Le Centre Inmae au SIEL : La recherche indépendante réclame le soutien de l'État

Le Centre Inmae au SIEL : La recherche indépendante réclame le soutien de l'État

Mariam Ait Ahmed professeure à l'université ibn tofail a Kénitra et présidente du centre inmae (à gauche) et Mohamed Aberbache un conseiller du centre

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Par Zakaria Berala

Doctorant, membre du centre Inmae

Le Centre Inmae pour la Recherche et les Études Prospectives a marqué de son empreinte la 31ème édition du Salon International de l'Édition et du Livre (SIEL) à Rabat. Sous la direction de la professeure Mariam Ait Ahmed, le centre a prouvé la force de la recherche académique marocaine en créant un véritable pont intellectuel avec l'Asie du Sud-Est. Face à ce succès, un appel urgent est lancé aux autorités pour financer et soutenir ces initiatives qui enrichissent le paysage culturel national.

Loin des simples expositions commerciales, le Centre Inmae a animé deux rencontres majeures qui ont attiré un public nombreux et spécialisé. Au pavillon de l'association indonésienne "Nahdlatul Ulama", la professeure Mariam Ait Ahmed a présenté une analyse pointue du manuscrit historique "Kaf Al-Awam", écrit par le Cheikh Hachim Ashari. L'édition de ce texte est le fruit d'un travail collaboratif avec des chercheurs indonésiens, encadré et publié par le centre marocain.

Par ailleurs, le centre a organisé la signature du nouveau livre du Dr Mohamed Abarbach, "Le système des valeurs éthiques", préfacé par la professeure Ait Ahmed. Cet ouvrage pose les bases d'un dialogue rationnel pour protéger la société de l'extrémisme. Ces événements ont également permis de mettre en lumière le riche catalogue du centre, qui propose des études sur la comparaison des religions, l'éducation des jeunes à l'ère numérique, et même des romans abordant les bouleversements mondiaux. Le centre prévoit d'ailleurs de traduire ses œuvres en indonésien et en anglais pour exporter la pensée marocaine.

Cependant, le rayonnement du Centre Inmae soulève une question fondamentale : comment garantir la survie de ces projets ambitieux ? Aujourd'hui, les centres de recherche indépendants souffrent d'un manque flagrant d'accompagnement. Ils se retrouvent souvent seuls face aux coûts élevés de l'autofinancement et de l'édition, loin de toute stratégie de soutien la part du gouvernement.

Il est grand temps que les ministères de la Culture et de l'Enseignement Supérieur assument leurs responsabilités. Mettre en place des politiques de soutien financier et logistique pour ces centres n'est plus une option, mais une nécessité absolue. C'est à ce prix que le Maroc pourra enrichir ses bibliothèques nationales et renforcer sa diplomatie culturelle (Soft Power) à l'échelle internationale.

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