Actu
La Culture cette semaine via Marrakech, Taza, Essaouira, Tarifa-Tanger, Pékin et Paris
Deuxième édition du Festival “Rokeh” national à Marrakech du théâtre professionnel, réunissant une large palette d’artistes et de professionnels de la scène
Théâtre à Marrakech et Taza, Alizés à Essaouira, Cinéma Africain de Tarifa-Tanger patrimoine numismatique à Pékin, réflexion sur l’islam et la culture Paris, la scène culturelle marocaine se déploie à travers festivals, publications et présence à l’international. Théâtre, musique, cinéma, littérature et patrimoine se croisent dans une programmation portée par des acteurs institutionnels et associatifs.
Marrakech, épicentre du théâtre professionnel
La ville de Marrakech a donné le coup d’envoi de la deuxième édition du Festival “Rokeh” national du théâtre professionnel, réunissant une large palette d’artistes et de professionnels de la scène. Organisé par l’Association Rokeh pour la culture et les arts, cet événement ambitionne de renforcer la place du théâtre comme espace d’expression, de créativité et de réflexion sociétale.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par la représentation de “Al-Moutamarrida” (La Rebelle), portée par la troupe Théâtre Al-Moultaka de Kénitra. Cette pièce, qui aborde des thématiques humaines et sociales dans une approche contemporaine, donne le ton d’une programmation axée sur la diversité des expériences artistiques.
Placée sous le thème “L’histoire commence sur scène”, cette édition propose plusieurs spectacles issus de différentes villes du Royaume, notamment “Kalaj” de la troupe Khachabat Al-Baïda de Casablanca et “Zerouali”, avant une clôture prévue avec “Lmejdoubia” du collectif Atelier 21. Le festival prévoit également un hommage à deux figures du théâtre marocain, Jamila El Maslouhi et Saâdallah Abdelmajid, en reconnaissance de leur contribution à la scène nationale.
Au-delà des représentations, un important volet de formation est mis en place, comprenant des ateliers d’art dramatique, de scénographie et un atelier “Théâtre Danza”. Une masterclass animée par Redouane Ibrahimi offre aux jeunes artistes un espace d’échange autour de son parcours, renforçant les passerelles entre générations.
Le patrimoine monétaire marocain à l’international
Sur le plan international, le Maroc met en valeur son patrimoine numismatique en Chine. Bank Al-Maghrib a remis à l’Université des Finances et de l’Économie de Dalian une collection de pièces et de billets retraçant l’histoire monétaire du Royaume.
Cette exposition permanente, accompagnée de notices explicatives en anglais, permet de retracer l’évolution économique du pays, depuis le rial hassani jusqu’aux émissions contemporaines. Elle s’inscrit dans un projet muséal plus large consacré à l’histoire du commerce, depuis la Route de la soie jusqu’aux dynamiques économiques actuelles.
En intégrant des collections provenant de seize pays partenaires, l’université chinoise propose un regard comparatif sur les cultures économiques, renforçant ainsi la visibilité internationale du patrimoine marocain.
Le théâtre pour enfants au cœur de Taza
La ville de Taza se prépare à accueillir la 25e édition du Festival international du théâtre de l’enfant, organisée par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication sous le Haut Patronage de Mohammed VI.
Prévu du 27 au 30 avril, cet événement rassemblera des troupes venues de plusieurs pays, dont l’Espagne, l’Argentine, l’Égypte ou encore l’Espagne, aux côtés de compagnies marocaines. Les représentations se tiendront dans divers espaces culturels de la ville, favorisant l’accès du jeune public à des œuvres variées.
Le programme inclut également des ateliers pédagogiques, des animations artistiques et une conférence sur le rôle du théâtre comme outil de soutien psychologique pour les enfants. Placée sous le slogan “Un quart de siècle de théâtre, bâtir une génération et dessiner une nation”, cette édition souligne l’importance de la culture dans le développement éducatif et social.
