Actu
Espagne : un nouvel outil pour surveiller les discours de haine en ligne
L’objectif est de suivre l’évolution de ces discours sur les réseaux sociaux, d’en mesurer l’ampleur et d’en évaluer l’impact dans le débat public. Les données recueillies permettront de mieux comprendre les dynamiques de polarisation qui se développent sur les plateformes.
Face à la montée des propos haineux sur internet, le gouvernement espagnol a annoncé la création d’un nouvel instrument destiné à analyser et mesurer leur présence sur les réseaux sociaux. Baptisé Hodio, ce dispositif vise à rendre plus visible l’ampleur de ces contenus et à renforcer la responsabilité des grandes plateformes numériques dans la lutte contre la haine en ligne.
Un dispositif pour analyser la haine numérique
Présenté à Madrid lors du premier Forum contre la haine, l’outil Hodio doit permettre d’évaluer de manière systématique la diffusion des discours de haine sur les principales plateformes numériques utilisées en Espagne. L’initiative a été dévoilée par le chef du gouvernement Pedro Sánchez, qui souhaite renforcer les mécanismes de surveillance et de transparence dans l’espace numérique.
Le dispositif sera mis en œuvre par l’Observatoire espagnol du racisme et de la xénophobie. Selon les autorités, son fonctionnement reposera sur des critères académiques reconnus afin d’assurer une analyse rigoureuse des contenus observés.
L’objectif est de suivre l’évolution de ces discours sur les réseaux sociaux, d’en mesurer l’ampleur et d’en évaluer l’impact dans le débat public. Les données recueillies permettront de mieux comprendre les dynamiques de polarisation qui se développent sur les plateformes.
Des rapports publics pour responsabiliser les plateformes
Les résultats des analyses réalisées par Hodio seront rendus publics dans des rapports semestriels. Ceux-ci incluront notamment un classement des plateformes selon l’ampleur des discours de haine qui y circulent.
Pour Pedro Sánchez, cette transparence vise à exercer une pression sur les entreprises technologiques. Les rapports permettront, selon lui, d’identifier les plateformes qui agissent pour limiter la propagation de la haine et celles qui restent passives face à ces contenus.
Le chef du gouvernement a également rappelé que les délits de haine ont augmenté de manière significative en Espagne, avec une progression de 41 % au cours de la dernière décennie. Dans ce contexte, l’exécutif estime indispensable de renforcer les instruments de contrôle et de prévention.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réguler davantage l’espace numérique. Le mois dernier, le gouvernement espagnol avait déjà annoncé plusieurs mesures pour encadrer l’usage des réseaux sociaux, dont la possibilité d’interdire l’accès à ces plateformes aux mineurs de moins de 16 ans.