La Culture en Brèves : Théâtre, poésie, animation et cinéma

La Culture en Brèves : Théâtre, poésie, animation et cinéma

« Mira » de Nour-Eddine Lakhmari. Le film suit une adolescente de treize ans vivant dans le Moyen Atlas et confrontée aux questions de liberté, de migration clandestine et d’émancipation féminine.

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Rabat, Meknès et Rotterdam, plusieurs manifestations culturelles mettent en avant la création artistique contemporaine et les échanges internationaux. Théâtre immersif consacré à Tanger, lancement d’un rendez-vous mondial de la poésie, débats sur l’animation au FICAM et présence du cinéma marocain au Festival du film arabe de Rotterdam illustrent la diversité des initiatives culturelles portées par le Royaume en 2026.

Le patrimoine marocain revisité sur scène à Rabat

La Kasbah des Oudayas à Rabat a accueilli samedi soir la représentation de la pièce « Sous le ciel de Tanger », présentée par la troupe Saloua Regragui. Cette création théâtrale s’inscrit dans le projet « Le patrimoine sur scène », une initiative destinée à valoriser les monuments historiques marocains et à mettre en lumière le patrimoine matériel et immatériel du Royaume.

Le spectacle plonge le public dans l’atmosphère de Tanger en 1924, alors que la ville du Détroit vivait sous statut international et constituait un espace de rencontres diplomatiques, artistiques et culturelles. L’intrigue se déroule dans la célèbre demeure Perdicaris, lieu emblématique de l’histoire tangéroise.

La mise en scène repose sur une approche immersive et itinérante visant à rapprocher le public des espaces patrimoniaux tout en les intégrant à la narration théâtrale. La représentation dans le cadre historique de la Kasbah des Oudayas participe ainsi à cette volonté de créer un dialogue entre le spectacle vivant et les lieux chargés de mémoire.

La metteuse en scène Saloua Regragui explique que cette création ambitionne de replonger les spectateurs dans une période importante de l’histoire de Tanger et du Maroc afin d’en explorer les multiples dimensions sociales et culturelles. La pièce met également en avant les formes de coexistence qui ont marqué l’histoire de la ville.

De son côté, l’auteure et productrice Naïma Slimi souligne que « Sous le ciel de Tanger » constitue la première création du projet « Le patrimoine sur scène ». L’objectif est de contribuer à la valorisation des sites historiques nationaux et à leur transmission auprès des jeunes générations.

Cette œuvre représente également la première expérience théâtrale en plein air de la troupe Saloua Regragui, fondée en 2019 et spécialisée dans des créations inspirées de l’histoire marocaine.

Rabat prépare les « Continentales de la poésie »

La capitale marocaine accueillera les 12 et 13 novembre la première édition des « Continentales de la poésie », une nouvelle rencontre internationale placée sous le parrainage de l’UNESCO.

Initiée par les poètes marocains Mustapha Kébir Ammi et Kaïsse Ben Yahia, cette manifestation s’inscrit dans le cadre de « Rabat, Capitale mondiale du livre 2026 ».

L’événement ambitionne de réunir des voix poétiques issues de différents continents dans leurs langues d’origine afin de favoriser le dialogue entre les cultures, les imaginaires et les sensibilités humaines autour de la poésie.

Selon les organisateurs, cette rencontre entend consolider la vocation culturelle et diplomatique du Maroc comme espace de dialogue, de coexistence et d’échanges intellectuels. Le programme prévoit des lectures publiques, des rencontres institutionnelles, des échanges avec le public ainsi que la publication d’une anthologie multilingue.

Les « Continentales de la poésie » souhaitent également inscrire Rabat parmi les grandes scènes internationales dédiées à la création poétique contemporaine. Des poètes venus d’Afrique, du monde arabe, d’Europe, d’Asie, des Amériques et d’Océanie sont attendus lors de cette première édition.

Les organisateurs rappellent aussi que le Maroc avait joué un rôle dans l’adoption par l’UNESCO de la Journée mondiale de la poésie célébrée chaque année le 21 mars. Cette nouvelle manifestation entend prolonger cette dynamique en créant une plateforme culturelle durable autour des valeurs de création, de transmission et de dialogue interculturel.