Une anthologie maghrébine pour une nouvelle génération
Dans le domaine littéraire, la parution de l’anthologie “Miel de la Terre” constitue une initiative éditoriale inédite réunissant quatre auteurs du Maghreb. Abderrahim El Khassar pour le Maroc, Khouloud Elfallah pour la Libye, Maaz Majid pour la Tunisie et Hakim Miloud pour l’Algérie proposent une sélection de 47 poètes de la nouvelle génération.
Publié simultanément dans quatre pays, cet ouvrage met en lumière une sensibilité moderniste et une écriture ouverte sur les mutations contemporaines. Il témoigne d’une volonté de dépasser les frontières nationales pour construire un espace littéraire maghrébin partagé.
Réflexion critique autour du cinéma
L’Association marocaine des critiques de cinéma a, de son côté, publié le 18e numéro de la Revue marocaine des recherches cinématographiques. Cette édition propose des analyses en arabe et en français, ainsi qu’un dossier consacré à l’école de Francfort et à son apport dans la critique artistique.
En s’appuyant sur des approches issues des sciences sociales, la revue offre des lectures renouvelées du cinéma à la lumière des transformations contemporaines. Elle inclut également des études consacrées à des films marocains, confirmant la vitalité du champ critique national.
À Paris, une réflexion sur l’islam et la culture
Sur la scène internationale, l’auteure Reem Yasmina Laghrari a présenté à Paris ses deux ouvrages consacrés à l’islam et à la culture musulmane. Lors d’une rencontre à l’ambassade du Maroc, elle a exposé sa démarche visant à clarifier certaines perceptions et à lutter contre les idées reçues.
À travers une approche mêlant rigueur historique et réflexion spirituelle, ses ouvrages proposent une lecture accessible des figures prophétiques et des fondements de la tradition islamique, tout en mettant en évidence les convergences entre différentes traditions religieuses.
Marrakech, carrefour de la créativité contemporaine
Dans la région Marrakech-Safi, plusieurs initiatives témoignent d’un dynamisme culturel soutenu. La Maison de la Poésie de Marrakech organise ainsi un forum dédié à la créativité féminine, en partenariat avec l’Université Cadi Ayyad, ouvrant un espace de réflexion sur les pratiques artistiques contemporaines.
Parallèlement, le Festival Cadi Ayyad de musique a permis à des étudiants de présenter leurs talents dans divers registres, renforçant l’intégration des arts dans le milieu universitaire. La ville accueillera également la 25e édition du Festival d’astronomie, qui proposera conférences et observations du ciel, mêlant vulgarisation scientifique et exploration.
Essaouira et le dialogue musical
À Essaouira, la 22e édition du Festival Printemps Musical des Alizés mettra à l’honneur la musique de chambre autour du thème du dialogue. Organisé par l’Association Essaouira-Mogador et la Fondation Ténor pour la Culture, cet événement proposera une douzaine de concerts gratuits dans des lieux emblématiques de la ville.
Des artistes internationaux, tels que le pianiste Lucas Debargue ou le Trio Arnold, participeront à cette programmation qui explore les interactions entre styles et époques. L’Orchestre Philharmonique du Maroc y présentera également deux soirées symphoniques.
Cinéma africain entre mémoire et modernité
Enfin, la 23e édition du Festival de Cinéma Africain de Tarifa-Tanger réunira quatorze longs-métrages en compétition officielle. Cette sélection, qui inclut des œuvres marocaines, met en avant des thématiques liées à la mémoire, aux migrations et aux dynamiques sociales contemporaines.
Les films présentés privilégient des formes narratives innovantes, mêlant fiction, documentaire et expérimentation visuelle. Cette orientation témoigne d’une volonté de renouveler les regards sur les réalités africaines et de valoriser une esthétique engagée.
À travers ces multiples rendez-vous, le Maroc confirme son positionnement comme un espace de création et d’échange, où les disciplines artistiques dialoguent et s’enrichissent mutuellement.