Les faits culturels à Tétouan, Rabat, Marrakech, Meknès…

Les faits culturels à Tétouan, Rabat, Marrakech, Meknès…

La ville de Tétouan vit au rythme de la 19e édition du Forum international de la bande dessinée (FIBaD), ouverte au Cinéma Español avec la remise des Prix internationaux “Talents Africains 2026”

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Festivals de bande dessinée à Tétouan, forums sur les industries culturelles à Rabat, expositions photographiques, débats sur l’intelligence artificielle à Marrakech, projets muséaux à travers le Maroc et cinéma d’animation à Meknès, plusieurs villes marocaines accueillent ces des manifestations consacrées à la création artistique et aux mutations culturelles contemporaines.

Tétouan célèbre la bande dessinée africaine et marocaine

La ville de Tétouan vit au rythme de la 19e édition du Forum international de la bande dessinée (FIBaD), ouverte au Cinéma Español avec la remise des Prix internationaux “Talents Africains 2026”. Cette édition confirme la place du rendez-vous parmi les principaux événements dédiés au neuvième art au Maroc et dans l’espace africain.

Le Prix “Talents Africains 2026” a été attribué au Marocain Mustapha Wahoud pour son album “Plus qu’un simple livre”. Le Grand Prix national de la bande dessinée 2026 est revenu à Hammou Souri pour “Dar Darak”, tandis qu’Oussama Outrout a reçu le Prix “ATIL” de la bande dessinée pour l’inclusion grâce à son album “Wlad Derb”.

Cette année, plus de 60 candidatures ont été enregistrées pour le Prix “Talents Africains”, avec des participations venues notamment de Guinée, du Congo-Brazzaville, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, du Bénin, de Madagascar, du Rwanda, de Côte d’Ivoire et du Maroc.

Le forum a également rendu hommage à plusieurs figures du secteur culturel et artistique. L’artiste Abdelilah Nacef, diplômé de l’Institut national des beaux-arts (INBA) de Tétouan et enseignant aux États-Unis, a été distingué pour son parcours artistique. Un hommage a aussi été rendu à Aziz Oumoussa, auteur et réalisateur de films d’animation, ainsi qu’au jeune talent Salah Eddine Fellani.

La cérémonie a été marquée par la signature de conventions de partenariat entre l’INBA et plusieurs institutions, dont l’École supérieure des arts Saint-Luc de Liège, Artcoustic Studios et l’association ATIL de Tétouan.

Le directeur de l’INBA, Mohamed Zouak, a indiqué que cette édition se distingue également par la présentation d’un album consacré à l’aventurier marocain Hassan Baraka et par l’installation du “Village de la bande dessinée” sur la place du Nouveau Feddan, espace qui accueille expositions, animations et éditeurs marocains et européens.

Organisé avec plusieurs partenaires marocains, européens, africains et arabes, le FIBaD vise à promouvoir la bande dessinée comme outil de création, de diffusion de la culture visuelle et d’expression des enjeux sociaux et culturels contemporains.

Rabat mise sur les industries culturelles et créatives

À Rabat, les travaux du premier Forum arabe des industries culturelles et créatives se sont ouverts sous le thème “L’investissement dans la créativité, un investissement dans l’avenir”. Organisé par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et l’ALECSO, l’événement réunit responsables institutionnels, experts, artistes et entrepreneurs culturels du monde arabe.

Durant trois jours, les participants débattent des perspectives de développement de l’économie créative arabe, des métiers d’avenir, des modèles de financement durable et de l’intégration de la culture dans les politiques de développement.

Les échanges portent notamment sur le cinéma, le patrimoine, la musique, le design, les arts numériques ainsi que sur les impacts de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle.

Le ministre Mohamed Mehdi Bensaid a souligné que les industries culturelles et créatives sont devenues un levier économique et social majeur, capable de générer de l’emploi, particulièrement pour les jeunes, tout en renforçant le rayonnement international des pays.

De son côté, le directeur général de l’ALECSO, Mohamed Ould Amar, a insisté sur l’importance des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle dans les processus de production et de diffusion culturelles. Il a également plaidé pour des cadres juridiques adaptés, la protection des droits d’auteur et le soutien aux startups culturelles.

Le ministre mauritanien de la Culture, El Houssein Ould Meddou, a estimé que les industries culturelles constituent désormais un enjeu stratégique de souveraineté et de développement, nécessitant des partenariats entre États, secteur privé, universités, créateurs et société civile.

