Laâyoune et Dakhla, plateformes d’une coopération africaine par la science et l’économie bleue

Laâyoune et Dakhla, plateformes d’une coopération africaine par la science et l’économie bleue

Dakhla accueille la deuxième édition du Salon et Forum SeaFood4Africa 2026 sous le thème de la construction de chaînes de valeur africaines durables et innovantes.

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Du Sahara atlantique à la façade sahélo-saharienne, le sud du Maroc confirme son rôle de plateforme africaine de dialogue et d’innovation. À Laâyoune, chercheurs et experts se réunissent autour de la diplomatie scientifique, tandis qu’à Dakhla, industriels et décideurs explorent l’avenir de l’économie bleue. Deux événements distincts mais complémentaires qui traduisent une même ambition: construire des partenariats durables fondés sur la connaissance, la technologie et l’investissement partagé au service du développement africain.

Laâyoune, la science comme langage diplomatique

Les 9 et 10 février, la Faculté de médecine et de pharmacie de Laâyoune accueille le Forum du Sahel et du Sahara pour la diplomatie scientifique. L’initiative, portée par le groupe Ecology Moroccan Technology, place la recherche et l’innovation au cœur du rapprochement entre pays africains.

L’événement s’inscrit dans une logique de coopération intellectuelle où l’échange d’expertise devient un outil diplomatique. Les discussions portent sur plusieurs domaines stratégiques : santé, innovation scientifique, ingénierie climatique et énergétique. L’objectif n’est pas seulement académique. Il s’agit de favoriser la conclusion de partenariats concrets entre universités, centres de recherche et institutions publiques africaines.

Cette approche s’appuie sur le soft power scientifique, où la production de savoir et la formation deviennent des leviers d’influence et de coopération. Le forum ambitionne ainsi de structurer un réseau africain de compétences capable de répondre aux défis communs, notamment climatiques et sanitaires.

Dans cette perspective, la diplomatie scientifique apparaît comme un prolongement naturel des relations maroco-africaines, privilégiant la circulation des connaissances plutôt que la seule logique commerciale.

Dakhla, laboratoire continental de l’économie bleue

Quelques centaines de kilomètres plus au sud, Dakhla accueille la deuxième édition du Salon et Forum SeaFood4Africa 2026 sous le thème de la construction de chaînes de valeur africaines durables et innovantes.

Organisé par la Fédération nationale des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche, l’événement confirme l’ambition du Maroc de se positionner comme hub africain de l’économie maritime. Le secteur halieutique, l’un des plus dynamiques de l’économie nationale, y est présenté comme un levier de souveraineté alimentaire et industrielle.

Responsables gouvernementaux et opérateurs économiques insistent sur l’importance d’une coopération Sud-Sud renforcée. L’objectif consiste à dépasser l’exportation brute de ressources pour favoriser la transformation locale, la création d’emplois et l’augmentation de la valeur ajoutée sur le continent.

L’aquaculture occupe une place centrale dans cette stratégie. Considérée comme un axe de diversification, elle ouvre la voie à un modèle productif plus durable et compétitif.

Un port, un territoire, une projection continentale

La tenue du forum s’inscrit dans les transformations majeures que connaît la région de Dakhla-Oued Eddahab, notamment avec la future mise en service du port Dakhla Atlantique. Ce projet structurant vise à faire de la région un pôle économique reliant l’Afrique, l’Europe et les marchés internationaux.

La coopération avec plusieurs pays africains, notamment dans la gestion des ressources halieutiques partagées, est présentée comme essentielle pour garantir la durabilité des stocks marins. La gestion commune des ressources devient ainsi un enjeu environnemental autant qu’économique.

Des délégations africaines soulignent également l’importance du transfert technologique. L’idée défendue est claire: les solutions adaptées au continent peuvent désormais être développées en Afrique même, avec le Maroc comme catalyseur régional.

Vers une économie africaine intégrée

Au-delà des stands d’exposition et des rencontres d’affaires, SeaFood4Africa sert de plateforme de convergence entre politiques publiques, financement et innovation industrielle. Conférences, panels et rencontres professionnelles permettent de faire émerger des projets communs.

L’événement repose sur trois axes principaux : transformation industrielle des produits de la mer, développement d’une économie bleue durable et stimulation de l’investissement. L’ensemble vise à structurer des chaînes de valeur africaines complètes, depuis la pêche jusqu’à la commercialisation internationale.

Une même logique relie ainsi Laâyoune et Dakhla : celle d’un continent qui cherche à produire, transformer et innover sur son propre territoire.

Une stratégie fondée sur le savoir et la production

Entre diplomatie scientifique et économie maritime, les deux rencontres traduisent une évolution du partenariat africain. Le Maroc privilégie une coopération qui associe formation, recherche et industrie.

Laâyoune propose l’échange de connaissances et la formation de compétences, tandis que Dakhla met en avant la production, l’investissement et l’intégration économique. Ensemble, elles dessinent un modèle de coopération où la science prépare l’économie et où l’économie finance l’innovation.

Dans un contexte international marqué par la compétition technologique et la sécurité alimentaire, cette articulation apparaît comme un levier de souveraineté partagée pour les pays africains.

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