Industrie et construction : un début d’année 2026 placé sous le signe de la reprise prudente

Industrie et construction : un début d’année 2026 placé sous le signe de la reprise prudente

En recul relatif l’industrie alimentaire et la fabrication d’équipements électriques. Malgré ces variations, les carnets de commandes ont été jugés globalement à un niveau normal par les chefs d’entreprise.

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Les dernières enquêtes de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan dressent un tableau nuancé de l’activité économique au Maroc. Si l’industrie manufacturière et le secteur de la construction devraient entamer l’année 2026 sur une dynamique globalement positive, certaines branches demeurent confrontées à des incertitudes liées aux approvisionnements, aux tensions de trésorerie ou à l’évolution des marchés internationaux. Entre reprise sectorielle, ajustements productifs et investissements ciblés, les entreprises abordent le premier trimestre avec un optimisme mesuré.

Une industrie manufacturière orientée à la hausse

Selon les anticipations recueillies par le Haut-Commissariat au Plan, les entreprises de l’industrie manufacturière s’attendent à une progression de leur production au premier trimestre 2026. Cette évolution serait principalement portée par plusieurs branches structurantes de l’appareil productif national.

L’industrie alimentaire, la chimie et la fabrication de produits métalliques devraient en effet enregistrer une hausse d’activité. Ces secteurs bénéficient à la fois d’une demande soutenue et d’une consolidation progressive des chaînes de production. À l’inverse, d’autres segments industriels pourraient connaître un ralentissement relatif, notamment l’industrie automobile et la fabrication d’autres produits minéraux non métalliques.

Malgré ces contrastes sectoriels, les industriels prévoient globalement une légère augmentation des effectifs employés. Cette perspective traduit une confiance modérée dans la capacité du secteur à maintenir son rythme de production tout en consolidant l’emploi.

Retour sur l’évolution de l’activité au quatrième trimestre 2025

Les résultats observés à la fin de l’année 2025 confirment déjà certaines tendances structurelles. La production de l’industrie manufacturière aurait connu une progression notable au quatrième trimestre.

Cette hausse s’explique principalement par l’augmentation de l’activité dans plusieurs branches industrielles clés, notamment l’industrie automobile, la chimie, la fabrication de produits minéraux non métalliques ainsi que la métallurgie. Ces secteurs ont contribué à soutenir l’ensemble de la production manufacturière.

En revanche, d’autres activités ont enregistré un recul relatif, en particulier l’industrie alimentaire et la fabrication d’équipements électriques. Malgré ces variations, les carnets de commandes ont été jugés globalement à un niveau normal par les chefs d’entreprise.

Sur le plan de l’emploi, la situation est restée stable durant cette période. Le taux d’utilisation des capacités de production dans l’industrie manufacturière s’est établi à 74 %, un niveau qui reflète une activité industrielle relativement soutenue sans atteindre toutefois son plein potentiel.

Des contraintes persistantes pour certaines entreprises

Malgré ces perspectives globalement favorables, plusieurs difficultés continuent de peser sur les entreprises industrielles. Au quatrième trimestre 2025, près de 35 % des entreprises manufacturières ont signalé des problèmes d’approvisionnement en matières premières.

Ces difficultés concernent principalement les matières premières d’origine étrangère, illustrant la dépendance persistante de certaines filières industrielles aux marchés internationaux et aux fluctuations logistiques.

Les stocks de matières premières sont toutefois restés globalement à un niveau jugé normal. En revanche, la situation de trésorerie demeure un sujet de préoccupation pour une partie des entreprises. Environ 18 % des chefs d’entreprise ont qualifié leur situation financière de difficile. Cette proportion atteint près de 40 % dans l’industrie pharmaceutique, un secteur particulièrement sensible aux coûts de production et aux contraintes réglementaires.

Industrie extractive : des perspectives contrastées

Dans le secteur de l’industrie extractive, les entreprises anticipent une baisse de la production au premier trimestre 2026. Cette évolution serait principalement liée à une diminution attendue de la production de phosphates.

Ce secteur stratégique de l’économie nationale avait déjà enregistré une stabilité de sa production au quatrième trimestre 2025, en raison de la stagnation de l’activité phosphatière. Les prix de vente des produits extractifs auraient également connu une baisse durant cette période.

Paradoxalement, les entreprises du secteur prévoient néanmoins une augmentation de leurs effectifs. Cette tendance pourrait refléter des stratégies d’adaptation ou des projets d’expansion à moyen terme malgré le ralentissement ponctuel de la production.

Repli attendu dans l’industrie énergétique

Le secteur énergétique devrait pour sa part enregistrer un recul de sa production au premier trimestre 2026. Cette baisse serait principalement imputable au ralentissement de l’activité dans la branche de production et de distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné.

Au cours du quatrième trimestre 2025, la production énergétique avait déjà enregistré un recul notable. Les prix de vente des produits énergétiques ont également diminué durant cette période.

L’emploi dans ce secteur suit la même tendance baissière, traduisant les ajustements opérés par les entreprises face à l’évolution de la demande et aux transformations du marché énergétique.

Stabilité dans l’industrie environnementale

À l’inverse, l’industrie environnementale devrait afficher une stabilité de sa production au premier trimestre 2026. Cette situation s’explique principalement par la stagnation des activités liées au captage, au traitement et à la distribution d’eau.

Les effectifs employés dans ce secteur devraient également rester stables. Cette stabilité reflète un fonctionnement relativement constant de ces services essentiels, dont l’activité dépend davantage de la demande structurelle que des cycles économiques.

Construction : des perspectives de reprise en 2026

Le secteur de la construction affiche pour sa part des perspectives encourageantes pour le début de l’année 2026. Les chefs d’entreprise anticipent globalement une augmentation de l’activité durant le premier trimestre.

Cette évolution serait principalement portée par la hausse attendue dans les branches de la construction de bâtiments et du génie civil. En revanche, les travaux de construction spécialisés pourraient enregistrer un léger recul.

Cette dynamique positive devrait s’accompagner d’une augmentation des effectifs employés dans le secteur.

Un secteur déjà orienté à la hausse fin 2025

Les données relatives au quatrième trimestre 2025 confirment déjà cette tendance. L’activité du secteur de la construction aurait enregistré une progression durant cette période.

Cette évolution résulte d’une hausse de l’activité dans les branches du génie civil et des travaux de construction spécialisés, tandis que la construction de bâtiments a connu une stagnation.

Les carnets de commandes ont été jugés globalement à un niveau normal. L’emploi est resté stable, tandis que le taux d’utilisation des capacités de production s’est établi à 69 %.

Des tensions financières persistantes dans le bâtiment

Malgré cette amélioration de l’activité, certaines difficultés continuent de peser sur les entreprises du secteur.

Au quatrième trimestre 2025, environ 9 % des entreprises ont signalé des difficultés d’approvisionnement en matières premières. La principale contrainte demeure toutefois la situation financière.

Près de 31 % des chefs d’entreprise ont jugé leur trésorerie difficile, ce qui témoigne de la pression financière qui continue d’affecter une partie du secteur.

Par ailleurs, les investissements réalisés en 2025 par les entreprises de la construction, de l’industrie manufacturière, extractive et énergétique ont été principalement orientés vers le remplacement d’équipements existants et l’extension des capacités d’activité.

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