Le programme comprend plusieurs panels consacrés à l’IA, au rôle des institutions culturelles arabes et aux lois relatives à la propriété intellectuelle.

Marrakech entre photographie, livre et intelligence artificielle

À Marrakech, la Galerie “Noir sur Blanc” accueille jusqu’au 30 mai l’exposition photographique “Débris de vies” de l’artiste Jaâfar Akil. À travers cette série, le photographe explore les thèmes de la mémoire, de l’errance et des traces humaines dans une écriture visuelle où le quotidien devient matière poétique.

Les œuvres présentées proposent des images marquées par une réflexion sur le temps, la fragilité du réel et la mémoire visuelle. Professeur à l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication, Jaâfar Akil développe depuis plusieurs décennies un travail nourri par la sémiologie, la photographie urbaine et l’analyse de l’image.

Né à Meknès en 1966, il a exposé ses œuvres au Maroc et à l’international, notamment en France, en Espagne, au Mali, au Chili et au Canada.

Toujours à Marrakech, les transformations numériques et leurs impacts sur le livre et les médias ont été au centre d’une conférence organisée dans le cadre du Salon régional du livre.

Placée sous le thème “Le livre dans les médias : sa place aujourd’hui et son avenir à l’ère de l’intelligence artificielle”, la rencontre a réuni enseignants, chercheurs et professionnels des médias et de l’édition.

Les débats ont porté sur les mutations du savoir, la redéfinition du métier de journaliste, les transformations des pratiques éditoriales et les enjeux de la liberté académique face à l’intelligence artificielle.

La directrice régionale de la Communication à Marrakech-Safi, Noufissa Belbarka, a souligné que cette initiative vise à accompagner les mutations numériques et à encourager les débats autour des médias et du livre.

L’universitaire Fatima Gebrati a rappelé pour sa part le rôle historique du livre dans la transmission des savoirs et la construction de la conscience collective, tout en estimant que l’IA et la data constituent aujourd’hui une nouvelle forme de pouvoir fondée sur la maîtrise des connaissances et des technologies.

Patrimoine, cinéma et animation au cœur des rendez-vous culturels

Le Musée de Bank Al-Maghrib a dévoilé son nouveau projet de transformation à l’occasion de la Journée internationale des musées. Le chantier vise à moderniser l’expérience muséale et à renforcer la valorisation du patrimoine monétaire, économique et artistique marocain.

Prévue pour l’été 2027, cette rénovation reposera sur une nouvelle scénographie immersive, des dispositifs interactifs et une approche plus dynamique des collections.

Pendant les travaux, le musée maintiendra une programmation itinérante à Tanger, Rabat, Essaouira et Marrakech à travers des expositions, ateliers et rencontres.

Le musée conserve une importante collection de monnaies et de billets, dont le noyau initial remonte à 1947. Il abrite également une galerie d’art et un espace retraçant l’histoire de la banque centrale marocaine.

À Rabat, le Festival international du film archéologique et patrimonial (FIFAP) tiendra sa deuxième édition du 9 au 13 juin sous le thème “Hommes, cultures, territoires”.

Le programme prévoit la projection de 22 films, dont 16 en compétition officielle, autour de la préhistoire, de l’Antiquité, de l’art rupestre et de l’invention de l’écriture. Trois colloques scientifiques réuniront également chercheurs, archéologues et architectes autour des questions patrimoniales et des découvertes archéologiques au Maroc.

À Meknès, le Festival international de cinéma d’animation (FICAM) poursuit sa 24e édition sous le signe de la transmission et de la création partagée.

Le Forum des métiers du film d’animation y a réuni étudiants, producteurs, studios et professionnels autour des défis du secteur, notamment le financement, la production et les débouchés audiovisuels.

Le festival propose également projections, rencontres et événements ouverts au grand public, dont une séance consacrée à “Les Lapins 3 Oreilles” de Michel Ocelot et le traditionnel pique-nique du festival, qui a réuni familles et festivaliers autour de projections en 2D et 3D.

À travers ces manifestations, plusieurs villes marocaines confirment leur volonté de renforcer les échanges culturels, de soutenir les jeunes créateurs et d’accompagner les mutations numériques et artistiques qui redessinent aujourd’hui les industries culturelles.

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