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Le réchauffement climatique d’origine humaine atteint un niveau record en 2025
Photographie prise le 16 août 2023 montre un iceberg recouvert de terre et de sédiments dérivant le long du fjord de Scoresby Sound, le 16 août, dans l'est du Groenland (Danemark), lors de l'expédition Greenlandia. (Photo : Olivier Morin / AFP)
Paris – Le réchauffement planétaire causé par les activités humaines a atteint 1,37 °C en 2025 par rapport à l’ère préindustrielle, selon une étude publiée par un consortium international de 73 chercheurs. Les travaux, parus dans la revue Earth System Science Data, mettent en évidence une accélération persistante du changement climatique sous l’effet des émissions de gaz à effet de serre, malgré un ralentissement de leur rythme de progression.
Un seuil critique qui se rapproche
Les chercheurs estiment que le réchauffement imputable aux activités humaines continue d’augmenter à un rythme particulièrement élevé, évalué à environ 0,27 °C par décennie. À ce niveau, le seuil de 1,5 °C fixé comme référence dans l’Accord de Paris pourrait être dépassé aux alentours de 2030.
Selon l’étude, la température moyenne mondiale observée en 2025 s’est établie à 1,39 °C au-dessus du niveau de référence de 1850-1900. Cette valeur est quasiment identique à celle attribuée au réchauffement d’origine humaine, ce qui suggère que les variations naturelles du climat ont eu une influence relativement limitée sur les températures mondiales au cours de l’année écoulée.
Pour les auteurs, cette évolution confirme que l’empreinte des activités humaines demeure le principal moteur du changement climatique actuel.
Des émissions toujours à des niveaux records
L’étude souligne que les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont atteint un niveau inédit en 2024, avec 56,8 milliards de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone rejetées dans l’atmosphère.
Près des trois quarts de ces émissions proviennent encore de l’utilisation des énergies fossiles, notamment le charbon, le pétrole et le gaz naturel. Les chercheurs relèvent toutefois que la croissance des émissions n’est plus aussi rapide que durant les années 2000.
Cette stabilisation relative reste néanmoins insuffisante pour inverser la tendance. Les concentrations de gaz à effet de serre continuent d’alimenter l’accumulation de chaleur dans le système climatique terrestre, un phénomène que les scientifiques qualifient désormais de sans précédent dans les observations modernes.
Une élévation accélérée du niveau des mers
L’un des effets les plus visibles de ce déséquilibre énergétique concerne les océans. Le réchauffement des eaux et la fonte des glaciers continentaux continuent d’alimenter la hausse du niveau marin à l’échelle mondiale.
Selon l’étude, le niveau moyen des mers a atteint en 2025 un record historique, avec une élévation de 23 centimètres par rapport à 1901. Sur la période 2006-2025, le rythme moyen de cette hausse s’est établi à 3,7 millimètres par an.
Les chercheurs mettent en garde contre les conséquences de cette évolution pour les zones côtières, particulièrement exposées à l’érosion, aux inondations et à l’intrusion d’eau salée dans les terres agricoles et les nappes phréatiques.
Les vagues de chaleur marines sous surveillance
Pour la première fois, l’étude intègre un indicateur consacré aux vagues de chaleur marines. Les résultats montrent une progression spectaculaire de ce phénomène au cours des dernières décennies.
Le nombre de jours de vagues de chaleur en mer a été multiplié par 3,3 entre 1991 et 2025. À elle seule, l’année 2025 a enregistré 65 jours de vagues de chaleur marines à l’échelle mondiale.
Les scientifiques soulignent que ces épisodes affectent profondément les écosystèmes marins, la biodiversité, les ressources halieutiques et les équilibres océaniques.
Face à ces constats, les auteurs appellent à accélérer fortement les efforts de décarbonisation au cours des prochaines années. Selon eux, la décennie actuelle sera déterminante pour limiter l’ampleur du réchauffement futur et réduire les risques croissants qu’il fait peser sur la santé, la sécurité alimentaire, les économies et les écosystèmes de la planète.