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Finances publiques : un déficit de 9,6 milliards de dirhams en janvier 2026
La SCRT, document statistique élaboré selon les normes internationales des finances publiques, retrace les flux budgétaires de l’État, incluant recettes, dépenses, déficit et modalités de financement. Les chiffres de janvier 2026 illustrent un début d’exercice marqué par un recul des ressources fiscales
La situation des charges et ressources du Trésor fait apparaître, à fin janvier 2026, un déficit budgétaire de 9,6 milliards de dirhams, en hausse par rapport à la même période de l’an dernier. Entre recul des recettes, évolution contrastée des dépenses et mobilisation du financement, les premiers chiffres de l’année traduisent les tensions qui pèsent sur l’exécution budgétaire.
Un déficit aggravé sous l’effet du repli des recettes
Selon le ministère de l’Économie et des Finances, le déficit budgétaire s’est établi à 9,6 milliards de dirhams en janvier 2026, contre 6,9 milliards un an auparavant, soit une progression de plus de 40 %. Cette évolution résulte principalement d’une contraction des recettes de 2,7 milliards de dirhams, combinée à une légère hausse des dépenses globales de 70 millions.
Les recettes ordinaires, nettes des remboursements et dégrèvements fiscaux, ont atteint 29,77 milliards de dirhams, correspondant à un taux de réalisation de 7 % des prévisions de la Loi de finances. Les recettes fiscales ont reculé de 9,4 % pour s’établir à près de 27,9 milliards, avec un taux d’exécution de 7,6 %. À l’inverse, les recettes non fiscales ont progressé de 19 % pour dépasser 1,25 milliard de dirhams.
Les comptes spéciaux du Trésor ont, de leur côté, généré des recettes en légère hausse de 1,3 %, atteignant 618 millions de dirhams. Malgré cette progression ponctuelle, l’ensemble des ressources demeure en retrait par rapport à janvier 2025.
Des dépenses ordinaires en baisse, l’investissement en hausse
Les dépenses ordinaires ont enregistré un recul significatif de 22,4 %, s’établissant à 32,7 milliards de dirhams, soit un taux d’exécution de 8,6 %. Cette diminution s’explique par une baisse des charges au titre des biens et services de 23,6 % et par un recul des dépenses de compensation de 28,8 %.
En revanche, les intérêts de la dette ont progressé de 42,5 %, reflétant l’impact du service de la dette dans un contexte de tensions sur les marchés financiers. Les évolutions combinées des recettes et des dépenses ordinaires ont conduit à un solde ordinaire déficitaire de 2,9 milliards de dirhams, nettement inférieur au déficit de 9,7 milliards enregistré un an plus tôt.
Les dépenses d’investissement ont, quant à elles, augmenté de 15,1 % pour atteindre 15 milliards de dirhams, représentant un taux de réalisation de 13 % des prévisions annuelles. Cette progression traduit la poursuite des programmes d’investissement public en début d’exercice.
Globalement, les dépenses totales, y compris celles des services de l’État gérés de manière autonome et des comptes spéciaux, ont progressé de 0,2 % pour s’établir à 39,4 milliards de dirhams.
Un besoin de financement réduit mais toujours élevé
La situation budgétaire s’est traduite par un besoin de financement de 15,5 milliards de dirhams en janvier 2026, en baisse par rapport aux 26,2 milliards enregistrés à la même période de 2025, soit une contraction de près de 49 %.
Pour couvrir ce besoin, le Trésor a mobilisé 11,7 milliards de dirhams nets sur le marché domestique. Les souscriptions ont atteint 19,7 milliards, tandis que les remboursements en principal se sont élevés à 8 milliards.
Sur le plan extérieur, les emprunts nets se sont établis à 1,4 milliard de dirhams, comprenant des tirages de 2,3 milliards et des amortissements de 877 millions. Le financement intérieur a représenté 14,12 milliards de dirhams, contre 1,38 milliard pour le financement extérieur.
La SCRT, document statistique élaboré selon les normes internationales des finances publiques, retrace les flux budgétaires de l’État, incluant recettes, dépenses, déficit et modalités de financement. Les chiffres de janvier 2026 illustrent un début d’exercice marqué par un recul des ressources fiscales, un effort d’investissement soutenu et un recours maîtrisé au financement, dans un contexte budgétaire exigeant.