Liberté de création : appel à un débat culturel responsable autour du film de Hicham Lasri

Liberté de création : appel à un débat culturel responsable autour du film de Hicham Lasri

L’association met en garde contre une confusion entre plusieurs registres, allant du cinéma à la télévision, en passant par les médias et le cadre pénal. Selon elle, ces amalgames ne permettent ni d’appréhender correctement une œuvre artistique ni d’alimenter un débat constructif.

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L’Association des Rencontres Méditerranéennes du Cinéma et des Droits de l’Homme exprime son inquiétude face aux appels à interdire le film « Thank You Satan » de Hicham Lasri, formulés sans visionnage préalable de l’œuvre. Elle rappelle le cadre constitutionnel garantissant la liberté de création et plaide pour un débat culturel fondé sur la responsabilité, la rigueur et le respect des droits fondamentaux.

Une polémique déclenchée sans visionnage

L’Association des Rencontres Méditerranéennes du Cinéma et des Droits de l’Homme (ARMCDH) a réagi aux appels à l’interdiction du film « Thank You Satan », formulés par certaines associations à partir de sa seule bande-annonce. Une démarche qui suscite l’étonnement de l’organisation, laquelle souligne que les prises de position semblent émaner d’acteurs n’ayant pas visionné l’œuvre dans son intégralité.

Pour l’ARMCDH, cette situation révèle une tendance préoccupante à formuler des jugements hâtifs, sans fondement critique solide, dans un espace public qui exige pourtant davantage de discernement.

Un débat brouillé par les amalgames

L’association met en garde contre une confusion entre plusieurs registres, allant du cinéma à la télévision, en passant par les médias et le cadre pénal. Selon elle, ces amalgames ne permettent ni d’appréhender correctement une œuvre artistique ni d’alimenter un débat constructif

Elle insiste sur la nécessité de distinguer les champs d’expression et de ne pas réduire la création artistique à des lectures simplifiées ou à des interprétations biaisées.

Un cadre constitutionnel à préserver

L’ARMCDH rappelle que la liberté de création est consacrée par la Constitution marocaine, notamment à travers les articles 25 et 26, qui garantissent respectivement la liberté d’expression artistique et le droit d’accès à la culture.

Dans ce contexte, elle déplore que certaines associations, se réclamant des droits humains, appellent à restreindre ces libertés sur la base d’appréciations subjectives. Une contradiction qui, selon elle, fragilise les principes mêmes qu’elles prétendent défendre.

L’art comme espace universel de liberté

Au-delà du cas spécifique du film, l’association défend une vision de l’art comme langage universel, capable de dépasser les appartenances et les contextes particuliers. Elle estime que la création ne saurait être soumise à des injonctions restrictives qui en limiteraient la portée.

Elle appelle ainsi à encourager les artistes, en particulier les jeunes, à s’exprimer librement, à innover et à contribuer au rayonnement culturel du pays.

Pour un dialogue culturel ouvert

L’ARMCDH souligne enfin que la vitalité d’une société se mesure à la richesse de sa production culturelle et à la qualité des débats qu’elle suscite. Les appels à la censure, estime-t-elle, appauvrissent cet échange et freinent les dynamiques créatives.

Elle plaide pour des politiques publiques inclusives favorisant l’accès à la culture sous toutes ses formes, afin de nourrir un dialogue démocratique pluraliste, ouvert et éclairé.

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