Le livre à Ouled Teima, Théâtre, expo’ et musique à Rabat, Casablanca et Marrakech

Le livre à Ouled Teima, Théâtre, expo’ et musique à Rabat, Casablanca et Marrakech

La salle Bahnini à Rabat a accueilli la pièce « L’héritage inconnu », hommage à la pensée de Fatima Mernissi. Portée par des artistes marocains résidant en Belgique, cette création théâtrale propose une réflexion sur les questions d’identité, de condition féminine et de transformation sociale.

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Du Salon régional du livre à Ouled Teima aux planches universitaires de Marrakech, en passant par les galeries de Rabat et les scènes musicales de Casablanca, l’évènement culturel de la semaine se déline en promotion de la lecture, expression artistique estudiantine, valorisation du patrimoine et hybridation musicale

Ouled Teima, carrefour du livre et de la lecture

La ville d’Ouled Teima, dans la province de Taroudant, accueille la 18e édition du Salon régional du livre et de la lecture, un rendez-vous désormais bien ancré dans le paysage culturel du Souss-Massa. Placé sous le thème « Houara : l’essence de l’histoire et la passion de la culture », l’événement s’inscrit dans la stratégie nationale visant à dynamiser le secteur du livre et à rapprocher la culture des citoyens.

Organisé par la Direction régionale de la culture avec l’appui de plusieurs partenaires institutionnels et associatifs, le salon réunit maisons d’édition, auteurs, chercheurs et acteurs culturels autour d’un programme riche et diversifié. Jusqu’au 8 avril, les visiteurs peuvent y découvrir les dernières parutions littéraires et scientifiques, dans un espace conçu comme un lieu d’échange direct entre créateurs et public.

Au-delà de la simple exposition d’ouvrages, le salon se veut une plateforme de réflexion et de transmission. Des séminaires, rencontres littéraires et séances de dédicaces ponctuent les journées, offrant des espaces de dialogue autour des enjeux de la lecture et de l’édition. Une attention particulière est portée à la jeunesse, avec des ateliers de formation en écriture, lecture, calligraphie, arts plastiques et développement personnel.

Un programme spécifique destiné aux élèves des établissements scolaires de la ville vise à encourager la lecture dès le plus jeune âge et à stimuler la créativité. En mettant à l’honneur Ouled Teima et son patrimoine matériel et immatériel, cette édition entend également renforcer l’ancrage territorial de la culture et valoriser les spécificités locales.

Marrakech et Rabat : scènes ouvertes à la création et à la mémoire

À Marrakech, l’Université Cadi Ayyad organise du 7 au 9 avril le Festival du théâtre universitaire, sous le thème « Le théâtre universitaire : laboratoire d’expression et construction de la conscience ». Cette initiative s’inscrit dans une démarche visant à faire de l’université un espace ouvert à la création artistique et à l’expérimentation culturelle.

Le festival ambitionne de renforcer les compétences créatives et critiques des étudiants, en leur offrant une plateforme d’expression à travers le théâtre. Ateliers encadrés par des professionnels, formations en dramaturgie, improvisation et jeu scénique, ainsi que conférences sur les enjeux du théâtre universitaire composent un programme dense et formateur.

Au-delà de l’apprentissage technique, l’événement met en avant le rôle du théâtre comme outil de réflexion et de construction de la conscience individuelle et collective. Des hommages seront également rendus à des figures artistiques nationales, soulignant l’importance de la transmission et de la reconnaissance dans le développement du paysage culturel.

À Rabat, la scène artistique se déploie à la galerie Bab El Kébir avec l’exposition collective « Issu du patrimoine ». Réunissant plasticiens et photographes marocains, cette manifestation explore les multiples facettes du patrimoine culturel à travers des approches contemporaines.

Les œuvres exposées oscillent entre réalisme minutieux et expressions plus audacieuses, mêlant couleurs vibrantes et techniques mixtes. Inspirées du patrimoine matériel et immatériel, elles interrogent la mémoire collective tout en offrant une lecture artistique des réalités sociales actuelles.

Dans un autre registre, la salle Bahnini a accueilli la pièce « L’héritage inconnu », hommage à la pensée de Fatima Mernissi. Portée par des artistes marocains résidant en Belgique, cette création théâtrale propose une réflexion sur les questions d’identité, de condition féminine et de transformation sociale.

À travers une intrigue centrée sur la quête d’un héritage symbolique, la pièce revisite les idées de la célèbre sociologue, mettant en lumière son engagement en faveur des droits des femmes et de l’inclusion. Soutenue par des institutions culturelles marocaines et internationales, cette production s’inscrit dans une tournée visant à toucher un public élargi, au Maroc comme à l’étranger.

Casablanca : la musique comme espace de fusion et d’innovation

À Casablanca, la scène musicale a été marquée par le retour du groupe Bob Maghrib, qui a offert au public un concert original au Studio des Arts Vivants. Le projet repose sur une relecture des œuvres de Bob Marley, revisitées à travers une sensibilité marocaine contemporaine.

Dans une salle comble, le groupe a interprété des titres emblématiques tels que « Africa Unite », « Exodus » ou « Get Up Stand Up », en les enrichissant d’instruments traditionnels marocains. Le guembri, le rebab et d’autres sonorités locales ont ainsi dialogué avec les rythmes du reggae, donnant naissance à une expérience musicale singulière.

Ce travail de réarrangement ne relève pas d’une simple reprise, mais d’une véritable reconstruction artistique. Les musiciens ont cherché à identifier les points de convergence entre les structures du reggae et les modes musicaux marocains, afin de créer une harmonie nouvelle, à la fois fidèle à l’esprit original et profondément ancrée dans une identité locale.

L’enthousiasme du public, qui a chanté et dansé tout au long du concert, témoigne de la pertinence de cette démarche. Le projet Bob Maghrib s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de métissage culturel, où les influences internationales sont réinterprétées à l’aune des traditions marocaines.

Au-delà de la performance, cette initiative traduit une ambition : celle de construire un langage musical universel capable de relier les cultures sans les diluer. En revisitant l’héritage de Bob Marley, le groupe affirme la capacité de la scène marocaine à dialoguer avec les grandes traditions musicales du monde, tout en affirmant sa singularité.

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