Le FICAM entre projections et débats sur l’animation

À Meknès, la 24e édition du Festival International de Cinéma d’Animation de Meknès poursuit ses activités autour du thème « La jeunesse fait son cinéma d’animation ».

La troisième journée du festival a été marquée par la projection de cinq films dans différents espaces du FICAM ainsi que par des débats consacrés à l’évolution de l’industrie de l’animation.

Dans le cadre du programme « Pique-nique du FICAM », le public a notamment découvert « Super Mario Galaxy » en 3D, réalisé par Aaron Horvath et Michael Jelenic. Le film suit Mario, Luigi et Yoshi dans une aventure spatiale destinée à sauver l’univers menacé par Bowser Jr.

Le festival a également programmé « Le secret des mésanges » de Antoine Lanciaux et Pierre-Luc Granjon, présenté en présence de ses réalisateurs. Le film raconte l’histoire de Lucie, une fillette de neuf ans qui découvre un secret familial au cours de vacances passées à Bectoile.

Dans la section « Écran large », les spectateurs ont assisté à la projection de « Zootopia 2 » de Byron Howard et Jared Bush. Le long métrage met en scène les agents Judy Hopps et Nick Wilde confrontés à une nouvelle enquête dans la métropole animale de Zootopie.

Autre projection remarquée : « Planètes » de Momoko Seto. Ce film suit quatre graines de pissenlit projetées dans le cosmos après la destruction de la Terre par des explosions nucléaires. L’œuvre aborde les migrations environnementales et la quête d’un territoire habitable à travers un univers microscopique et imaginaire.

La journée s’est achevée avec « Les Marocains du ciel », une production en darija du studio Artcoustic consacrée à Touria Chaoui. Le film retrace le parcours de cette pionnière de l’aviation marocaine depuis le retour d’exil de feu Mohammed V jusqu’à son entrée dans une école de pilotage réservée aux hommes étrangers.

Parallèlement aux projections, le Forum du FICAM a réuni professionnels, étudiants et créateurs autour d’une rencontre consacrée au rôle actuel de la télévision dans le développement du cinéma d’animation et aux défis auxquels fait face le secteur.

Le cinéma marocain présent au Festival du film arabe de Rotterdam

Le cinéma marocain participera à la 26e édition du Festival du film arabe de Rotterdam prévue du 10 au 14 juin aux Pays-Bas.

Trois longs métrages marocains figurent dans la programmation de cette édition qui rassemble une trentaine de films issus de différents pays arabes et méditerranéens.

« L’Héritier des secrets », troisième film du réalisateur Mohamed Nadif, ouvrira la participation marocaine. Adapté librement d’un roman de Fatiha Morchid, ce long métrage explore les relations complexes entre un père et son fils.

Le réalisateur Ali Benjelloun présentera également « Goundafa, le chant maudit », son premier long métrage. Situé dans un village du Haut Atlas, le film aborde les tensions provoquées par l’arrivée d’un imam rigoriste dans une communauté amazighe attachée à ses traditions musicales.

La participation marocaine sera complétée par « Mira » de Nour-Eddine Lakhmari. Le film suit une adolescente de treize ans vivant dans le Moyen Atlas et confrontée aux questions de liberté, de migration clandestine et d’émancipation féminine.

Créé en 2000, le Festival du film arabe de Rotterdam est devenu l’un des principaux rendez-vous du cinéma arabe en Europe. Cette 26e édition mettra particulièrement l’accent sur la Syrie à travers une programmation consacrée aux conséquences du conflit, aux migrations et aux récits de résilience.

Le festival prévoit également une journée dédiée au cinéma palestinien ainsi qu’une soirée spéciale consacrée aux femmes. À travers cette programmation, le RAFF poursuit son ambition de faire découvrir au public européen les nouvelles voix du cinéma arabe contemporain et les transformations culturelles à l’œuvre dans la région.

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