle.
Cinéma africain et plateformes numériques : le FICAK ouvre le débat à Khouribga
Prévu du 30 mai au 6 juin à Khouribga, le 26e Festival International du Cinéma Africain de Khouribga (FICAK) consacrera un colloque aux mutations provoquées par les plateformes numériques dans le secteur audiovisuel africain. Chercheurs, critiques, réalisateurs et producteurs débattront des enjeux liés à la diffusion, à la production et à la représentation du cinéma africain à l’ère du streaming.
L’administration du FICAK a choisi de placer au cœur de cette édition la question des plateformes de diffusion numérique et leur impact sur les productions africaines. Selon les organisateurs, l’essor du streaming transforme profondément les modes de création, de distribution et de consommation des œuvres cinématographiques.