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La presse professionnelle, partenaire clé de la lutte contre la corruption
La presse, quand elle est intègre, joue un rôle qui dépasse largement la simple transmission de l’information. Elle contribue à former l’opinion publique, à renforcer la vigilance citoyenne et à sensibiliser la société aux enjeux de l’intégrité et de la bonne gouvernance
Oulmès – Le président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), Mohamed Benalilou, a souligné vendredi à Oulmès le rôle central de la presse professionnelle dans la promotion de l’intégrité, de la transparence et de la reddition des comptes. Il s’exprimait à l’ouverture d’un atelier de formation consacré au traitement médiatique des affaires de corruption, organisé en partenariat avec le Forum médias et citoyenneté.
Un acteur indispensable de la transparence
Pour Mohamed Benalilou, la lutte contre la corruption ne peut reposer uniquement sur l’action des institutions judiciaires et des organes de contrôle. Elle nécessite également l’implication de médias professionnels, indépendants et crédibles, capables de mettre au jour les dysfonctionnements, d’en expliquer les mécanismes et d’alimenter un débat public responsable.
Selon lui, la presse joue un rôle qui dépasse largement la simple transmission de l’information. Elle contribue à former l’opinion publique, à renforcer la vigilance citoyenne et à sensibiliser la société aux enjeux de l’intégrité et de la bonne gouvernance.
L’investigation, moteur de la reddition des comptes
Le président de l’INPPLC a rappelé que de nombreuses affaires de corruption à travers le monde ont été révélées grâce à des enquêtes journalistiques approfondies. Ces expériences démontrent, a-t-il indiqué, la capacité des médias à contribuer à la transparence et à la reddition des comptes lorsqu’ils exercent leur mission avec professionnalisme.
Il a toutefois souligné que l’audace, qualité essentielle du journalisme, doit toujours s’accompagner de rigueur, de vérification des faits et d’un sens élevé de la responsabilité. Le traitement des dossiers liés à la corruption demeure, à cet égard, l’un des exercices les plus complexes du métier, en raison de la nécessité de concilier plusieurs droits et impératifs.
Les risques d’une médiatisation non maîtrisée
Mohamed Benalilou a également mis en garde contre certaines dérives susceptibles d’affaiblir l’impact positif des médias dans ce domaine. Il a notamment évoqué la multiplication de discours reposant sur des informations insuffisamment vérifiées ou dépourvues d’éléments probants.
Si la forte médiatisation des questions de corruption peut constituer le signe d’une société vigilante lorsque les règles professionnelles sont respectées, elle peut aussi produire des effets contre-productifs lorsqu’elle se transforme en accusations généralisées ou en affirmations non étayées. Une telle situation risque d’alimenter la confusion plutôt que de favoriser l’établissement des responsabilités.
Un débat public au service de la réforme
Le président de l’Instance a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective fondée sur des faits avérés, la détection des dysfonctionnements et leur traitement efficace. La lutte contre la corruption, a-t-il affirmé, suppose également l’existence d’un débat public sain, constructif et responsable.
Selon lui, promouvoir ce débat est aussi important que la lutte contre la corruption elle-même. Les deux démarches participent à la consolidation de la confiance des citoyens, au renforcement de l’État de droit et à la capacité de la société à engager les réformes nécessaires pour améliorer la gouvernance publique.